Tenue scolaire : Choisir le Faso Dan Fani

• Le complexe scolaire de Belemtiisé, pionner

• Vulgariser le «consommons local»

• Faire plaisir aux enfants

 

Dans la galaxie des écoles privées, une est devenue une référence pour les parents d’élèves de la ville de Ouagadougou: le complexe scolaire Belemtiisé créé 1992. Il fête cette année ses 25 ans d’excellence du 26 juin au 1er juillet prochain, sous le thème «La solidarité envers les plus démunis». Dans cette interview, le fondateur dudit complexe, Joseph Damiba, affectueusement appelé Yaaba joseph par les bambins, nous parle de l’évènement, mais surtout de l’introduction du Faso Dan Fani comme tenue officielle du complexe.

L’Economiste du Faso : Pouvez-vous nous présenter Belemtiisé?
Joseph Damiba, fondateur du complexe scolaire Belemtiisé: Belemtiisé est un complexe scolaire qui a vu le jour en 1992, avec trois classes de maternelle et cinq classes de primaire. Aujourd’hui, Belemtiisé compte douze classes de maternelle, vingt classes du primaire et quatre du post-primaire, qui sont respectivement situées à la zone du bois, aux 1200 logements et à Nioko 2 où c’est un collège avec internat pour filles.

Quelle est la contribution de Belemtisé à l’enseignement privé au Burkina Faso ?
Belemtiisé contribue à «passer la main aux jeunes», c’est-à-dire à former ces enseignants qui, sans pédagogique, ne font pas bien le travail, éradiquer l’analphabétisme (plus de 400 élèves ont été formés à Belemtiisé) et aider à créer des emplois (aujourd’hui, Belemtiisé paie tous les mois 132 employés).

Quelle est la spécificité de votre établissement par rapport aux autres ?
En plus d’instruire, d’enseigner, nous mettons un accent particulier sur l’éducation, surtout que nous nous rendons compte que les parents ont démissionné. Nous enseignons tous les matins l’éducation civique et morale. C’est seulement la rentrée passée, c’est-à-dire en 2016-2017, qu’on a eu l’idée d’introduire le Faso Dan Fani tous les vendredis à Belemtiisé pour le primaire et la maternelle.Avant le primaire et la maternelle, j’ai ouvert le collège scientifique et bilingue Belemtiisé à Nioko 2 en 2013. là, j’avais déjà introduit le port du Faso Dan Fani les vendredis.

Comment avez-vous eu l’idée d’introduire le FDF comme uniforme scolaire ? Et quelles ont été les réactions des parents d’élèves ?
J’ai remarqué que le jour de port de tenues traditionnelles était très attendu par les enfants. ainsi je me suis dit qu’ils aimeraient le porter plus souvent qu’une fois dans l’année. En plus, nos gouvernants nous conseillent de consommer ce que nous produisons, et on apprend que les tisseuses n’arrivent pas à écouler leurs pagnes. En résumé, c’est pour faire plaisir à nos enfants, mais aussi pour venir en aide aux tisseuses.
Il y a des parents qui étaient réticents. Certains parents d’élèves disent que ce sont des dépenses supplémentaires. D’autres parents mentionnent que le Faso Dan Fani est lourd, et que pendant la chaleur les enfants vont transpirer. Mais ces raisons ne me convainquent pas. De plus, les parents réticients, ce ne sont pas les plus nombreux! C’est d’ailleurs pourquoi nous l’avons instauré.

Combien de femmes sont concernées par cette opération (de commande de FDF) et quelle est la valeur annuelle de vos commandes ?
Nous passons par l’association Goodé. C’est la responsable qui prend la commande et sait à combien de femmes elle confie le travail. Nous consommons plus de 100 pagnes par an.

A combien revient la tenue Faso Dan Fani par élève ?
Le pagne coûte 5.000 FCFA normalement, mais comme nous prenons en quantité, elle nous le vend à 4.750 FCFA. La couture coûte 1.500 FCFA, dont un pagne pour deux enfants, et nous revendons aux parents à 3.000 FCFA l’uniforme. On m’a dit au départ que je vends à perte, et j’ai répondu que ce n’etait pas grave, l’essentiel c’est de promouvoir le Faso Dan Fani

Quels messages avez-vous à lancer aux autres écoles afin qu’elles introduisent le FDF comme uniforme des élèves ?
Il y a pas mal de choses que Belemtiisé a initié et les autres écoles ont emboîté le pas. Donc, c’est sûr qu’elles auront envie de faire la même chose, sinon mieux. c’est mon souhait. Mon souhait est que notre exemple serve à beaucoup d’autres écoles, qu’il fasse tache d’huile. Je remercie L’économiste du Faso pour cette belle initiative.

E.M. KABORE

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Numéro d'édition: 212

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