Remise à plat des salaires Les grilles salariales et indemnitaires sont prêtes

• Le salaire de base ne sera touché

• Les grosses indemnités en danger

• Prochaine étape, le Conseil des ministres

LES travaux sur la réforme du système de rémunération des agents publics, telle que recommandée par la conférence y arriver, le chemin a été long. L’opinion nationale est témoin de la situation de blocage des services du Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID). Des informations qui ont circulé faisaient état de la suspension de la participation des agents de ce ministère aux activités jusqu’à nouvel ordre. Parmi les activités concernées, figurent la participation de la Direction générale du Budget (DGB) à l’atelier sur la réforme des salaires en cours à Dédougou, en début mars, les travaux relatifs à la loi de finances 2020, etc.

Au lendemain de la publication de cette note, une mission gouvernementale s’est rendue à Dédougou à la rencontre de l’équipe technique chargée de réfléchir sur la grille indemnitaire des agents publics. En rappel, la nouvelle grille salariale avait été bouclée bien avant.

L’équipe gouvernementale était composée du ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, celui de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales. Elle était accompagnée par les responsables d’organisations syndicales, de la société civile et des personnes ressources. Cette mission a rassuré l’opinion sur la participation des agents du MINEFID à ses travaux.

L’atelier de Dédougou a donné de bons résultats, puisqu’il a abouti à la rationalisation des indemnités et la grille indiciaire des agents publics. Si les travaux sur la nouvelle grille indiciaire se sont déroulés sans difficultés, tel n’est pas le cas pour la nouvelle grille indemnitaire.

L’équipe de travail a d’abord fait le point des indemnités existantes. A ce niveau, elle a rencontré des difficultés d’accès aux informations dans des services qui ont montré une certaine réticence à fournir ces informations. Une fois les informations collectées, elle s’est rendu compte des grands écarts d’indemnités entre les agents au sein du même ministère et entre les agents des autres ministères. Dans un même ministère, il a été relevé un écart d’indemnités de plus de 200.000 FCFA entre 2 Directeurs généraux. Entre un agent de catégorie A et un magistrat, l’écart des indemnités varient entre 557.500 FCFA et 622.500 FCFA.

Les écarts existent aussi dans les salaires de base, ce qui se répercute sur le traitement brut. L’écart de revenu brut entre un agent de catégorie A et un magistrat varie entre 624.567 FCFA et 1.180.106 FCFA. (Lire tableau).

Après l’état des lieux, l’équipe a répertorié les effectifs dans chaque em- ploi. Elle a par la suite évalué l’incidence financière des indemnités actuelles sur la base des textes en vigueur. Sur cette base, des hypothèses d’équité et de rationalisation ont été formulées. Les propositions seraient entre les mains du gouvernement. La prochaine étape serait l’adoption des décrets en Conseil des ministres afin d’autoriser l’application dont la prise d’effet est à compter du 1er janvier 2019.

Que retenir de ces travaux ?

Selon nos informations, aucun salaire de base d’un travailleur ne sera touché par cette réforme. L’équité recherchée a plus concerné les indemnités servies. La tendance qui s’est dégagée est la recherche d’un juste milieu. Il est donc évident que ceux qui bénéficient de grosses indemnités cèderont une partie aux bénéficiaires des petites indemnités afin de réduire les écarts et corriger définitivement l’injustice dans le traitement indemnitaire des agents publics.

Le travail de l’équipe a été fait avec précaution, dans l’optique de la recherche de l’équité et de la soutenabilité budgétaire. Il devrait éviter les erreurs du passé. En effet, en 2014, la relecture du régime indemnitaire qui a coûté environ 54 milliards FCFA a été entachée d’insuffisances. Juste après cette nouvelle grille, on a assisté à des remises en cause et des revendications de statuts autonomes et la revalorisation de certaines grilles spécifiques. Toutes choses qui ont concouru à ces énormes écarts dans le traitement indemnitaire.

Elie KABORE


 

Quand les indemnités dépassent le salaire de base

ALORS que le traitement de base d’un magistrat (Bac+5) serait compris entre 203.392 FCFA et 1.047.648 FCFA, ses indemnités minimales seraient de 657.500 FCFA et les maximales de 772.500 FCFA. Ce qui permet aux magistrats de bénéficier d’un salaire minimal de 860.892 FCFA et maximal de 1.820.148 FCFA. Comme on le constate, les indemnités du magistrat dépassent son salaire de base dans sa rémunération. Son collègue de la catégorie A (Bac+5) bénéficie d’un traitement de base minimal de 136.325 FCFA et maximal de 535.042 FCFA. Ses indemnités varient entre 100.000 FCFA et 150.000 FCFA, ce qui lui confère un revenu minimal de 236.325 FCFA et un maximal de 640.042 FCFA.

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Numéro d'édition: 293

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