Exploitation agricole : 20 milliards par an pour les intrants

• Une stratégie nationale pour faciliter l’accès à tous

• Vers une vulgarisation des intrants et des équipements

• Accélérer la mécanisation

Pour Moussa Kaboré, l’utilisation accrue et rationnelle des intrants et des équipements modernes permettra d’accroître la productivité agricole et d’accélérer la croissance économique. (DR)

Pour Moussa Kaboré, l’utilisation accrue et rationnelle des intrants et des équipements modernes permettra d’accroître la productivité agricole et d’accélérer la croissance économique. (DR)

Les petits producteurs pourront désormais optimiser leurs productions agricoles. Au cours d’un atelier tenu le 30 décembre 2014 à Ouagadougou, le ministère en charge de l’agriculture et ses partenaires ont validé un document relatif à la mise en place d’une stratégie nationale en matière d’intrants et d’équipements agricoles. Selon les organisateurs, sa mise en œuvre devra faciliter l’accès des producteurs aux intrants et équipements agricoles en quantité, qualité et surtout à moindre coût. Cette stratégie est une exigence des réformes majeures inscrites dans la matrice de performance de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (Scadd) qui s’est assignée pour objectif d’atteindre le taux de près 11% du secteur rural sur la période 2011-2015.

A cela s’ajoute la volonté du Gouvernement de réduire d’un tiers la proportion de la population qui souffre de faim.
La politique d’optimisation du secteur n’est cependant pas nouvelle. L’aide aux producteurs date de plusieurs décennies. Elle s’est accrue à la faveur de la crise des produits céréaliers de 2008 à travers la subvention. « Le taux d’accès aux semences est passé de 2 % en 2008 à environ 10% en 2014.
Au regard de la dynamique enclenchée par le Gouvernement après 15 années de programme d’ajustement structurel marqué par une léthargie en termes d’investissement public dans le secteur agricole, nous pouvons dire que c’est un succès », affirme Moussa Kaboré, représentant le ministre en charge de l’agriculture.
En effet, c’est en moyenne 20 milliards de FCFA qui sont consacrés annuellement aux intrants et aux équipements agricoles. Les bilans successifs de ces opérations ont, certes, montré des résultats positifs, notamment une augmentation significative des productions de riz et de maïs, principales céréales concernées par les subventions d’engrais. Cette subvention ne produit cependant pas l’effet escompté. Seulement 500.000 producteurs en bénéficient réellement. Exception faite de la filière coton qui fait preuve d’une bonne structuration, on note une faible organisation dans l’approvisionnement et la distribution des intrants pour les autres.
La faible disponibilité en quantité et en qualité des intrants, ainsi que leur coût élevé constituent les principales contraintes pour les agriculteurs, disposant pour la plupart de faibles ressources. Dans le contexte de la transition politique marquée par une forte demande sociale, la mise en œuvre effective de la nouvelle stratégie devra relever le défi de l’accès des producteurs aux facteurs de production. Le Gouvernement et ses partenaires entendent booster le secteur. Pour cela, le nouvel outil aborde la question sous trois axes majeurs. D’abord la question des semences. A ce niveau, il s’agit d’apporter une réponse structurelle à la filière. Et cela passe nécessairement par la professionnalisation, à travers une identification et une formation des producteurs semenciers.
La recherche sera par ailleurs accentuée sur la qualité des semences pour les adapter aux réalités des types de sol et aux aléas du climat. Pour ce qui est de l’engrais, les techniciens veulent désormais explorer une piste de production locale. Il sera question d’améliorer la disponibilité de l’engrais à partir du gisement de phosphate du Burkina. La distribution se fera ensuite à travers un dispositif et un maillage de proximité, pour assurer l’accès de ces intrants aux petits producteurs.
CD


Moderniser l’agriculture

Pour les acteurs, le salut de l’économie nationale implique nécessairement une modernisation du secteur agricole qui occupe environ 86 % de la population active selon le recensement de 2006. «La motorisation permettra de réduire la pression en termes de facteur travail et de main d’œuvre, si nous voulons maintenir le taux de croissance attendu du secteur agricole pour le besoin de notre alimentation et l’amélioration des revenus en milieu rural», déclare Moussa Kaboré. La réflexion en cours est orientée vers la question de la technologie du moteur agricole. Les espoirs sont donc fondés sur cette stratégie en vue d’approfondir toute la dynamique du processus d’élaboration de l’agenda post-2015 (l’après Scadd) et l’agenda post -objectif du millénaire pour le développement au Burkina.

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Numéro d'édition: 93

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