Le projet de budget de l’Etat, exercice 2020, soumis à l’Assemblée nationale pour adoption, est tiré du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP) 2020-2022.(DR)

Budget 2020: financé à 85,14% de recettes propres

• Des recettes totales en hausse de 13,44% par rapport à 2019

• Vers une maîtrise des dépenses courantes

• 65 milliards FCFA pour les exonérations et les subventions

Le projet de budget de l’Etat, exercice 2020, soumis à l’Assemblée nationale pour adoption, est tiré du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP) 2020-2022. Les recettes totales se chiffrent à 2.267, 27 milliards FCFA.
Ce montant est composé d’une enveloppe globale de ressources de 2.161,29 milliards FCFA qui a été affectée aux ministères et institutions pour la préparation de leurs avant-projets de budget, exercice 2020. A ces ressources s’ajoutent un montant supplémentaire de 85,98 milliards FCFA de dons projets financés sur ressources extérieures et 20 milliards de ressources supplémentaires attendues de la 4G, portant ainsi le volume total des ressources à un montant de 2.267,27 milliards FCFA. Les recettes budgétaires totales enregistrent une hausse de 262,71 milliards FCFA par rapport aux prévisions révisées de 2019, soit un taux relatif de 13,44%.
Les recettes budgétaires 2020 se composent essentiellement de recettes propres, 1.887,78 milliards FCFA contre 1.511,00 milliards en 2019, soit une hausse de 376 milliards FCFA.

Quelles sont les raisons de cette hausse ?
Cette hausse s’explique essentiellement par la prise en compte des recettes relatives aux redevances des compagnies de téléphonie mobile dans le cadre de la migration vers la 4G à hauteur de 44 milliards FCFA. Elle s’expliquerait aussi par les performances projetées au niveau de la mobilisation des recettes propres. En effet, un certain nombre de mesures et actions visant à améliorer la mobilisation des ressources ont été mises en œuvre depuis 2016. Les années 2018 et 2019 ont été consacrées à la digitalisation de l’administration des impôts, à travers les télé-procédures fiscales, la dématérialisation des documents et la mise en place des services fiscaux en ligne.
Pour l’année 2020, les efforts allant dans le sens de la promotion des télé-procédures seront poursuivis dans le but d’optimiser l’impact des actions ci-dessus citées. D’autres actions comme la sélection des dossiers à soumettre aux contrôles fiscaux basée sur l’analyse risque seront également mises en œuvre dans le sens d’améliorer le rendement de l’impôt. Dans la quête permanente de l’amélioration de la performance des régies de recettes, un comité ministériel a été mis en place au niveau du département des Finances afin de réfléchir sur les opportunités d’accroissement des recettes propres. Les propositions de ce comité seront traduites en un plan d’actions dont la mise en œuvre constituera une des priorités du gouvernement. L’application du nouveau Code général des impôts (CGI) à l’effet de renforcer l’attractivité de la fiscalité des sociétés à travers, notamment, une modernisation des règles relatives à l’assiette, une meilleure protection de la base taxable contre l’évasion fiscale, une simplification de l’imposition des revenus de capitaux mobiliers et l’amélioration du recouvrement sont autant de mesures qui seront mises en œuvre.
Selon le gouvernement, les orientations qui ont prévalu à l’élaboration du budget 2020 s’inscrivent dans une logique de consolidation des objectifs du Programme national de développement économique et social (PNDES). Les priorités du budget 2020 visent donc à consolider les acquis engrangés depuis 2016 et à permettre le parachèvement des chantiers en cours dans les secteurs sociaux et les autres secteurs de relance de l’économie nationale pour une meilleure atteinte des objectifs à l’échéance. A ce titre, les priorités du budget 2020 que le gouvernement va présenter à l’Assemblée s’inscrivent dans la dynamique de l’augmentation du taux de croissance et, partant, des potentialités financières de l’Etat, par des investissements publics appropriés et des actions de soutien à l’investissement privé, dans un cadre macroéconomique et financier soutenable. Ainsi, les orientations et choix stratégiques reposent sur les axes stratégiques de la mise en œuvre du PNDES et les défis liés au contexte économique et social actuel.

Elie KABORE


65 milliards FCFA d’exonérations et de subventions en 2020

En matière de dépenses, les prévisions en 2020 se chiffrent à 2.502,42 milliards FCFA, contre 2.213,29 milliards FCFA en 2019, soit un accroissement de 289,12 milliards FCFA représentant 13,06% en valeur relative. Les dépenses courantes se chiffrent à 1.639,25 milliards FCFA en 2020 et représentent 65,51%. Les dépenses courantes enregistrent une hausse de 59,08 milliards FCFA entre 2019 et 2020, soit un taux relatif de 3,74%. Cet accroissement relativement faible traduit la volonté du gouvernement à réduire le train de vie de l’Etat à l’effet de dégager plus d’espace budgétaire pour les investissements. Les exonérations et subventions projetées en 2020 sont de 65 milliards FCFA. Elles se composent des subventions aux hydrocarbures et les exonérations des marchés publics dans le cadre de la réalisation des investissements financés sur ressources extérieures. 2020 connaîtra également l’organisation des élections présidentielle et législatives avec la participation des Burkinabè de l’extérieur pour la première fois. Les investissements sur ressources propres se chiffrent à 475,69 milliards FCFA en hausse de 42,82% par rapport à 2019. Ils représentent en moyenne 55,76% des dépenses totales d’investissements. Les investissements financés sur ressources extérieures composées de dons et de prêts projets se chiffrent à 377,47 milliards FCFA, dont 252,98 milliards FCFA pour les dons projets et 124,49 milliards FCFA pour les prêts projets. Ils se sont accrus de 27,96% en valeur relative par rapport à 2019.

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Numéro d'édition: 315

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