Les trois opérateurs de la téléphonie burkinabè présentent des manquements au niveau de la couverture et de la qualité des réseaux. Des manquements vis-à-vis des obligations du cahier des charges qui accompagne la licence de chaque opérateur. (Ph: JA)

Couverture et qualité des réseaux de téléphonie : Des gros écarts entre les trois opérateurs

• Le constat est fait par un récent audit de l’ARCEP

• Le régulateur a adressé des mises en demeure

• Il menace de sévir dans un délai de trois mois

Les trois opérateurs de la téléphonie burkinabè présentent des manquements au niveau de la couverture et de la qualité des réseaux. Des manquements vis-à-vis des obligations du cahier des charges qui accompagne la licence de chaque opérateur. C’est le constat établi par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), à la suite d’un audit qu’il a effectué du 14 février au 05 mars 2019. Cela a eu lieu dans plus d’une quarantaine de localités à travers le pays. L’audit a précisément porté sur le service voix des réseaux 2G chez chaque opérateur. Il visait, d’une part, à mesurer le taux de blocage des appels, et d’autre part, le taux de la couverture outdoor (niveau du signal à l‘extérieur des bâtiments) de la localité par le réseau.
Même si des manquements ont été reprochés à l’ensemble des opérateurs et que chacun devrait travailler pour combler ses propres lacunes, l’on peut toutefois s’apercevoir, à travers les résultats de cet audit, que les trois ne sont pas logés à la même enseigne. La comparaison des défauts recensés par l’ARCEP révèle des gros écarts entre les opérateurs. Dans cette sorte de blâme collectif, on peut estimer que la situation est nettement moins mauvaise pour certains et plus grave pour d’autres.
Concernant l’ONATEL, la mesure de la couverture du réseau révèle des résultats conformes dans la totalité des 43 localités ciblées par l’audit. Partout, les résultats du taux de couverture du réseau ONATEL sont supérieurs à la norme de 90% et affichent 100% dans la quasi-totalité des localités.
Au niveau de la mesure du taux de blocage des appels, l’ONATEL présente des résultats légèrement non conformes dans seulement 3 localités. Pendant que l’ARCEP considère que le taux d’échec normal ne doit pas dépasser 2,5%, la filiale de Maroc Télécom affiche entre 3% et 9% de taux d’échec dans les trois localités où son réseau est non conforme. Une situation qui ne devrait pas être très difficile à corriger par l’opérateur.
Concernant Orange Burkina Faso, les mêmes mesures dans les mêmes localités affichent, au niveau de la couverture du réseau, des résultats non conformes dans plus d’une dizaine de localités. C’est-à-dire que le taux de couverture est en dessous de la norme des 90% exigés. Le taux de couverture Orange dans les zones non conformes varie entre 71 et 89%.
Quant au taux de blocage des appels chez Orange, il est au-dessus de la norme autorisée (≤ 2,5) dans 15 localités. Il dépasse les 50% dans une douzaine de localités et a atteint les 100% une fois.
Pour ce qui est de l’opérateur Telecel Faso, le taux de couverture du réseau est non conforme dans 14 localités. Toutefois, il descend très rarement en dessous de 50%. Le taux de blocage des appels au niveau de Telecel Faso est conforme dans seulement 6 localités. La moyenne du taux de blocage des appels Telecel tourne autour de 20%.
Sur la base du manquement qui lui est reproché, chaque opérateur a reçu de l’ARCEP, une lettre de mise en demeure datant du 19 décembre 2019. Selon cette interpellation, chacun devrait remédier à ses défaillances et se conformer aux obligations contenues dans le cahier des charges. Ce, dans un délai de 3 mois, à compter de la notification de la décision. Et l’ARCEP de prévenir que le non-respect de la décision entraînera l’application des sanctions prévues par la règlementation en vigueur.

MK


Des sanctions pécuniaires pourraient tomber

En rappel, le mode d’interpellation de l’ARCEP est graduel et commence par la mise en demeure. La suite réserve, entre autres, des sanctions pécuniaires et peuvent atteindre 1% ou encore 3% du chiffre d’affaires de chaque société. Au-delà des sanctions financières, il y a la troisième phase de sanctions qui peut être «la suspension de la licence pour une durée d’un mois maximum»; «la réduction de la durée de la licence pour un an maximum»; « le non- renouvellement de la licence» et même le «retrait pure et simple de la licence».
On se rappelle que sur le plan pécuniaire, les trois opérateurs ont déjà écopé de sanctions en 2012 puis en 2014. En février 2012, ils avaient versé au Trésor public, des pénalités cumulées d’environ 3 milliards F CFA et d’environ 6 milliards F CFA en avril 2014. Le montant de la pénalité est fonction de la gravité du manquement et proportionnellement au chiffre d’affaires.

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Numéro d'édition: 326

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