Moro Kéré est président du Conseil régional du Centre-Est. C’est la deuxième personnalité de la région, après le Gouverneur. Il est l’ordonnateur du budget de la région et officier de police judiciaire (article 179 du Code général des collectivités territoriales. (DR)

Centre-Est : Le profil économique de la région

* L’agriculture, l’élevage et le commerce comme pilier

* La faune et le tourisme comme niche pour l’avenir

La région du Centre-Est est située dans la partie centre-est du Burkina Faso. Région frontalière, elle est limitée au sud de deux pays voisins que sont le Togo et le Ghana. Elle est limitée au nord par la région du Centre-Nord. A l’est par la région de l’Est, au nord-ouest par la région du Plateau central et à l’ouest par la région du Centre-Sud. Elle a une population d’environ 1.343.079 habitants qui croit au taux annuel de 2.9% et couvre une superficie de 14.722 km² (données du RGPH 2006).
Sur le plan administratif, la région est constituée de 3 provinces (Boulgou, Koulpélogo et Kouritenga), et de 30 Communes, dont six Communes urbaines (Koupèla, Bittou, Pouytenga, Ouargaye, Garango et Tenkodogo). Le Conseil régional compte soixante conseillers, dont 59 hommes et une femme. La région occupe le 8e rang au niveau national, la population est en majorité féminine et jeune. Les jeunes sont confrontés au chômage et au sous-emploi. Nombreux d’entre eux optent pour l’émigration vers les pays voisins, le Gabon, la Guinée Equatoriale, les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne, notamment l’Italie.
Sur le plan social, la région dispose d’importantes structures éducatives et sanitaires (écoles primaires, lycées et collèges, Centres de santé et de promotion sociale (CSPS), Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA), une Ecole nationale de santé publique (ENSP) et un Centre hospitalier régional (CHR).

Le potentiel économique de la région du Centre-Est
La région du Centre-Est est une zone à fortes potentialités économiques, à vocation à la fois agropastorale et commerciale. Elle dispose également d’opportunités et d’atouts de développement importants liés à son potentiel hydro-agricole et touristique. Elle dispose de trois forêts classées et de réserves fauniques qui sont celles de Sitenga (840ha) dans le kouritenga (Commune de Gounghin), de Yakala (1600 ha), en partie noyée dans le lac de Bagré et Ouilengaré (6 665ha), dans le Boulgou (Commune de Zoaga). La région est également l’une des principales pourvoyeuses en poissons au Burkina Faso, avec près de 35 plans d’eau ayant une superficie de plus de 25.210 ha, dont 25.000 ha au niveau du lac de Bagré. Ces plans d’eau regorgent d’importantes ressources piscicoles.
Sur le plan agricole, les principales forces de la région sont :
– des bas-fonds aménagés et aménageables ;
– des périmètres irrigués avec un potentiel de plus de 21.000 ha de terres irrigables ;
– des retenues d’eau et barrages aménagés (barrages de Bagré, d’Itenga) ;
– des structures d’appui aux acteurs (Etat, ONG, Projets) ;
– des groupements et associations agricoles actifs ;
– une modernisation progressive des techniques de production ;
– une main d’œuvre importante et exploitable ;
– une diversité de spéculations.
Du point de vue de l’élevage, la région se caractérise par un système de type extensif. Elle abrite cependant des zones d’accueil, dont celles de Soudougui, Sangha, Yondé et Comin-Yanga. Elle regorge également de zones de pâturage vert quasi permanent (Boulgou et Koulpélogo) ainsi que de pâturages à graminées vivaces. L’on note également que l’élevage occupe la seconde place dans les revenus des ménages et contribue pour 28,9% à la formation de la valeur ajoutée du secteur primaire. On y pratique l’élevage des bovins, ovins, caprins, équins, porcins et volaille. De même, la région est une zone de transit pour les animaux en provenance des régions du Plateau central, du Centre-Nord, de l’Est, du Sahel à destination du Ghana et du Togo.

Dans le Plan régional de développement (PRD) du Conseil régional, nous envisageons atteindre les objectifs escomptés d’ici à l’horizon 2022. Aussi, nous attendons beaucoup du 11-Décembre 2019, car beaucoup d’infrastructures sont réalisées dans la région, ce qui va contribuer à améliorer le niveau de vie des populations et l’amélioration du recouvrement de nos recettes propres. (DR)

La région dispose également de l’une des plus grandes zones pastorales du pays (Nouaho 5.000 ha) et d’un marché international à bétail, situé à Pouytenga.
Le commerce est très développé dans la région. Elle est l’une des principales activités économiques en matière de création de richesse. Le principal atout du commerce dans la région est sa position géographique frontalière avec le Togo et le Ghana, qui lui confère le statut de zone de transit. Le marché de Pouytenga, véritable plaque tournante commerciale, bénéficie, de ce fait, d’un rayonnement sous-régional. Les activités menées essentiellement sont informelles. Les marchés importants sont : Pouytenga, Koupèla, Zembendé, Tenkodogo, Garango, zabré, Ouargaye, Bittou.
Pour ce qui est des institutions de financement et d’assurance, elles sont en progression. On dénombre, entre autres, une dizaine de banques (Ecobank, Coris Bank, BOA, BSIC, UBA, SGBF, Orabank, BCB, BICIA-B, Banque de l’Habitat), cinq compagnies d’assurances (UAB, Général des Assurances, Allianz, Saham assurance et SONAR), et les structures de microfinance (Caisses populaires et Caisses de producteurs). L’ensemble de ces institutions contribuent au PIB régional. Sur le plan des transports et des infrastructures routières, la région dispose d’un réseau routier relativement bien fourni. On y dénombre des routes nationales, et des corridors internationaux. Les routes nationales bitumées représentent 217 kilomètres (km). On compte également quatre (04) routes régionales, onze (11) routes départementales dont la longueur totale est estimée à 241.215 km. Quant aux pistes rurales réalisées, elles sont longues de 568,76 km.

L’hôtellerie et le tourisme montent en puissance
L’hôtellerie connait un développement réel. En effet, la région dispose 10 hôtels renforcés par plusieurs pieds à terre de certains services.
Il existe d’importants sites touristiques qui pourraient être exploités : tombes de Naba Zoungrana et Kouritta, lieux sacrés de la rivière Koulbalé, les trois pierres du Koulpélogo, le lieu d’accueil des premiers chrétiens à Koupèla, la montagne Boulgou à Garango, le Palais royal de Tenkodogo, le Centre écotouristique de Bagré.

L’artisanat
Il est dynamique grâce à la réalisation d’une zone artisanale et d’une pépinière d’entreprises dans la ville de Tenkodogo qui accorde des formations aux artisans, d’une part, et leur octroie des prêts sans intérêts pour la réalisation de leurs activités, d’autre part. Les principaux produits de ce secteur sont les outils et matériels agricoles, les sacs à main, les paniers, la poterie, la teinture, le tissage, etc.
Les difficultés rencontrées sont celles liées surtout à la faiblesse de son budget qui ne lui permet pas d’accomplir convenablement ses missions pour la satisfaction des populations.
L’insécurité est aussi une grosse difficulté, car la région a connu des attaques terroristes (Bittou, Comin-Yanga) où il y a eu des pertes en vies humaines.

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Numéro d'édition: 323

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