Dr Désiré NAKOULMA, Cofondateur du GROUPE ESCO-IGES (Ecole supérieure de commerce et d’informatique de Gestion).

Pénurie de stage : Les solutions envisageables

Dr Désiré NAKOULMA est Cofondateur du GROUPE ESCO-IGES (Ecole supérieure de commerce et d’informatique de Gestion). Il est expert financier au sein du cabinet IFC (In fine Consult basé à Ouaga 2000). Mais c’est le chef d’établissement qui a intéressé l’Economiste du Faso. Voici son regard sur la gestion des stages en entreprises et les solutions qu’il propose.

Comment gérez-vous ce stress avec les étudiants. Y a-t-il un accompagnement de la part de l’établissement et quels sont les limites de cet accompagnement ?
Nous accompagnons les étudiants sous 4 formes :
– nous avons créé un service chargé des stages et du placement qui pend des contacts avec les entreprises pour rechercher les places de stages,
– nous avons signé des conventions de stages avec certaines grandes entreprises,
– nous donnons des lettres de recommandations aux étudiants à l’intention des entreprises non conventionnées,
– nous affectons des encadreurs aux étudiants pour suivre le bon déroulement du stage.
Ce dispositif a ses limites car il ne permet pas d’accroître le nombre de places de stages mais juste de donner plus de chances à nos étudiants dans la compétition pour les places disponibles.

Y a t-il des techniques pour obtenir son stage en entreprise ?
La première étape de la démarche consiste à déposer une demande de stage si possible en début d’année dans les entreprises visées. Il est important de déposer la demande en début d’année pour s’assurer d’être pris en compte dans la planification des entreprises. Mais au-delà de cette étape, les écoles doivent s’impliquer en responsabilisant un cadre pour accompagner les étudiants par des prises de contacts, par des conventions de stages et par des lettres de recommandation.
Les étudiants doivent également accepter les stages en dehors des villes de Ouaga et Bobo et en dehors des grandes entreprises car toutes les demandes de stages se concentrent à ces niveaux.

Les stages entrent dans le cadre plus global du partenariat école-entreprise (PEE). Quelle est la situation actuelle du PEE et quelles solutions peuvent être envisagées pour le dynamiser ?
Le partenariat école-entreprise est très important car il permet :
– aux apprenants d’avoir une formation pratique en plus du cursus théorique, ce qui va améliorer leur employabilité,
– aux écoles d’assurer une meilleure adéquation formation-emploi,
– aux entreprises de disposer de ressources humaines ayant un savoir-faire réel et donc d’améliorer leur productivité.
Le partenariat école-entreprise au Burkina Faso est de nos jours embryonnaire tant par le nombre d’acteurs impliqués que par les types de collaborations existantes.Seulement 45% des 401 centres de formation et de la soixantaine d’instituts universitaires de formation ont des relations formelles avec les entreprises dans le cadre de la formation des apprenants. Même pour les structures de formation qui ont un partenariat formalisé et fonctionnel, le type de collaboration est limité à 3 principaux domaines : stages, apprentissage, participation à des jurys de soutenance.

Comment faire pour dynamiser le PEE alors ?
Les solutions envisageables sont de 3 ordres :
Premièrement, développer de nouveaux types de collaboration tels que :
– la participation des entreprises à la définition des curricula des écoles et instituts de formation professionnelle,
– l’animation par des cadres d’entreprises de séminaires, de conférences, de communications sur des sujets économiques d’actualités ou des sujets liés à leur métier au profit des étudiants,
– l’enseignement de l’entrepreneuriat aux apprenants par des professionnels des entreprises,
– l’organisation de simulations d’entretiens d’embauche pour préparer les étudiants à la recherche d’emploi,
– la mise en relation entre étudiants et recruteurs des entreprises,
– l’octroi de bourses d’études ou de prêts aux meilleurs étudiants par les entreprises dans le but de les recruter après leur formation,
– l’organisation d’équipes de recherches communes entre les entreprises et les structures de formation pour résoudre des problèmes concrets qui se posent aux entreprises.
Deuxièmement, la prise par l’Etat de mesures incitatives fiscales et non fiscales en faveur des entreprises et des centres de formation pour dynamiser le PEE. Une mesure incitative de type fiscal peut être par exemple d’accorder une exonération totale ou partielle à la Taxe professionnelle et d’apprentissage (TPA) aux entreprises qui ont accepté de signer et de mettre effectivement en œuvre des conventions de partenariat avec les écoles et instituts de formation professionnelle. En effet, ces entreprises participent au même titre que les écoles à la formation professionnelle alors que ces écoles bénéficient déjà d’une exonération à la TPA.
Les mesures incitatives de type non fiscal sont par exemples de :
1. instituer une assurance pour la détérioration de matériel financée en partie par l’Etat,
2. élaborer un cadre réglementaire du partenariat-école entreprise pour prendre en compte les liens juridiques entre les structures de formation et les entreprises d’accueil,
3. instituer un système de reconnaissance au profit des entreprises.
Troisièmement, la création d’un cadre de concertation entre les acteurs du PEE. Ce cadre va permettre de discuter des problèmes qui se posent au PEE et d’y trouver des solutions. Il va permettre également aux acteurs de mieux se connaître et de créer un réseau.

FW

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Numéro d'édition: 175

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