Défis sécuritaire et sanitaire en Afrique: la responsabilité des acteurs de l’info-com en question à Ouaga

• Une Commission scientifique de 10 membres

• 3 panels, 2 ateliers, 22 communicateurs, 23 communications

• La communication publique, l’information journalistique, les réseaux sociaux à la loupe

Pour la onzième fois, les professionnels de la communication et du journalisme se sont donné rendez-vous à Ouagadougou pour les Universités africaines de la communication (UACO). Les UACO sont une manifestation du secteur de l’information et de la communication qu’organise le Burkina Faso depuis 2004. Il s’agit d’un cadre international d’échanges et de partage d’expériences regroupant des experts et des professionnels de l’information et de la communication sur les défis et les enjeux du secteur. A chaque édition, l’évènement regroupe des journalistes, des professionnels de l’information et de la communication, des chercheurs, des universitaires pour débattre de sujets d’actualité auxquels est confronté le monde des médias et de la communication. C’était encore le cas du 25 au 27 novembre 2021. Cette fois-ci, les participants ont porté la réflexion sur leurs responsabilités autour du thème : « Les responsabilités des acteurs de l’information et de la communication en contexte de défis sécuritaire et sanitaire en Afrique ».Pour mieux cerner les différents contours de la problématique, les travaux se sont focalisés sur trois grands axes. Il s’agit de « la communication publique et les défis sanitaire et sécuritaire », « l’information journalistique en période de crises sanitaire et sécuritaire » et « production et diffusion de l’information sur les réseaux sociaux en contexte de crises sanitaire et sécuritaire ». Pour les organisateurs, cette thématique permettra aux différents acteurs de prendre davantage la mesure de leurs actions pour ne pas, entre autres, semer la psychose, servir la cause et le prosélytisme terrorisme. « Il nous parait évident, d’une part, que le temps de la défense et de la sécurité ne peut être le même que le temps médiatique, et que d’autre part, des abus en matière de communication peuvent s’avérer tout autant totalitaires que déstabilisateurs, surtout pour des Etats fragiles », a d’ailleurs précisé le ministre en charge de la communication, Ousseni Tamboura, à la cérémonie officielle d’ouverture dans l’après-midi du jeudi 25 novembre 2021. Il a été rejoint par le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, qui a, avant de procéder à l’ouverture officielle des travaux, indiqué que : « C’est une préoccupation pour nous gouvernants, attachés à garantir la libre expression des opinions, à promouvoir la liberté de presse et à veiller à ce que les abus de la liberté ne mettent en péril la sécurité de l’Etat et la quiétude des citoyens ».
La 11e édition des UACO a été placée sous le parrainage de Monseigneur Anselme Titiama Sanon, l’Archevêque émérite de Bobo-Dioullasso, et de l’Editorialiste, Jean Baptiste Placa. Le premier, pris par l’âge, n’a pas pu effectuer le déplacement de Ouagadougou. Par un message vidéo, il a exhorté les participants à travailler davantage pour le développement du continent africain, à travers leur domaine de compétence. « L’homme reste l’homme, l’humain reste l’humain. Il faut communiquer en désamorçant les cœurs et les rancœurs », leur a-t-il rappelé.

Pr Serges Théophile Balima, président du comité scientifique, a été promu au rang de Commandeur de l’Ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication. (Ph: Yvan Sama)

Jean Baptiste Placa, lui, a donné la communication inaugurale sur le thème central. A travers des exemples tirés de sa riche expérience d’une trentaine d’années, il a su garder l’attention de son auditoire et invité chaque acteur à jouer pleinement et exclusivement son rôle. « Le journaliste a ses responsabilités, le chargé de communication a les siennes et les deux ne sont pas les mêmes. (…) Le mélange du journalisme et de la communication est un danger. Et il faut veiller à ce que quand on est journaliste, on le soit, et quand on est communicant, il faut savoir rester dans la communication », a-t-il conclu. Deux ateliers ont été également organisés au cours de ces UACO pour permettre aux acteurs de discuter avec les régulateurs du domaine de la communication sur la manière d’informer, de gouverner dans ce contexte. Une rencontre conjointe entre les responsables des télévisions de l’espace UEMOA et les opérateurs de mise en œuvre de la Télévision numérique de terre (TNT), d’une part, et d’autre part, une exposition de matériels et d’équipements de communication et des TIC en rapport avec l’évolution technologique ont eu lieu. Les UACO ont servi de cadre de rencontre pour les pensionnaires des grandes écoles de formation en journalisme et communication avec les praticiens.
Le ministère de la Communication a saisi la ténue de cette rencontre pour traduire sa reconnaissance au Pr Serges Théophile Balima, l’actuel président du comité scientifique des UACO, qui a été de tous les combats pour le progrès des sciences de la communication au Burkina Faso ces trente dernières années. Il a été promu au rang de Commandeur de l’Ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication.
Martin SAMA

 

Encadré

Le comité scientifique des UACO 2021

– Pr Serges Théophile Balima
– Dr Ra-sablga Seydou Ouédraogo
– Dr Aïcha Tamboura
– Dr Cyriaque Paré
– Dr Evariste Dakouré
– Dr Seydou Dramé
– Dr Lassina Simporé
– Rabankhi Abou-bakr Zida
– Baba Hama
– Jean Noël Bonkoungou.

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Numéro d'édition: 416

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