Inflation en zone UEMOA: Le Burkina au plus haut

• +4,6% sur les prix des produits liés à la consommation

• Tels les céréales, légumes et beurre de karité

• Hausse des prix de l’électricité, selon les données de l’INSD

Dans son rapport mensuel sur les statistiques du mois d’octobre 2020, la BCEAO affirme que le Burkina Faso enregistre la plus forte inflation de l’Union. Si pour l’UEMOA, le taux d’inflation s’est établi à 3,4% en octobre, au Burkina Faso, il est de 4,6% et affichait une tendance à la hausse en septembre avec un taux de 4,5%.

Selon le document de la BCEAO, l’accélération du rythme de progression des prix est essentiellement imprimée par les composantes «Alimentation» et «Restaurants et hôtels » dont la contribution globale à l’inflation totale est passée de 2,5 points de pourcentage en septembre 2020 à 2,8 points de pourcentage en octobre 2020, en lien avec le renchérissement des prix des légumes et fruits, tubercules et plantains ainsi que des produits de la pêche dans la plupart des pays de l’Union.

Qu’est-ce que l’inflation et comment elle se manifeste au Burkina Faso ?

Selon le lexique des principaux termes économiques édité par la BCEAO, l’inflation correspond à la hausse généralisée et continue du niveau des prix. Elle se traduit par une diminution du pouvoir d’achat et de la monnaie. Au sein de l’Union, l’inflation est calculée à partir des variations de l’indice des prix à la consommation, l’indicateur harmonisé dans les Etats membres de l’UEMOA. Celui-ci mesure l’évolution des prix des biens de consommation.

Pour comprendre cette hausse, L’Economiste du Faso a consulté les 3 derniers Indices harmonisés des prix à la consommation, produits par l’Institut national de la démographie. Il s’agit de ceux des périodes d’août, septembre et octobre 2020. L’indice de novembre n’étant pas disponible lors de la rédaction de cet article.

Produits alimentaires et boissons non alcoolisées tirent les prix vers le haut

Sur l’indice des prix du mois d’août, d’octobre et de septembre, une fonction s’affiche en hausse continue. Il s’agit de la fonction « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées ».   En août, on constate que la montée des prix est surtout liée à l’augmentation des prix des oignons frais ronds, du petit mil, du Soumbala sec, du maïs blanc et du sorgho blanc malgré la baisse des prix de certains produits comme l’aubergine violette, les courgettes, etc.

En septembre, cette fonction affichait toujours une hausse des prix surtout liée à l’augmentation du prix des céréales comme le petit mil, le sorgho et le maïs, des farines, des poissons frais, des produits fumés et des graisses comme le beurre de karité. Cette hausse des prix est ralentie par une baisse de prix enregistrée dans certains légumes comme la tomate, les tubercules et plantains, les agrumes tels que l’orange et des légumes frais en feuilles comme le chou vert.

Et en octobre, dans la même fonction, la hausse des prix est imputable à l’augmentation du prix des céréales non transformées, des pâtisseries, de la viande de bœuf, des légumes frais en fruits, feuilles ou racine, les sel et épices en dépit de la baisse des prix de la viande de chèvre et mouton, des fruits secs et noix, des légumes secs et oléagineux, des tubercules et plantain.

En conclusion, depuis 3 mois, les prix des céréales et des légumes n’ont cessé de grimper.

« Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles », 2e cause d’inflation

Au niveau de la fonction « Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles, l’augmentation des prix pour le mois d’août est causée, selon l’IHPC, par la hausse des prix de l’électricité due à la fin de la mesure gouvernementale de rabattement tarifaire malgré la baisse du prix du bois de chauffe arbre de brousse.

Cette fonction a connu une relative stabilité pendant le mois de septembre pour repartir en hausse en octobre. Conséquence de cette hausse des prix ? Le renchérissement des combustibles solides (bois de chauffe et charbon de bois).  Dans la fonction « Boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants », l’inflation est liée au renchérissement de la bière de mil traditionnelle et de la cola en dépit de la baisse du prix de la cigarette avec filtre.

L’indice global a ainsi connu une hausse continue. Ainsi, entre octobre 2019 et octobre 2020, les prix des produits de consommation ont augmenté de 4,6%. En décembre 2019, les prix étaient en baisse de -2,6%, selon l’indice global de l’INSD.

NK

Encadré

Marché de Ouagadougou 

Les prix d’huile et de viande connaissent une hausse

Le dernier rapport de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) fait cas d’une inflation en zone UEMOA. Dans le classement des pays, le Burkina vient en tête avec un taux de 4,6% en octobre et une tendance à la hausse de septembre de 4,5%. L’inflation est impulsée par la catégorie « produits alimentaires et boissons alcoolisées ». L’Economiste du Faso s’est rendu sur le terrain pour faire le constat. Au marché de Nioko 2, il a constaté que le prix du litre d’huile de table est passé de 750 FCFA à 800 FCFA, soit une augmentation de 50 FCFA. Le prix du kilogramme des produits comme le sucre, le riz et le poisson n’a pas changé. Même constat à Rood Woko, grand marché de Ouagadougou, où le prix du litre d’huile de table est le même que celui du marché de Nioko 2. Le prix du kilogramme des autres produits est aussi pareil. Au marché de Sambin barrage, le kilo de la viande est passé de 2.250 F CFA à 2.500 F CFA, soit une hausse de 250 F CFA.o

Issouf TAPSOBA

Commentaires
Numéro d'édition: 372

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.