Afin d’autonomiser la femme, le gouvernement a mis en place le guichet entrepreneuriat féminin d’un montant de 6 milliards de FCFA. (DR)

Fonds commun Genre: Bilan satisfaisant à mi-parcours

• Présent désormais dans la formulation des politiques

• Encore des défis à relever

 

Le Fonds commun Genre (FCG) créé en 2005 est un outil mis en place par les Partenaires techniques et financiers (PTF) au Burkina Faso pour soutenir les efforts des partenaires nationaux qui œuvrent à la promotion et au développement du Genre.
Sa mission est de renforcer la prise en compte du Genre dans toutes les actions de développement grâce à une meilleure coordination des actions.
La coordination du plan d’action est assurée par Diakonia, exerçant le rôle de gestionnaire. Le coût prévisionnel du Plan d’action du Fond commun Genre PA/FCG 2015-2017 est estimé à 1,28 milliard de FCFA.
Il couvre le territoire national avec des actions ciblées dans 127 communes (36%) de 30 provinces. Avec une population totale de 14.017.262 habitants, dont 7.248.523 femmes (soit 51,7 %), la population totale de la zone d’intervention du FCG est de 6.159.888 personnes qui correspondent à environ 44% de la population totale du Burkina Faso.
A l’échéance 2017, le plan d’action du FCG vise une avancée significative en matière de réduction des inégalités et des violences basées sur le Genre, le renforcement de la participation des femmes à la prise de décision et au développement qui sont essentielles non seulement pour la construction d’une société, mais aussi une condition préalable à l’instauration durable de la stabilité politique, sociale, économique, culturelle et environnementale entre les femmes et les hommes.
C’est en juillet 2009 que la Politique nationale Genre (PNG) a été adoptée. La mise en œuvre est financée par les PTF œuvrant dans tous les domaines de développement et l’Etat burkinabè, avec le concours technique des OSC et du secteur privé. Parmi les résultats atteints, on cite la prise de conscience de plus en plus élevée chez l’ensemble des acteurs au niveau national pour l’intégration des enjeux du Genre dans les stratégies de développement, le partenariat actif entre les acteurs intervenant en faveur de l’équité et de l’égalité entre les hommes et les femmes dans la vie nationale, l’amélioration de l’égal accès des hommes et des femmes ainsi que des filles et des garçons à l’alphabétisation, à la santé, la prise en compte progressive du Genre dans les formulations des politiques, programmes et projets de développement.
Cependant, des défis restent à être relevés, car faisant face à des difficultés majeures telles que la persistance des stéréotypes liés au Genre, l’insuffisance des ressources humaines, financières et matérielles pour la réalisation des actions de promotion du Genre, l’absence d’un fonds national Genre, la faible intégration du Genre dans les politiques sectorielles et la persistance des inégalités et disparités liées au Genre dans toutes les sphères de la vie nationale. Parlant d’inégalités, l’exemple le plus frappant est le nombre de femmes à la nouvelle Assemblée nationale. Sur les 127 députés, l’Assemblée nationale ne compte que 12 femmes. Toutefois, l’Etat burkinabè fait de nombreux efforts pour relever le défi du Genre.
De plus en plus, l’élaboration des politiques prennent en compte la dimension Genre. De plus en plus les femmes sont impliquées dans les prises de décision. Afin d’autonomiser la femme, le gouvernement a mis en place le guichet entrepreneuriat féminin d’un montant de 6 milliards de FCFA et une formation aux technologies dans pratiquement tous les domaines pour un budget de 3 milliards de FCFA chaque année.

Germaine BIRBA


Des efforts restent à faire

Malgré les progrès constatés, de l’avis de tous les acteurs, l’égalité des Genres et le respect des droits fondamentaux ne sont pas encore une réalité au Burkina Faso, car les changements amorcés sont localisés dans les zones d’intervention, à travers les expériences pilotes des partenaires de sa mise en œuvre. Même si les stratégies de mise en œuvre des projets des partenaires augurent d’une perspective de durabilité des interventions du FCG, celle-ci reste assez fragile, car les acteurs locaux commencent seulement à s’approprier les enjeux.

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Numéro d'édition: 196

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