Evolution de la dette Hausse de 78% en 13 ans

• Le pays est «friand» des dettes

• Elle l’appauvrit au lieu de le développer

A l’instar de la masse salariale qui ne cesse d’augmenter d’année en année, le même constat est établi au niveau de la dette intérieure et extérieure du Burkina Faso. Selon le constat fait par l’association pour la taxation des transactions financières pour une action citoyenne membre du Réseau comité pour l’annulation de la dette des pays du tiers monde (ATTAC- CADTM/Burkina), l’appétit du gouvernement burkinabè pour les emprunts extérieurs ne régresse pas.

A titre d’illustration,  l’ATTAC- CADTM/Burkina révèle qu’en 2012, le stock de la dette extérieure publique représentait 72% des exportations et la production d’or représentait 76% des exportations. D’après cette structure, la dette publique du Burkina Faso s’élève, en

2013, à 2,56 milliards de dollars. La dette extérieure représente 80% de cette somme et est composée à 83% de dettes multilatérales et à 17% de dettes bilatérales. Quant à la dette intérieure, elle représente 20% de la dette globale et est constituée à 70% de titres (bons et obligations du Trésor) contre 30% de dette consolidée.

Autre constat auquel est parvenu (ATTAC-CADTM/Burkina), la dette du Burkina a augmenté de 78% entre 2000 et 2013. L’ATTAC-CADTM/Burkina s’indigne dans son constat de voir que la part de la dette contractée injectée dans les secteurs sociaux de base est insignifiante. Rien que pour l’année 2012, le service de la dette (remboursement du capital et des intérêts) a représenté 141,08 millions d’euros et a mobilisé 7,6% des recettes budgétaires alors que 6,2% du PIB était attribué aux dépenses de santé.

Le même constat est établi au titre de l’année 2015, sur un budget de 1.804,11 milliards FCFA (2,75 milliards d’euros), 170 milliards FCFA (260 millions d’euros) sont alloués au service de la dette (l’argent destiné chaque année au paiement des intérêts), c’est-à-dire plus que le budget de la santé (110,17 milliards FCFA, soit 170 millions d’euros) et presque autant que le budget de l’éducation (194,25 milliards FCFA, soit 300 millions d’euros).

«Les enfants qui naîtront continueront à payer la dette contractée par leurs grands-parents»

Malgré tous ces emprunts effectués, le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres de la planète, plus de 44% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (1,25 dollars par jour) et la moitié de cette population survit au quotidien avec moins de 50 centimes. Au niveau de l’ATTAC-CADTM/Burkina, on se dit très inquiet de cette flambée de la dette extérieure qui, d’après eux, au lieu de sortir le pays des Hommes intègres de la pauvreté, ne fait que l’appauvrir.

Le Secrétaire permanent du CADTM Afrique, Broulaye Bagayoko, et ses camarades de l’ATTAC-CADTM/Burkina disent regretter de constater que malgré cette situation, les différents gouvernants s’enfoncent davantage dans l’abîme. Ils en veulent pour preuve, le nouvel référentiel que le Burkina Faso a mis en œuvre: le Programme national de développement économique et social (PNDES) qui va coûter la somme de 18.000 milliards F CFA pendant 5 ans. Pour son finance- ment, des levés de fonds internes et ex- ternes seront sollicités. A propos du financement, l’ATTAC-CADTM/Burkina dit regretter que cela va coûter environ 2.000 milliards FCFA par an pendant les 5 ans, soit environ 30% du PIB; or, disent-ils, les recettes fiscales mobilisées représentent en moyenne 15,5% du PIB pendant les 3 dernières années ayant précédé l’adoption du plan; les dépenses courantes absorbent environ 13,5% du PIB, créant ainsi un besoin de financement important à combler.

Broulaye Bagayoko aboutit au constat suivant: le PNDES va davantage enfoncer le Burkina Faso, en ce sens que le pays fera recours aux aides extérieures pour son financement. «Les enfants qui naîtront continueront à payer la dette contractée par leurs grands-parents», se convainc- t-il.

Ambèternifa Crépin SOMDA

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Numéro d'édition: 293

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