L’exploitation de la mine de Poura a commencé dans les années 1940 en mode moderne ciel ouvert. Dans les années 1960, commence l’exploitation souterraine qui ne durera pas, pour des raisons économiques. Elle sera reprise par la SOREMIB en 1973. (DR)

Mine d’or de Poura : Reprise des activités bientôt

• Cluff Ressources Limited reprend le projet

• Newmont Ventures LTD attributaire en 2012

• Elle estime les réserves insuffisantes

 

Le 1er juin 2012, le ministère des Mines procédait à la signature du contrat avec la société Newmont Ventures LTD pour la reprise des activités de recherche et d’exploitation dans le district aurifère de Poura.
Newmont Ventures LTD s’engageait à y investir la somme de 522 milliards de F CFA, puisque pendant les années de fermeture la mine n’a pas été entretenue, ce qui a contribué à la dégrader fortement.
En effet, les galeries ont été bouchées et les anciens équipements ne sont plus utilisables. Il fallait donc reprendre les études y afférentes dont l’évaluation d’impact environnemental et social et l’étude de faisabilité avant d’opter pour la mine souterraine ou la carrière à ciel ouvert, pour passer à la construction et à l’exploitation.
Elle s’engageait à travers le contrat à verser à l’Etat burkinabè, au titre de la cession des droits de jouissance sur infrastructures et les travaux de recherche, la somme de 237,500 millions de F CFA après la signature du contrat. En outre, elle s’engageait à verser une prime d’un dollar US par once d’or à la découverte d’un gisement exploitable.
Newmont Ventures LTD s’est fixé des standards à satisfaire après toute activité de recherche avant d’envisager l’exploitation. Au départ, les réserves d’or de Poura avait été évaluées entre 2 et 5 millions d’onces, c’est-à-dire entre 57 et 142 tonnes. A l’issue des travaux de recherche, la société a effectivement trouvé des zones riches, mais l’évaluation des réserves a donné 800.000 onces (23 tonnes environ), ce qui ne répondait pas aux critères d’exploitation de Newmont Ventures LTD. Elle a alors renoncé à exploiter la mine de Poura, mais s’est engagée à trouver un repreneur. Des sociétés se sont intéressées et au bout du processus, Newmont a cédé ses parts à Cluff Ressources Limited, filiale de la société Cluff Africa Associates dont le siège est à Londres. Le trésor public aurait engrangé une somme d’argent dans cette transaction.
Les responsables de cette société ont été aperçus la semaine dernière sur le site de Poura, ce qui présage de la reprise imminente des activités. Concrètement, Cluff Ressources Limited doit certifier ce qui avait été trouvé avant d’envisager la construction et l’exploitation. Ces activités peuvent prendre au minimum 2 ans sur la base des expériences des autres mines.
En rappel, le district aurifère de Poura a été l’objet de titres miniers accordés à l’ex-Société de recherches et d’exploitation minière du Burkina (SOREMIB) créée en 1973 pour l’exploitation de la mine de Poura qui s’arrêtera définitivement en 1999 avec sa fermeture dans un contexte de chute du cours de l’or.
La SOREMIB liquidée, Poura est donc tombé dans le domaine public minier. Le gouvernement, dans le cadre de sa politique minière, a décidé de relancer les activités minières de Poura en les confiant à un opérateur minier ayant une compétence technique établie dans le domaine de la recherche et de l’exploitation minière ainsi qu’une surface financière adéquate.
Un appel d’offres restreint (N°011/001-MCE/SG/PRM du 13 octobre 2011) a été lancé pour la sélection d’un repreneur pour la reprise des activités minières de Poura.
Deux sociétés minières qui ont manifesté un intérêt pour Poura ont déposé à la date du 22 décembre 2011 leurs offres dont celle de Newmont Ventures LTD qui a été jugée satisfaisante. Le 29 février 2012, l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) a donné son accord sur la procédure et le choix de la société, d’autant plus que la société concurrente n’a ni déposé de plainte ni de recours, ce qui a permis au Conseil des ministres d’approuver le choix de Newmont Ventures LTD.
Le gouvernement burkinabè, à travers le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé du budget, par lettre (no. 2012-337/MEF/SG/DGMP/DAJ du 12 mars 2012), a notifié à Newmont Ventures LTD l’attribution du contrat et autorisé en conséquence l’ouverture des négociations avec ladite société. Pour le gouvernement, la capacité technique et financière de Newmont Ventures LTD a été un élément déterminant dans le choix de cette société.
La mine de Poura est située dans la Boucle du Mouhoun, au sud-ouest de la capitale Ouagadougou, à 160 kilomètres sur l’axe Ouaga-Bobo-Dioulasso. Les premiers exploitants du site sont des orpailleurs. Son exploitation a commencé dans les années 1940 en mode moderne ciel ouvert. Dans les années 1960, commence l’exploitation souterraine qui ne durera pas, pour des raisons économiques. Elle sera reprise par la SOREMIB en 1973.

Elie KABORE


La prime de découverte jugée illégale

Dans le contrat qui liait le Burkina à Newmont Ventures LTD, il est précisé que cette société s’engage à verser une prime de découverte d’un dollar par once d’or si un gisement exploitable est découvert comme étant suffisant pour être signalé au titre des réserves. La perception de toute prime pour le compte du budget de l’Etat doit être règlementée par un texte. Il se trouve que la réglementation nationale ne prévoit pas ces types de paiements. Une insuffisance relevée dans le rapport 2013 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) du Burkina rendu public depuis 2015. Mais depuis ce temps, le gouvernement n’a pris aucune mesure pour parer à une telle situation. o
Des exploitants illégaux sur le permis de Poura

Pendant la fermeture de la mine de Poura intervenue depuis 1999, des autorisations d’exploitation semi-mécanisées ont été attribuées à des opérateurs, surtout des orpailleurs, sur le périmètre du permis de Poura. La délocalisation de ces exploitations illégalement installées avec la caution de l’administration locale et minière risque de créer une fois de plus des conflits sociaux si des négociations ne sont pas menées à temps.

Commentaires
Numéro d'édition: 191

One comment

  1. TARNAGDA Abdoul Samadou

    C’est formidable.

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