Carburant: Enfin une baisse, mais…

• Les syndicats en veulent plus

• Le Gouvernement reste prudent

Dans notre parution du 19 janvier, nous évoquions l’attentisme des autorités par rapport à une baisse éventuelle des prix du carburant à la pompe. Face à la pression, le Gouvernement mijotait quelque chose.

Il a enfin consenti une baisse de 25 francs sur chaque litre de carburant, répercutant ainsi la baisse constante du prix du baril de pétrole. Cette baisse est jugée assez faible par la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (Ccvc), présidée par Chrisogone Zougmoré. Sa structure désapprouve cette baisse qu’elle juge «insignifiante, largement en deçà des attentes des populations».
Elle prévient le Gouvernement qu’elle maintiendra la pression jusqu’à la satisfaction de ses revendications sur les hydrocarbures et le gaz.
«En conséquence, la Ccvc, tout en restant ouverte au dialogue, se donnera les moyens, les jours à venir, d’entreprendre toute action en vue d’une réduction significative du prix des hydrocarbures et de la disponibilité du gaz».
Le Gouvernement, on le sait, est arrivé à cette baisse sous la pression. Obligé de le faire, il n’a consenti qu’un minimum qui permet de gérer l’équilibre financier du système actuel. Le directeur général de la Sonabhy, Aboubacar G. Nacro, avait laissé entendre que s’il fallait répercuter la baisse, elle serait autour de 15 francs. Il faut croire que le Gouvernement est allé un peu plus loin en faisant la péréquation entre les différents types de carburant, pour retomber sur ses pieds. L’enjeu pour le Gouvernement est de se donner de la marge pour préserver son outil d’approvisionnement comme l’a expliqué François Xavier Bambara chez nos confrères de Lefaso.net : «Nous avons essayé de répartir les plus-values, de manière à penser à l’équilibre de la Sonabhy tout en faisant profiter le consommateur. On pourrait prendre toute la cagnotte et la mettre sur le consommateur, au risque de laisser la Sonabhy dans une situation de déséquilibre, surtout si le baril remonte immédiatement».
Cependant, la pilule ne passe pas. Que faire ? Les syndicats et la société civile sont en train de bander les muscles pour obtenir plus de baisse sur le prix à la pompe. Au lieu d’un bras de fer qui n’arrange pas les affaires du gouvernement de transition, c’est un travail d’explication et de pédagogie qui est nécessaire dans le temps pour que l’opinion publique comprenne bien ce qui est en jeu.
FW

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Numéro d'édition: 94

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