La campagne qui est en marche depuis le 7 mai dernier est un peu monotone. La ferveur n’est pas au rendez-vous. Que se passe-t-il ? Difficile d’y répondre. (DR)

Municipales 2016 : L’élection de tous les enjeux

• Front uni de l’opposition contre le MPP

• Obligation pour le parti au pouvoir de confirmer sa suprématie

• Le choix des populations, la grosse inconnue

 

Le 22 mai prochain, les électeurs sont appelés aux urnes pour les municipales qui viendront parachever le long processus électoral. Ces élections constituent un scrutin à enjeux, voire un scrutin de toutes les incertitudes.
Il est risquant d’oser un pronostic sur les scores que les différents partis politiques en lice pourront engranger. Ce sont plus de 156.693 candidats qui vont à la conquête des 19.624 sièges.
Cette bataille est engagée depuis le 7 mai par 85 partis et regroupements de partis politiques et des indépendants. Cette élection de proximité se révèle d’une grande importance car la gestion à la base est le nœud gordien de tout développement. A travers leurs choix, les populations participent directement au développement de leurs localités par la désignation des conseillers municipaux. Il y a donc un choix utile à faire.
La campagne qui est en marche depuis le 7 mai dernier est un peu monotone. La ferveur n’est pas au rendez-vous. Que se passe-t-il ? Difficile d’y répondre.
Le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), qui a l’obligation de confirmer sa suprématie, pourra-t-il atteindre son but en raflant le maximum des conseillers?
Miné par des divisions liées à la confection des listes dans certaines localités, le MPP doit faire face à certaines adversités pour recoller les morceaux. Le MPP a eu vraiment des difficultés dans la désignation de ses candidats. Pour conquérir les sièges, il faut vite panser les plaies.
Cet objectif, à entendre le président du parti par intérim, Salif Diallo, semble être atteint. A la faveur de l’ouverture de la campagne, le parti de Salif Diallo a déjà lancé que l’enjeu dans cette élection c’est de conquérir 206 conseillers municipaux à Bobo-Dioulasso et 411 dans les communes rurales. Est-ce à dire que la mairie de la capitale est déjà un acquis? Salif Diallo avertit: «Il nous faut gagner coûte que coûte. Il est impossible d’échouer le 22 mai»,
En attendant, l’inconnu de ces consultations demeure l’ancien parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).
A la différence des élections législatives et présidentielle, les cas d’exclusion ne sont pas nombreux à l’occasion de ces élections locales. Anciennement bien ancré dans les zones les plus reculées, le CDP pourra-t-il reconquérir son aura et faire douter les autres concurrents ? En tout cas, le CDP veut rebondir, avec un air de revanche, à l’occasion de ces élections. Son slogan est clair : «Ils nous ont chassés par la rue, nous reviendrons par les urnes avec ces municipalités».
Outre le CDP qui peut constituer une force en dehors du MPP, vient l’Union pour le progrès et le changement (UPC) dont le président, Zéphirin Diabré, est le chef de file de l’opposition politique au Burkina. Ce dernier ne cache pas les ambitions de son parti. Mieux, il convoite la plus grande des mairies, à savoir celle de Ouagadougou.
Comme pour dire que «tout sauf le MPP», certains partis de l’opposition se sont coalisés dans la ville du président par intérim du MPP, le parti au pouvoir, pour la conquête de la mairie Ouahigouya. C’est l’ADF/RDA qui porte la responsabilité de ce regroupement composé du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et la Nouvelle alliance pour le Faso (NAFA). Cette ville sera un des points chauds de ces élections.
Il faut aussi compter avec les candidats indépendants. Il est établi que dans certaines zones, l’électeur ne vote pas le parti, mais l’individu qu’il juge à même d’assurer son épanouissement. C’est pour cette raison que certains candidats indépendants pourraient créer la surprise en coiffant certaines formations politiques. Rien n’est donc gagné dans ces élections qui sont très ouvertes. Seul le verdict des urnes situera tout le monde.

Alexandre Le Grand ROUAMBA


Le cas troublant de Zogoré

Dans cette commune rurale située à 25 kilomètres de Ouahigouya, dans le Nord du Burkina, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Barthemy Kéré, a tenté de sauver la situation en vue de la participation de cette commune au scrutin. Rien n’y fit.
En rappel, le MPP n’ayant pas pu déposer sa liste à temps (suite aux échauffourées entre populations et forces de sécurité) s’est vu autoriser à participer à l’élection sur une décision du Conseil d’Etat. Devant l’impossibilité d’organiser des concertations au niveau de la province, tous les acteurs ont été invités au siège de la CENI à Ouagadougou pour échanger sur la décision du Conseil d’Etat.
Les autres partis en compétition dans cette zone n’ont pas répondu à l’invitation. La conclusion de Me Barthelemy Kéré: «Nous avons constaté la présence du MPP seul et l’absence des autres partis politiques. La CENI prend acte de cette situation et la CENI constate que la décision de justice prise par le Conseil d’Etat ne peut pas être mise en application. La CENI ne peut poursuivre le processus de positionnement et d’édition des bulletins uniques à Zogoré». C’est ainsi que Zogoré sera en dehors de ces élections à la date indiquée. Une consultation se fera ultérieurement à son profit.

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Numéro d'édition: 158

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