Pauvreté au Burkina Faso: 8,4 millions de personnes touchées

• Sur une population de 20,25 millions

• Et 1,7 million en situation d’extrême pauvreté

• Le seuil de pauvreté revu à la hausse

L’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a publié en janvier 2022, son diagnostic de pauvreté et élevé le seuil de pauvreté dont la valeur est de 194.629 FCFA par personne et par an.
Sur la base de ce nouveau seuil de pauvreté, l’incidence de la pauvreté se situe à 41,4% au niveau national, en 2021, date de recueillement des données de l’enquête. Ce qui correspond à une population de 8,4 millions de pauvres sur une population totale projetée de 20,25 millions de personnes. L’incidence d’extrême pauvreté est estimée à 8,2%. Ainsi, 8 personnes sur 100 vivent dans des ménages qui ne parviendront pas à assurer une alimentation adéquate à leurs membres, même si tout leur revenu était consacré à l’achat des produits alimentaires. Au total, 1,7 million de personnes vivent en situation d’extrême pauvreté.

Au plan international, le seuil est de 584.000 FCFA par an
Au niveau national, le diagnostic de la pauvreté est mesuré sur la base du seuil de pauvreté monétaire qui est de 194.629 F CFA par personne et par an. Au niveau international, pour comparer les pays, on utilise un seuil de 1,9$ par personne et par jour pour l’extrême pauvreté (soit 346.750 FCFA par an) et un seuil de 3,2$ par personne et par jour pour la pauvreté modérée (soit 584.000 FCFA par an).
Le seuil de pauvreté de 1,9$ par personne et par jour est utilisé dans le cadre de l’évaluation de l’objectif 1 des ODD qui vise l’élimination de l’extrême pauvreté partout dans le monde d’ici à l’horizon 2030. Sur cette base, l’incidence de l’extrême pauvreté est de 32% au Burkina Faso en 2018, soit une personne pauvre sur trois.
L’incidence de la pauvreté modérée est de 63%, soit le double de celle de l’extrême pauvreté. Au regard de ce niveau de l’extrême pauvreté, le Burkina Faso devra déployer des efforts considérables pour atteindre l’objectif 1 des ODD d’ici à 2030.
Il y a des grandes disparités entre le milieu urbain et le milieu rural. En effet, l’incidence de l’extrême pauvreté est sept fois plus élevée en milieu rural (41%) qu’en milieu urbain (6%). Quant à l’incidence de la pauvreté modérée, il est quatre fois plus important en milieu rural (78%), comparée au milieu urbain (20,5%).
Pour ce qui concerne les deux grandes villes du Burkina Faso, à savoir Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, l’objectif 1 des ODD est atteint dans ces deux villes, car l’incidence de l’extrême pauvreté y est de 2,8%. Dans les autres villes, l’incidence de l’extrême pauvreté est de 12,3%, soit quatre fois plus élevée que celle des deux grandes agglomérations.

Les indicateurs de la pauvreté
Intéressons-nous d’abord aux indicateurs monétaires. Dans l’enquête produite par l’INSD, il ressort une tendance à la baisse de l’ordre de 4% de l’indice de la pauvreté sur la période 2014-2018, au niveau national.
Selon les résultats de l’enquête multisectorielle continue, le taux de pauvreté s’établit à 36,2% en 2018, contre 40,1% en 2014. Le seuil de pauvreté qui correspond à la dépense annuelle en deçà de laquelle les individus sont considérés comme pauvres est passé de 153.530 F CFA en 2014 à 164.955 F CFA en 2018. L’analyse selon le milieu de résidence indique que la baisse de la pauvreté est plus marquée en milieu urbain qu’en milieu rural. En effet, l’incidence de la pauvreté est passée de 13,7% en 2014 à 10% en 2018 en milieu urbain, soit une baisse de 3,7 %.
Par contre, dans le milieu rural, la baisse est de 3 points de pourcentage, car l’incidence est passée de 47,5% en 2014 à 44,6% en 2018. Le nombre de pauvres selon l’EMC2018 est estimé à 7,3 millions de personnes, dont 93,3% en milieu rural. Ainsi, neuf pauvres sur dix vivent en milieu rural.
Les tendances des indicateurs non monétaires corroborent ce constat. L’amélioration des indicateurs non monétaires de la pauvreté concerne aussi bien le milieu urbain que le milieu rural. Au niveau des indicateurs de l’éducation, le taux d’alphabétisation des adultes est passé de 34,5% en 2014 à 35,8% en 2018, et celui des jeunes de 15-24 ans (indicateur ODD) est passé de 50% à 54% entre 2014 et 2018 (NDLR : voir tableau ci-contre).
NK

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Numéro d'édition: 427

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