Le Directeur général de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), le Professeur Banza Baya, a été reçu en audience par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, en fin de matinée du 6 janvier 2016. (Ph . Présidence du Faso)

La crise sociopolitique impacte les statistiques

• Le PIB en baisse de 3,4% au 3e trimestre

• L’hôtellerie et la restauration en hausse

• L’année 2016 promet

L’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a publié la semaine dernière ses chiffres pour le compte du troisième trimestre de l’année 2015. Il ressort de ce rapport que le Produit intérieur brut (PIB) est en baisse de 3,4% comparativement à celui de la période du deuxième trimestre qui était en hausse de 3%. Actuellement, il se situe à 1.140,3 milliards de F CFA. Toutefois, ces chiffres comparés à ceux du même trimestre de l’année précédente sont en hausse de 0,5%. Il a été également constaté un recul du secteur tertiaire qui est en chute de 6,4% et du secteur secondaire qui a baissé de 2,9%.

Plusieurs facteurs expliquent ces chiffres en régression, selon l’INSD. Ce sont, entre autres, le recul de l’activité économique dans le secteur secondaire avec -2,9%, imputable au secteur de l’extraction en baisse de 6,2% et aux BTP en recul de 7,3%. En ce 3e trimestre de 2015, le volume de la production aurifère des industries modernes a été réduit de 6,3%. Comparativement au troisième trimètre de l’année 2014, la valeur ajoutée de l’activité d’extraction est en baisse de 13,1%.
Le secteur tertiaire marchand est également en baisse de 1,2% comparativement au trimestre précédent. Ce recul est dû à une forte régression dans les services de télécommunications et les autres services marchands. L’activité des autres services marchands a baissé de 7,1% suite au ralentissement général de l’économie. Cependant, le rapport, en glissement annuel, note une progression de l’activité dans les services marchands de +4,5%. Dans le secteur des services non marchands, la baisse est de -4,9%. Ces chiffres sont la résultante d’une faible mobilisation des ressources internes et externes, mais aussi du putsch manqué des 16 et 17 septembre derniers.
Au troisième trimètre 2015, les impôts et les taxes sur les produits ont baissé de 0,5% après une hausse de 1,1% au deuxième trimestre, traduisant un ralentissement dans l’ensemble de l’activité économique. Cependant, les résultats du troisième trimètre ne sont pas que négatifs. L’activité du secteur du commerce est en légère hausse de 1,3% due à la faible croissance dans les branches qui drainent le commerce telles que l’agriculture, l’élevage, la fabrication de produits alimentaires. La valeur ajoutée des services de transport est aussi en hausse de 1,1%. Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration était en hausse de 9,5%.
Du côté de l’industrie manufacturière, il a été remarqué une progression de 0,6%, effets conjugués des hausses dans les secteurs de l’agroalimentaire de +0,9%, des bois et des métaux de 0,8% et les autres industries manufacturières (1,4), mais aussi de la baisse dans l’égrenage et la fabrication de textile de -2,6%. La valeur ajoutée de la production de l’énergie était également en hausse de 7,8% et de 26,2% en glissement annuel. Ces chiffres du dernier trimestre devraient avoir un impact sur les statistiques annuelles du pays. Toutefois, les statisticiens restent optimistes quant à l’avenir et espèrent de meilleurs résultats dès le premier trimestre de l’année 2016.

Germaine BIRBA


Les statistiques des secteurs primaire et secondaire

Après un premier semestre 2015 marqué par une reprise effective de l’activité économique, le secondaire renoue avec la baisse au troisième trimestre 2015 (-2,9%). Cette situation est principalement due au recul dans l’extraction et le BTP. Comparée au troisième trimestre 2014, la valeur ajoutée du secteur secondaire recule de 0,7%. Aussi, dans le secteur primaire, il a été observé une augmentation de 1% comparativement au trimestre passé. Cette hausse résulte en grande partie de l’augmentation de la production dans la branche agriculture (1,6%) et dans une moindre mesure de l’augmentation de la production dans les branches élevage (0,4%) et sylviculture, pêche et chasse (0,4%).

Commentaires
Numéro d'édition: 140

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.