Gambetta Aboubacar Nacro, Dg de la Sonabhy. (Ph : YS)

Gambetta Aboubacar Nacro, Dg de la Sonabhy Transition rime avec transparence

LA Société nationale des hydrocarbures (Sonabhy) fête cette semaine son trentenaire. A cette occasion, elle organise les Journées du pétrolier, occasion d’échanges entre les acteurs pour raffermir le partenariat, mais aussi de partager certaines préoccupations afin de lever les entraves qui minent le développement de ce secteur. Le directeur général de la Sonabhy, Gambetta Aboubacar Nacro, parle de cette initiative, mais, actualité oblige, il fait le point de l’opération commando pour approvisionner la Sonabel et le lancement des travaux tant attendus du dépôt de Péni, à Bobo-Dioulasso.

– L’Economiste du Faso : Comment se déroule l’opération commando d’approvisionnement de la Sonabel que votre société pilote ?

Gambetta Aboubacar Nacro, Dg de la Sonabhy: Elle se déroule bien. On a senti de l’engagement chez toutes les parties prenantes. On espérait avoir 152 camions réquisitionnés. A notre dernier check-up, 145 bons ont été émis vers la Côte d’Ivoire. Nous avons délivré les bons nécessaires, mais encore faut-il que les camions soient sur les dépôts côtiers, que le produit soit disponible et qu’ils soient effectivement chargés. Donc, il faut de la célérité sur tout le circuit. C’est pour cela que nous sommes allés solliciter l’appui des autorités portuaires concernées et leur expliquer l’importance de cette opération pour notre pays.
De ce côté, nous avons reçu un accueil favorable. Le plus gros lot des produits se trouve à Abidjan. Et après les engagements des uns et des autres, j’ai cru bon d’y dépêcher une mission pour suivre tout cela de près et débloquer les éventuelles difficultés.Malgré la bonne volonté des dépôts côtiers, ils ont leurs contraintes. Et nous n’allons pas faire de la démagogie en disant que tout va comme nous le voulons. Mais déjà, il y a de l’amélioration dans l’approvisionnement. Je ne peux pas vous faire le point actuellement parce que, chaque jour, nous en recevons. Les camions vont directement à la Sonabel. Ils ne font que transiter par la Sonabhy pour les formalités douanières.

– Ici, il s’agit d’une opération spéciale. Comment compte-t-on pérenniser tout cela ?
Vous avez raison. On y pense. Des commissions sont en train de se mettre en place avec l’Otraf et la Sonabel pour prendre en charge ce problème. L’Otraf, tout comme nous, pense à l’approvisionnement de la Sonabel. Nous ferons un point là-dessus. Vous savez que la Sonabhy, par tous les moyens, doit servir la Sonabel. C’est à nous de trouver les solutions. Je ne peux pas présager de ce qui sera demain, parce qu’actuellement nous payons un lourd tribut à travers les frais financiers très élevés auprès des banques. Ce qui nous rend optimistes, c’est que l’Etat est très engagé et certains bailleurs de fonds également sont prêts à accompagner la Sonabel. Si elle est bien accompagnée, elle nous paiera. Et si elle nous paie, nous continuerons de livrer avec plus de sérénité.

– On a vu avec cette crise que la Sonabel ne disposait pas de stock de sécurité. Ne pouvez-vous pas y suppléer du fait de votre monopole sur le secteur?
Nous pouvons le faire à travers des bacs de fuel, mais c’est assez contraignant. Le problème est global. C’est une question d’argent. Il faut faire les investissements nécessaires pour les bacs. La Sonabhy a des investissements en souffrance et quand on les réalise, c’est avec du retard, parce que ça coûte beaucoup d’argent. Il faut l’emprunter auprès des banques et cela revient cher. Pour le fuel, actuellement, on livre, mais on n’est pas sûr d’être payé à temps. On est contraint de le faire parce que, autrement, les gens ne comprendraient pas. Cela participe à l’effort national.
La Sonabel a quand même des bacs. Mais immobiliser du fuel, c’est comme immobiliser de l’argent et vous connaissez les difficultés de la Sonabel qui, actuellement, gère à flux tendu. C’est très stressant pour les dirigeants. Ce que le public doit savoir, c’est qu’aider la Sonabel, c’est aider la Sonabhy, parce qu’on appartient toutes les deux à l’Etat. Nous sommes liées. Le consommateur, lui, ce qui l’intéresse, c’est que le produit soit disponible, qu’il ait de l’électricité.

– Les Journées du pétrolier sont donc une bonne occasion pour débattre de tous ces problèmes ?
C’est une grosse opportunité. Avec le contact que nous avons avec la presse et les consommateurs, nous avons constaté que nous n’étions pas bien compris dans nos missions. Les gens ignorent beaucoup de choses et certaines sont grossies par manque d’informations. Pour nous, la Sonabhy est une société d’Etat et de ce fait appartient à tous les Burkinabè et aux consommateurs.
A ce titre, nous avons l’obligation de leur rendre compte. Nous sommes ouverts et la période de transition est favorable à cela. Il faudrait que les gens en profitent. Cette semaine est pour nous une occasion de communiquer sereinement, mais aussi de restituer la vérité sur certains points. Par exemple, quand on dit que nous avons une trésorerie négative, mais que la société est rentable, il faut expliquer les efforts que nous produisons.

– Où en êtes-vous avec le second centre emplisseur ?
Sauf cas de force majeure, il sera disponible fin août. Il sera opérationnel et nous pourrons passer la saison froide au chaud comme vous le dites. Et je pense que la situation générale va s’améliorer parce que le privé aussi mettra un centre emplisseur en marche d’ici-là.

Interview réalisée par Abdoulaye TAO et Sandrine SAWADOGO


Le projet Péni

«Péni, c’est un rêve qui s’accomplit. Il va mobiliser 16 milliards de F CFA sur une période de 5 ans, si les moyens suivent. Pour le gaz butane, ça va aller vite. La commune de Péni va changer de visage. Il y aura des voies bitumées, de la lumière. C’est aussi l’expression de combien peut être lourdes les procédures des sociétés d’Etat pour lancer un investissement. Je ne sais pas combien de Conseils d’administration ont caressé le rêve de voir Péni se réaliser sous leurs yeux.
Péni est très important dans notre dispositif, parce qu’on délocalise le dépôt de Bobo-Dioulasso. On commencera par le gaz butane, les produits liquides ensuite. Le site sera connecté par la route, le chemin de fer et par le pipeline. Nous sommes très heureux d’avoir lancé ces travaux et l’on a hâte de les voir se terminer. Parce qu’après Péni, il faut continuer à rapprocher les dépôts des centres de consommation pour peu que nos clients paient, que l’Etat ne traîne pas dans le paiement de la subvention, etc.», a conclu le Dg de la Sonabhy, Gambetta Aboubacar Nacro.

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Numéro d'édition: 113

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