Barrage de Samendeni: La mise en eau prévue en mi 2015

• 83% des travaux effectués

• L’aménagement pilote de 1.500 h de périmètres irrigués

• Le moteur du pôle de croissance de l’Ouest prend forme

Depuis la dernière visite du chef du Gouvernement burkinabè sur le site du barrage de Samendeni, en mai dernier, les travaux ont progressé d’environ 8%, portant le taux d’exécution de l’ouvrage de 75 à 83%, selon le coordonnateur du Programme de développement intégré de la vallée de Samendeni (Pdis).
Passés les mois pluvieux qui ralentissent le rythme de travail, TamoussiBonzi et son équipe mettent les bouchées doubles pour atteindre l’objectif de 2014, celui d’arriver à 95% de réalisations des travaux de construction du barrage. «Initialement, nous avions prévu de finir le barrage en fin 2014, mais objectivement nous ne pourrons pas respecter ce délai. Nous avons connu un retard dans la fabrication des équipements hydromécaniques et hydroélectriques de la centrale électrique. L’entreprise avec laquelle nous sommes en contrat a dû, après avoir cherché des sous-traitants en vain au Burkina, recourir à d’autres prestataires en France. Ces équipements étant fabriqués maintenant en Europe, les délais d’acheminement se sont allongés à cause du circuit qui passe par le port d’Abidjan», explique M. Bonzi. Entre-temps, l’équipe de coordination a bien pris le soin d’activer son dispositif de contrôle de la qualité des équipements à fournir.
«Avec notre ministère de tutelle et la Sonabel, nous avons déjà effectué trois missions d’inspection de ce matériel en cours de fabrication en France. Il y a une partie que les Français sous-traitent avec une entreprise bulgare. Nous nous y sommes rendus pour voir. C’est dire que nous suivons de très près ce qui se fait, et jusqu’à présent, ce que nous avons vu répond aux normes de ce qui est fixé dans le cahier des charges». Selon le planning arrêté par le groupement d’entreprises (la Société générale des travaux du Maroc et FadoulTechnibois) chargé des travaux, de concert avec l’ensemble des bailleurs de fonds et les autorités burkinabè, la mise en eau du barrage est envisagée au début de la saison des pluies 2015, autour de juin-juillet. La vocation principale du barrage de Samendeni est de soutenir l’agriculture, en mobilisant une importante quantité d’eau d’environ 1 milliard 50 millions de mètres cube pour ainsi permettre d’accroître l’agriculture irriguée dans la région de l’Ouest, de Bobo-Dioulasso (Région des Hauts-Bassins),jusqu’au Sourou dans la région de la Boucle du Mouhoun. A terme, l’eau du barrage est destinée à l’irrigation de 21.000 hectares de terre. L’aménagement pilote de 1.500 hectares devrait bientôt commencer. Le Conseil des ministres du 17 septembre dernier a marqué son accord pour la conclusion du marché avec trois entreprises (Ecgf/Afrique Circuit, Kani/Sietra, Mtc/Cogeb International) pour un montant total s’élevant à plus de 14 milliards de FCFA (14.443.707.685 Ttc).
En plus de l’aménagement de périmètres irrigués, ces travaux concernent des ouvrages de prises et des stations de pompage sur les sites de Seguéré, de Niéguéma et de Bossora, dans la province du Houet. Cet aménagement pilote, dont l’achèvement est prévu pour fin 2016, va permettre à l’équipe de gestion du programme de faire un certain nombre de réglages techniques, administratifs et juridiques. Dès la fin des travaux du barrage, l’eau sera utilisée pour vérifier que le système de drainage fonctionne sans problème tout en testant le type de canaux d’irrigation choisis. Ce sera aussi l’occasion de peaufiner le dispositif réglementaire pour l’attribution de ces périmètres. «Vous savez que la répartition de ce genre d’aménagement entre les populations locales et les agro-businessmen demande à être cernée dans une phase pilote avant d’être généralisée. Ce sont des problèmes très délicats. Au plan économique et social, il faut maîtriser plusieurs paramètres avant de lancer des opérations d’envergure», confie M. Bonzi.
Le coût du programme complet (barrage, centrale électrique, aménagement des périmètres irrigués et plan de gestion environnemental et social) s’élève dans les 250 à 300 milliards de F CFA. Ne pouvant pas mobiliser cet argent du coup, les responsables du Pdis ont décidé de scinder le programme en deux phases.
La première a pour objectif majeur la construction du barrage pour faciliter la mobilisation de l’eau. La deuxième phase concerne l’aménagement progressif des 21.000 hectares.
Il est attendu que Samendeni, avec la construction de son barrage hydroélectrique d’une production annuelle de 16 Gwh, soit le moteur du pôle de croissance que le Gouvernement compte installer dans la région de l’Ouest en plus du pôle de croissance du Sourou, lié l’un à l’autre, et qui iront de Banzon (province du Kénédougou) jusqu’au Sourou (région de la Boucle du Mouhoun). 8 bailleurs de fonds soutiennent le Pdis. Il s’agit de la Banque islamique de développement, des Fonds Saoudien, Koweitien, d’Abu Dhabi, de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, auxquels s’ajoutent la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao, et la Banque ouest africaine de développement de l’Uemoa.

 


Développement social

L’un des volets importants du Pdis est son plan de gestion environnemental et social. La construction du barrage nécessite de dégager une superficie de 12.000 hectares sur laquelle vivent des populations qui exploitent des champs et qui ont réalisé des investissements divers. Les indemnisations de ces personnes propriétaires de terrains et de vergers, commencées depuis 2009, sont évaluées à 2,4 milliards de FCFA. Le premier responsable du Pdis assure avoir, à l’heure actuelle, accompli un taux d’indemnisation de 98%, les 2% restants ne concernent que des cas résiduels.
Pour ce qui est des infrastructures collectives à construire au profit des habitants des 8 villages relocalisés sur les sites aménagés pour leur accueil, 52 forages, 6 écoles à 6 classes, ainsi que des centres de santé voient le jour. Le taux de réalisation de ces différentes actions en lien avec le plan de gestion environnemental et social se situe autour de 70%. Il reste les 30%. Tout sera fait pour une meilleure réinstallation des populations avant la mise en eaux du barrage, assure Tamoussi Bonzi.

 

Christian KONE

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Numéro d'édition: 77

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