Régions

Entretiens eurafricains : Débats sur le développement à Ouagadougou

 

Du 3 au 4 février 2016, c’était le tour de Ouagadougou d’abriter les Entretiens eurafricains organisés par l’ASCPE, une société d’étude, de formation et d’organisation de débats publics, que dirige Claude Fischer-Herzog.
Cadre d’échanges et de discussions entre partenaires au développement, porteurs de projets, experts européens et africains, les Entretiens eurafricains sont axés sur l’investissement et la valorisation des projets en Afrique avec un intérêt particulier pour l’Afrique de l’Ouest. Le concept est né en 2014.
Il permet des rencontres à la fois en Europe et en Afrique. Leur objectif est de contribuer à la construction de nouvelles relations commerciales et de coopération entre les acteurs des deux continents. L’édition qui s’est tenue à Ouagadougou est le tout premier grand rendez-vous international au Burkina après la mise en place du nouveau gouvernement suite à l’élection de Roch Kaboré.
Des échanges sous forme de table-ronde et des témoignages se sont tenus pendant deux jours au siège de l’Institut international 2iE sous le thème: «Investir en Afrique-Valoriser et financer sur les marchés organisés».
Outre des structures locales comme la Chambre de commerce du Burkina, l’Agence de promotion des investissements, (API-BF), des structures internationales et sous-régionales, notamment l’UEMOA, l’OIF, l’Union européenne et des ambassades telles que celles de l’UE, de la France ou du Maroc ont participé à ce forum.
Côté personnalités, les Entretiens eurafricains de Ouagadougou ont connu la participation du Pr Philippe Hugon, Directeur de recherche à l’IRIS en charge de l’Afrique, Gilles Yabi, ancien Directeur de International Crisis Group, Didier Acouetey, expert œuvrant dans le développement et les ressources humaines.
Au total, une soixantaine de personnalités expertes sur les questions du développement ont été invités pour intervenir pendant la rencontre. Plus de 300 personnes venues de la Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal et d’Europe ont participé à ce rendez-vous.
Plusieurs secteurs industriels et de services (agriculture et agroalimentaire, énergie, transport et construction numérique, éducation et finance) ont fait l’objet de discussions.
Les Entretiens eurafricains ont été initiés à partir d’un constat: «On a voulu comprendre pourquoi l’Afrique qui a des taux de croissance entre 5 et 10%, où émerge une classe moyenne qui a d’immenses besoins, des défis démographiques et climatiques à relever, ne bénéficie pas sur son territoire de plus d’investissements européens, tendanciellement en baisse», expliquent les initiateurs des Entretiens eurafricains.
Autre chose: «L’Europe perd en effet des parts de marché alors que la Chine, l’Inde et même la Turquie ou le Brésil arrivent sur le continent (le Maroc est le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest)», ajoutent-t-ils. Les initiateurs du forum sur le partenariat économique Europe-Afrique désirent comprendre les facteurs de blocages dans une situation qu’ils perçoivent comme une incongruité: «Les dynamiques de l’Afrique de l’Ouest sont encore potentielles et les projets pas assez nombreux. Pourquoi ? Où sont les obstacles pour les porteurs de projets, les grands projets d’infrastructures et aussi ceux portés par les PME, les TPE (Toutes petites entreprises) ou par les populations, comme les femmes en milieu rural ou encore les projets culturels ?
A Ouagadougou, les experts internationaux et les acteurs locaux ont pu discuter». Ce qui a permis de mettre la lumière sur le cas du Burkina et de mieux cerner les vrais enjeux.

Karim GADIAGA


 

Une méthode de travail en réseau

La méthode de travail de l’ASCPE, organisatrice des Entretiens européens (entre Européens) et eurafricains (entre Européens et Africains), est de travailler les sujets en amont du débat public, au sein des groupes de travail regroupant ses différents partenaires (entreprises, associations, collectivités territoriales, universités ou institutions nationales ou communautaires).
Des problématiques sont proposées sur les choix stratégiques et politiques de l’Europe et en particulier son ambition de bâtir une Union de l’énergie et sur ses relations extérieures, notamment avec l’Afrique de l’Ouest.


Défense : La grande muette rencontre son chef

Le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, chef suprême des armées, a tenu une rencontre officielle le 4 février dernier à Ouagadougou avec les hauts cadres du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants. Relevant de sa tutelle, les hauts cadres de l’armée ont profité de l’occasion pour lui soumettre pour amendement le nouveau plan stratégique de l’armée pour la période 2017/2021.
A l’issue de cette rencontre à huis clos, de nombreuses questions ont été abordées, notamment celles d’ordre matériel et organisationnel. En ce qui concerne l’aspect matériel, il a été jugé nécessaire que les forces de défense et de sécurité soient bien équipées afin de pouvoir faire face efficacement à la menace terroriste. Le président préconise à cet effet la mise en place d’une loi programmatique pour l’armée sur une durée de 5 ans. Elle aura pour but de veiller à l’équipement de l’armée.
En ce qui concerne l’aspect organisationnel, la hiérarchie de l’armée a présenté le document de base élaboré par la commission des réformes. La réforme de l’armée est au cœur des préoccupations du chef de l’Etat qui la veut désormais «républicaine, apolitique et opérationnelle, dotée de moyens pour assurer la sécurité du territoire et des Burkinabè».
Pour ce faire, Roch Kaboré a souhaité l’adhésion de tous et une réforme qui tienne compte des aspects générationnels et des grades. «Sur le plan de la réforme de l’armée, nous prendrons en compte des aspects intergénérationnels. Des mesures ont été prises pour améliorer la condition des militaires, notamment la prolongation de l’âge de la retraite. Cependant, cela nous pose un problème au niveau du budget de l’armée. Plus de 70% du budget sont affectés au paiement des salaires. La situation est difficile, mais des réflexions sont menées dans ce sens, afin d’opérationnaliser l’armée, d’y faire revenir la cohésion, la discipline et l’unité du corps», a-t-il déclaré.
Sur la menace terroriste, les médias ont voulu avoir des précisions également. Selon le chef de l’Etat, il est de la responsabilité de tous de prendre part à la lutte anti-terroriste. Toutefois, au sein de l’armée, des dispositions ont été prises afin de mieux sécuriser le pays et assurer la défense du territoire.
La grande muette essaie de redorer son image auprès de la population. Longtemps accusée à tort ou à raison, l’armée burkinabè a décidé de jouer son rôle de garante de la sécurité et de la paix. Bientôt, naitra des différentes commissions de réflexions sur la réforme de grandes décisions qui traceront les sillions d’une armée burkinabè nouvelle. Pour une parité et la prise en compte de tous les aspects, les commissions sont ouvertes. Toutes les questions y seront abordées afin de trouver un consensus maximum.

Germaine BIRBA

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