Situation de la conjoncture économique internationale et nationale à fin août 2020

UNE SEVERE CONTRACTION ECONOMIQUE MONDIALE INDUITE PAR LA CRISE SANITAIRE DE LA COVID-19 
Au niveau mondial, les perspectives initialement défavorables sur le déroulement de l’activité économique en 2020 suite à l’apparition de la pandémie du Coronavirus en Chine en décembre 2019 et sa propagation au monde entier, se sont davantage détériorées au cours du deuxième trimestre de l’année.
La contraction de l’économie mondiale née des graves perturbations socioéconomiques de la crise sanitaire, l’annulation des vols commerciaux et la rupture des chaînes d’approvisionnement mondiales sur les marchés de produits de base, s’est révélée plus profonde au cours du premier semestre de l’année 2020.
L’activité économique mondiale devrait ainsi s’effondrer et connaitre une contraction de 4,9% en 2020, contre une croissance de 2,9% en 2019. Ce recul se ressentirait aussi bien dans les pays avancés que dans le groupe des pays émergents et en développement. Dans le groupe des pays avancés, la croissance devrait passer de 1,7% en 2019 à -8,0% en 2020. Pour les pays émergents et en développement, elle s’établirait à -3,0% en 2020, contre 3,7% en 2019.
L’inflation globale baisserait en 2020 dans les pays avancés aussi bien que dans les pays émergents et pays en développement, en raison essentiellement de l’effondrement du prix de pétrole et de la contraction de l’activité économique mondiale. Dans les pays avancés, le taux d’inflation s’établirait à 0,3% en 2020, après 1,4% en 2019. Elle se situerait à 4,4% en 2020, contre 5,1% en 2019 dans les pays émergents et en développement. En perspective pour 2021, l’inflation globale devrait baisser de 0,8 point et de 0,7 point respectivement dans les pays avancés et dans les pays émergents et en développement.
Sur le marché des changes, le cours du dollar US par rapport au FCFA est retombé à 554,6 FCFA en août 2020, soit une dépréciation de 3,1% par rapport à son niveau de juillet où il a été de 572,4 FCFA. En glissement annuel, le cours du dollar US a enregistré une dépréciation de 3,1%.
Concernant les principales matières premières exportées, le cours mondial de l’once d’or enregistre en août 2020, une hausse de 7,1% en se situant à 1 971,2 dollars US, contre 1840,8 dollars US un mois plus tôt. En glissement annuel, il est en hausse de 31,7%. Quant au cours du coton, il a enregistré une hausse de 2,1% en se situant à 1 541,9 dollars US en août 2020, contre 1 510,6 dollars US en juillet. En glissement annuel, le cours du coton est en baisse de 2,1%. Pour ce qui est du pétrole, produit importé, le cours du baril a enregistré une hausse de 3,4% en août 2020, en se situant à 44,3 dollars US, contre 42,8 dollars US un mois plus tôt. En glissement annuel, le cours du baril est en baisse de 25,3%.


Dans la zone UEMOA, en 2020, les pays de la zone seraient durement éprouvés par la récession au niveau mondial. La croissance de l’Union subirait les effets des mesures de confinement, la baisse des cours des matières premières et la rupture des chaînes d’approvisionnement mondiales. La réduction des activités économiques au sein de l’Union européenne et en Chine, premiers partenaires commerciaux des pays membres de la zone, entrainerait une baisse des exportations et des importations, ce qui priverait l’Union de divers biens intermédiaires, avec des conséquences négatives sur l’expansion du secteur industriel, des BTP, du transport et du commerce. Initialement projetée à 6,6% en 2020, la croissance de l’Union devrait tomber à 2,5%, après 6,7% en 2019.

UNE ACTIVITE ECONOMIQUE NATIONALE DUREMENT MARQUEE PAR LA CRISE SANITAIRE DE LA COVID-19 ET LA PERSISTANCE DU DEFI SECURITAIRE
Au niveau national, le Burkina Faso est durement frappé par la pandémie du Coronavirus en enregistrant ses premiers cas d’infection sur le territoire le 09 mars 2020.
A fin août 2020, il est fait état d’un total de 1 378 cas confirmés positifs au Coronavirus. Parmi ces cas, 1 079 guérisons ont été enregistrées contre 55 décès. Ces évolutions correspondent à 78,3% de taux de guérison et 3,9% de létalité.
Cette pandémie entraine d’importantes perturbations économiques, sociales et budgétaires. Le taux de croissance de l’économie, après être ressorti à 5,7% en 2019, contre 6,8% en 2018, chuterait à 2,1% en 2020 sous l’impact des effets du Coronavirus, contre 6,3% en scénario tendanciel, soit une perte de 4,2 points de pourcentage.


Dans le secteur des mines, en juin 2020, la production totale d’or industrielle est évaluée à 4,8264 tonnes, contre 4,509 tonnes le mois précédent, soit une hausse de 7,0%. Cette production est en hausse de 3,5% par rapport au même mois de l’année passée. Par rapport au trimestre précédent, la production d’or a connu une hausse de 5,7% au deuxième trimestre 2020.
A fin juin 2020, la production totale d’or fin est ressortie à 26,654 tonnes, en hausse de 4,0% en glissement annuel.
Au niveau des finances publiques, à fin août 2020, les recettes propres du budget de l’Etat ont été mobilisées à hauteur de 1 094,1 milliards FCFA, contre 1 220,3 milliards FCFA à la même période en 2019, soit une baisse de 10,3%. Quant aux dépenses totales du budget de l’Etat, elles ont été exécutées à hauteur de 1 628,8 milliards FCFA, contre 1 459,1 milliards FCFA à la même période en 2019, soit une hausse de 11,6%.


L’encours de la dette publique est estimé à 4 465,73 milliards FCFA au 30 juin 2020, contre 4 253,12 milliards FCFA au 31 mars 2020, soit une hausse de 212,6 milliards FCFA (5,0%). En glissement annuel, l’encours de la dette publique est en hausse de 896,46 milliards FCFA, soit 25,1%. Il est constitué de 53,2% de dette extérieure et de 46,8% de dette intérieure.
Au niveau des échanges extérieurs, les exportations totales du mois d’août 2020 se sont affichées en valeur à 243,6 milliards FCFA, contre 165,2 milliards FCFA un mois plus tôt, correspondant à une hausse de 47,5%. En glissement annuel, les exportations totales sont en hausse de 92,5%. Les principales destinations des exportations en août 2020 sont d’abord l’Europe, avec environ 85,4% des exportations totales, dont principalement la Suisse (97,1%). L’Asie constitue la deuxième destination avec 9,3% des exportations, dont principalement l’Inde (96,4%). Les exportations en destination d’Afrique ont représenté seulement 5,0%, dont la Côte d’Ivoire (54,7%), le Ghana (3,7%) et le Togo (2,2%).
Quant aux importations totales du mois d’août 2020, elles se sont situées en valeur à 112,2 milliards FCFA, contre 173,3 milliards FCFA le mois précédent, soit une baisse de 35,3%. En glissement annuel, les importations totales sont en baisse de 24,4%. Les zones de provenance des importations sont d’abord l’Asie, qui constitue la première zone avec 28,9% des importations totales, dont la Chine (38,5%), la Russie (27,0%) et l’Inde (15,5%). Vient ensuite l’Afrique avec 23,3%, dont la Côte d’Ivoire (29,6%), le Ghana (28,3%) et le Togo (11,1%). Les importations via le continent américain ont représenté 28,5%, dont essentiellement les USA avec 96,0%. Celles en provenance d’Europe ont représenté 19,3%, dont la France (23,0%), les Pays-Bas (20,5%), l’Allemagne (10,6%).


Concernant la masse monétaire, elle s’est inscrite en hausse de 194,5 milliards FCFA (+4,8%), s’affichant à 4 251,0 milliards FCFA à fin juillet 2020, contre 4 056,4 milliards FCFA à fin décembre 2019. Cette hausse est attribuable aux autres dépôts inclus dans la masse monétaire (+106,7 milliards FCFA, soit +6,8%), à la circulation fiduciaire (+25,0 milliards FCFA, soit +3,8%) et aux dépôts transférables (+62,9 milliards FCFA, soit +3,4%).
En somme, l’analyse de la conjoncture économique au mois d’août 2020 montre des perspectives défavorables au plan national et international qui marqueraient toute l’année, au regard des importantes perturbations économiques, sociales et budgétaires qu’engendre la crise sanitaire du Coronavirus. Ces effets se ressentiraient au plan intérieur par le ralentissement de l’activité économique dans les secteurs tertiaire et primaire.
Le taux d’inflation en baisse en 2019 se situerait en hausse en 2020 en lien avec la rupture des chaînes d’approvisionnement internationales en produits intermédiaires et sur le marché des produits de base.
Au regard de cette conjoncture défavorable, l’Etat devrait :

Les recommandations

1. Poursuivre les efforts de maîtrise de la propagation de la pandémie. Il faudra accentuer la sensibilisation de la population au respect des gestes barrières et sur l’existence de la maladie, au regard de la campagne électorale à venir, veiller à la mise en place des dispositifs de protection dans les établissements scolaires avec la rentrée des classes. De plus, il s’agira de poursuivre la fourniture de kits de test de la COVID-19 aux structures de santé publiques et privées.
2. Accentuer la mise en œuvre des actions vigoureuses en vue d’accroître les recettes propres pour un meilleur équilibre des finances publiques ;
3. Renforcer le dispositif de contrôle des prix des produits de grande consommation ;
4. Poursuivre les actions de lutte contre le terrorisme, de sécurisation des biens et personnes sur l’ensemble du territoire ;
5. Poursuivre la mise en œuvre des mesures d’accompagnement de l’Etat pour les ménages les plus vulnérables et les entreprises dans le cadre de la mitigation des effets de la pandémie.

 

Source : Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID)
Direction générale de l’Economie et de la Planification (DGEP)
Direction de la prévision et des analyses macroéconomiques (DPAM)
Service de la conjoncture (SECO)

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Numéro d'édition: 364

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