Genre dans les médias : 1 femme pour 5 journalistes

• Soit ¼ des journalistes au Burkina

• 7 Rédactrices en chef sur plus de 1.000 professionnels

• Une étude de la Délégation de l’Union européenne

Le 7 octobre 2019, la Délégation de l’Union européenne a organisé la restitution d’une étude menée sur «Média, accès à l’information et aux TIC, et Emancipation des femmes et des filles». Ce rapport «dresse un état des lieux des médias et de l’égalité des genres au Burkina Faso et cherche à identifier des opportunités d’action pour la Délégation de l’Union européenne afin d’améliorer l’égalité des genres à travers et avec les médias, dans six domaines particuliers», a affirmé Antonio Marquez Camacho, chef d’équipe «Gouvernance» à la Délégation de l’UE. Les six constats qui découlent de cette étude ont été présentés par Virginie Ramey, qui a coréalisé l’étude avec Nestorine Sangaré Compaoré et Dessi Damianova.
Le premier domaine porte sur le renforcement du pouvoir décisionnel et leadership dans les organisations médiatiques. Le constat de l’étude montre un déséquilibre dans les salles de rédaction (25% des journalistes sont des femmes), en raison de l’image négative des femmes journalistes persistant dans la société qui empêche les femmes de choisir la voie médiatique comme carrière.
Grâce à un monitoring réalisé sur les médias burkinabè, il ressort comme 2nd constat, l’existence de stéréotypes basés sur le genre dans les productions médiatiques. Pour Mme Ramey, «seulement 19% des sources citées dans les reportages monitorés étaient des femmes, suggérant que les voix, perspectives et préoccupations des femmes sont largement invisibles dans les reportages. De plus, les voix des femmes sont les plus audibles dans les reportages qui concernent l’économie (61% des sources sont des hommes et 41% des femmes), alors que les voix des hommes dominent dans les domaines politique et gouvernemental, où seulement 10% des sources sont féminines.

Accès des femmes et des filles à l’information comme moyen d’émancipation
C’est la recommandation qui découle du 3e constat de l’étude. «La majorité des femmes dépendent des hommes pour accéder aux médias et aux appareils électroniques (seulement 22% des femmes possèdent une radio). Par conséquent, seules 55% d’entre elles écoutent la radio alors que 72% des hommes le font. Considérant les réalités économiques et sociales existantes, pour améliorer l’égalité des genres, les radios communautaires et religieuses sont les acteurs privilégiés pour sensibiliser à l’émancipation des femmes, étant donné qu’elles sont les seules sources d’information disponibles dans les zones reculées», affirme la présentatrice de l’étude.
Un autre domaine d’opportunité d’action pour l’Union européenne pourrait être le renforcement et l’optimisation de l’accès des femmes et des filles aux TIC et formation et orientation professionnelle.
Selon le constat de l’étude, bien que les chiffres exacts soient inexistants, «l’écart de genre en matière d’accès et de représentation des femmes dans le secteur des TIC est considérable (15% d’étudiantes en moyenne 8). Manque de connaissances en informatique et restrictions économiques sont les principales raisons de cet écart, avec des disparités selon les lieux et les âges». Le dernier domaine évoqué dans cette étude porte sur la participation des femmes en politique, plus spécifiquement aux élections.
Il y a beaucoup moins de femmes élues que d’hommes en politique, avec seulement 13.4% de femmes à l’Assemblée nationale. Moins outillées, les femmes rencontrent des obstacles aux niveaux personnel, institutionnel et socio-culturel.

NK


Sélection des médias

Pour la réalisation du monitoring, 6 médias nationaux ont été sélectionnés, en fonction de leur type, leur couverture, leur audience et leur appartenance. Le 2 avril 2019, 48 reportages et articles ont été sélectionnés pour analyse, soit 8 pour chaque média. Comme l’échantillon est restreint, il a été décidé de sélectionner uniquement les médias ayant une couverture nationale. Il y a un plus grand nombre de radios et de télévisions, car ce sont les sources d’information les plus importantes au Burkina Faso. 8 reportages et articles ont été publiés ce jour-là dans les 6 médias monitorés. Les critères suivants ont été utilisés pour la sélection des médias :
• Base nationale
• Large audience et portée
• Large influence sur l’opinion publique
• Diversité d’appartenance (médias publics et privés)
• Diversité d’orientations politiques et religieuses.

Commentaires
Numéro d'édition: 315

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.