Relations sino-burkinabè : Ouaga 2 dresse le bilan d’un an de coopération

• Des acquis diplomatiques, financiers et politiques

• 318 millions de dollars pour l’exportation des produits

• Des projets de construction en discussion

«L’Ambassadeur de l’Enseignement supérieur». C’est le qualificatif attribué à l’Ambassadeur de la République de Chine au Burkina Faso, Li Jian, par le ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Alkassoum Maïga, au cours du séminaire international organisé par l’Université Ouaga II et l’Ambassade de la République de Chine, à Ouagadougou, le 14 mai 2019.
La délégation de la République populaire de Chine a décidé de marquer les célébrations de la commémoration du 1er anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Burkina Faso par un séminaire international. Le thème arrêté est «Premier anniversaire des relations Chine-Burkina Faso: réflexions sur la coopération bilatérale et sino-africaine».


Au cours de cette rencontre, les discussions ont tourné autour de la consolidation des relations sino-burkinabè. Et pour ce faire, la cinquantaine de structures et personnalités invitées ont échangé sur le bilan et les perspectives de ces relations un an après. Et pour mener le débat, l’Université Ouaga II a invité autour de la table, l’Ambassadeur Mélégué Traoré, Hamidou Ouédraogo, Directeur de la Coopération bilatérale, Karim Démé, point focal de la Chine au Burkina, et Guoquing Zhang, ancien Ambassadeur chinois au Mali et en Côte d’Ivoire.
Le point des acquis diplomatiques de la reprise des relations entre la Chine et le Burkina Faso a été dressé par l’Ambassadeur Mélégué Traoré. Celui-ci a rappelé que la date du 26 mai 2018, date de la reprise des relations entre le Burkina et la Chine marquait la 1re grande opération de politique étrangère du Burkina Faso depuis 2014.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Alkassoum Maïga (au centre en Faso Dan Fani), en compagnie de la délégation Chinoise au cours du séminaire international organisé par l’Université Ouaga II et l’Ambassade de la République de Chine, à Ouagadougou, le 14 mai 2019. (DR)

En guise d’acquis donc, l’on note la poussée de la politique internationale grâce à l’appui de la Chine au G5-Sahel et les échanges intermittents. Pour Mélégué Traoré, «le retour du Burkina vers la Chine a donné un nouvel élan à l’appui de la Chine au G5-Sahel. Pour les échanges intermittents, il faut noter la visite d’Etat du Président Kaboré en Chine, avec toutes les solennités dues à son rang, sa participation au Forum économique Chine-Afrique, mais aussi la visite du président de l’Assemblée nationale du Burkina à l’Assemblée populaire nationale à Pékin et du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Burkina Faso, Alpha Barry, à Pékin». Autre acquis diplomatiques que l’Ambassadeur Traoré a évoqués, c’est la nomination d’Ambassadeurs par les deux pays et la construction de deux Représentations dans les pays respectifs.
Du côté des acquis financiers de la coopération, c’est Hamidou Ouédraogo de la DGCOOP qui en a fait la synthèse pour les séminaristes. Il en ressort que pour la période 2018-2020, la Chine a alloué un don de 100 milliards FCFA au Burkina Faso. Cette somme sera utilisée pour la réalisation de grands projets. Il s’agit de la construction de l’hôpital de référence de Bobo-Dioulasso, de la réhabilitation de l’hôpital de Koudougou. «Des discussions sont aussi en cours pour la réalisation en PPP de certains projets stratégiques, à savoir l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou, l’interconnexion ferroviaire et la construction de centrales solaires», a-t-il précisé.
Des accords sectoriels ont aussi été signés dans le cadre de la coopération bilatérale. Les plus connus sont les accords avec le ministère de l’Agriculture pour un meilleur rendement du mil et du riz, avec le département de la Santé et celui de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle. En outre, «la Chine procure une assistance technique et des prêts concessionnels au Burkina Faso», a affirmé Hamidou Ouédraogo.

En termes de perspectives de coopération bilatérale, M. Ouédraogo a évoqué les séminaires internationaux que la Chine entend organiser au profit des cadres de l’Administration burkinabè.
Karim Démé, homme d’affaires et point focal de la Chine, a fait un état des lieux des réalisations de la Chine avant la rupture des relations en 1994. Et de citer le stade du 4-Août, l’immeuble Baoghin, l’hôpital de Koudougou, l’immeuble abritant le ministère de l’Enseignement supérieur, etc. et d’ajouter que «même si à l’époque, les relations diplomatiques n’existaient plus, les relations commerciales étaient maintenues». Si bien qu’à la reprise de la coopération, les transactions commerciales ont triplé, s’établissant à 100 millions de dollars en 2018.
Le dernier paneliste, l’ancien Ambassadeur chinois au Mali et en Côte d’Ivoire, M. Zhang, a, quant à lui, évoqué les acquis de la politique internationale de la reprise des relations. «Non seulement nous avons retrouvé la confiance entre les deux pays, tant sur le plan politique qu’économique». Dans sa présentation, il a tenu à préciser que Ouaga et Pékin entendent consolider les relations sur la base des 5 principes de coopération pacifique que sont la non-ingérence, la coexistence pacifique, etc. dans le respect des normes de la politique internationale.

NK


Echanges commerciaux : 318 millions dollars en un an

La coopération économique et commerciale entre la République populaire de Chine et le Burkina Faso est en plein essor. C’est ce qui ressort des chiffres de 2018. Les échanges commerciaux au cours de l’année écoulée ont atteint 318 millions de dollars, soit une hausse de 56% ; pour ce qui est uniquement de l’exportation des produits burkinabè vers le marché chinois, elle est en hausse de 365%, soit plus de 100 millions de dollars, selon le ministre de l’Enseignement supérieur. Sur le volet de l’enseignement, le Pr Alkassoum Maïga a évoqué la construction d’écoles, des bourses d’études octroyées à des élèves, des formations en techniques d’agriculture et d’aviculture dispensées à plus de 2.000 personnes dans des zones rurales du Burkina Faso par des experts chinois.

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Numéro d'édition: 299

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