Le transport maritime est considéré comme le moyen le plus sûr et le plus fiable qui permet de convoyer un grand volume de biens par containers, à des prix très bas, et de soutenir la concurrence. C’est l’intérêt du projet SEALINK pour la sous-région.(DR)

Projet SEALINK : Démarrage imminent

• Les initiateurs rassurent sur les garanties

• Les Etats de la CEDEAO sont convaincus

• 50 milliards de F CFA d’investissement à mobiliser

 

Le projet de création d’une compagnie maritime dénommée «SEALINK» ; le long de la côte ouest-africaine, avec une extension sur l’Afrique centrale ; avance. Une mission conduite par le président de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie d’Afrique de l’Ouest (FECCIAO ou FEWACCI, en anglais), porteuse du projet, a fait le point de sa mise en œuvre, à Ouagadougou, le 16 mars 2018. C’était au siège de la CCI-BF, devant des opérateurs économiques ; potentiels investisseurs dans ce projet.
Fruit du partenariat entre la FEWACCI, la NEXIM Bank du Nigeria et TRANSIMEX Cameroun, le projet SEALINK a été initié pour faciliter les échanges entre les hommes d’affaires des Etats membres de la CEDEAO et pour réduire les barrières tarifaires et non tarifaires qui entravent la libre circulation des personnes et des biens dans la région.
Il s’agit de «mettre en place un service de transport de marchandises et de passagers fiable, abordable et efficace, suivant l’exemple de la banque transnationale ECOBANK».
Initialement, le projet devait démarrer effectivement en 2014. Mais, selon Germain Meba, président de la FEWACCI, l’action de mobilisation des investisseurs potentiels conduite à cet effet, la même année, n’avait pas été concluante, «au regard des problèmes de garantie soulevés par les investisseurs», précise-t-il. Des leçons semblent avoir été tirées de cette expérience.
«Aujourd’hui, la FEWACCI a pris la mesure des choses», assure son président.
Parmi les acquis essentiels, il y a le fait que l’initiative a suscité l’engouement des hommes d’affaires, des autorités gouvernementales, de la CEDEAO, des associations des conseils des chargeurs, des autorités portuaires et des banques telles que la BIDC, la BAD et AFREXIM Bank.
Au niveau de l’ancrage institutionnel, il y a déjà sa reconnaissance par les chefs d’Etat de la CEDEAO comme un projet intégrateur qui va faciliter la libre circulation des personnes et des biens.
C’est ainsi qu’il a été octroyé à SEALINK, depuis le 17 octobre 2016, la qualité d’entreprise communautaire bénéficiant d’appuis politiques et des concessions spéciales des ports des Etats membres pour ses opérations.
Au niveau opérationnel, il a été procédé à la révision et à l’actualisation de l’étude de faisabilité et du business plan du projet.
Conformément à ces documents techniques, le démarrage des activités de SEALINK se fera en trois phases pilotes portant sur les liaisons Lagos-Cameroun, Lagos-Abidjan et Dakar-Praia.
Une clé de répartition des actions de la société entre tous les Etats membres de la CEDEAO a également été adoptée. Sur ce point, chaque Chambres de commerce et d’industrie est appelée à mobiliser ses membres afin de rassembler la quote part de son pays.
Parmi les autres évolutions du projet, on note l’élaboration des critères pour l’attribution du siège social de SEALINK, ainsi que l’élaboration des critères de recrutement d’un partenaire technique pour ses opérations.
Les prochaines étapes pour le démarrage effectif des opérations de SEALINK porteront sur «la poursuite de la sensibilisation des Chambres de commerce et des investisseurs potentiels pour mobiliser les ressources financières», «le recrutement d’un coordonnateur du projet pour conduire les opérations de promotion en cours», «la mise en place du siège social de la société et des bureaux pays», «le recrutement d’un partenaire technique stratégique».
Ce sont des actions imminentes qui devraient déboucher bientôt sur le démarrage des activités de la compagnie maritime.
Pour être effectif, le projet va nécessiter environ 50 milliards de FCFA d’investissement. Les régions Centre et Ouest de l’Afrique participeront à hauteur de 30 milliards de FCFA. Chaque pays apportera sa contribution qui sera constituée par les apports des opérateurs privés et des institutions au niveau national. Le reste des 20 milliards de FCFA proviendra des appuis d’autres partenaires.
En 2014, les estimations établissaient la quotepart du Burkina à 10 millions de Dollars. La CCI-BF devrait enregistrer toutes les manifestations pour couvrir cette contribution nationale.

Karim GADIAGA


Booster les échanges à l’intérieur de la région

Selon la CCI-BF, la CEDEAO est l’une des régions les plus intégrées du continent, avec des échanges commerciaux représentant un peu plus de 10% des importations globales de la sous-région, soit entre 10 et 15 milliards de Dollars par an.
Cependant, les échanges infrarégionaux de l’Afrique de l’Ouest représentent 11% du commerce global de la CEDEAO, alors que pour l’Union européenne, son principal partenaire, ce taux est de 80%.
Le faible niveau de développement du commerce entre Africains, et plus précisément sur la zone comprenant l’Afrique de l’Ouest et du Centre, s’explique par une conjonction de facteurs dont le manque d’infrastructures économiques appropriées et les nombreux obstacles non tarifaires au commerce.
L’enjeu avec la mise place de SEALINK consiste à booster les échanges dans la sous-région. La nouvelle compagnie maritime va exclusivement relier les ports maritimes des côtes de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale.

Commentaires
Numéro d'édition: 245

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.