Réhabilitation des voies: l’Onea répare les dégâts

• Une facture de plus de 772 millions de FCFA

• D’autres chantiers en vue

Comme sur l’avenue Ilboudo Waognadé, jouxtant l’hôtel Amiso, les travaux de réhabilitation de l’Onea obligent les riverains à faire des détours. (Ph : Yvan SAMA)

Comme sur l’avenue Ilboudo Waognadé, jouxtant l’hôtel Amiso, les travaux de réhabilitation de l’Onea obligent les riverains à faire des détours. (Ph : Yvan SAMA)

Les populations de la ville de Ouagadougou ont pu constater depuis le 2 janvier 2015 des travaux sur l’avenue du président Thomas Sankara, l’avenue de l’Uemoa, l’avenue Ilboudo Waognadé et l’avenue Maxime Ouédraogo. Menés par l’Office national de l’eau et de l’assainissement (Onea), ces chantiers font suite à la dégradation des voies après les travaux d’assainissement de la ville. L’Onea avait entamé la pose des conduits nécessitant des excavations de 5 mètres de profondeur. Ces actions ont engendré l’affaissement des chaussées, obligeant l’Onea à de nouveaux travaux. Soumaila Sodré de la direction de l’assainissement de l’Onea explique : «Pour la pose de nos conduits, il a fallu creuser le sol à environ 5 m de profondeur. Après les travaux, les trous ont été rebouchés avec de la terre venant du sol. Pourtant, en génie civil, cela ne marche pas. On ne referme pas un trou avec le sable qui y a été enlevé, car il n’est plus de bonne qualité. Cette situation entraîne des affaissements car le sol, devenu faible, est infiltré pendant les pluies. Le but de ces travaux est donc de vider la mauvaise terre et de refermer les trous avec du sable de bonne qualité afin d’éviter les affaissements».

Ces travaux sont diversement appréciés par les riverains qui sont obligés de faire des détours. Certains comme Raoul Tapsoba s’en plaignent : «Nous sommes, tout le temps, confrontés aux travaux de l’Onea qui bloquent à chaque fois les rues. C’est pénible car nous n’avons pas beaucoup de routes au Burkina Faso. On se demande pourquoi ils ne finissent pas leurs travaux une fois pour toute». D’autres par contre apprécient ces travaux : «Nous louons les efforts entrepris par l’Onea pour la réhabilitation des chaussées. Après les travaux d’assainissement, les voies sont sérieusement dégradées. Que l’Onea s’en rende compte et essaie de rectifier le tir est honorable. Ces chantiers créent des désagréments dans la circulation, mais c’est le prix à payer pour avoir une bonne route», affirme Yaya Soala. Conscient des désagréments que ces travaux causent, l’Onea a entrepris une campagne de communication pour s’en excuser.
L’Office de l’eau a dû décaisser de l’argent pour ces travaux dont le coût est estimé à 772,955 millions de FCFA, financés à 73% par l’Agence française de développement (Afd) et par l’Onea à 27%.

 


 

Des travaux pour évacuer les eaux usées

De nombreux chantiers restent encore à réaliser, car le projet d’assainissement n’est pas encore terminé. Actuellement, les travaux sont à la phase des raccordements. La première phase du projet a couvert le réseau et la station de traitement des eaux usées, pour un montant de 5 milliard de FCFA. La seconde phase qui concerne les raccordements coûtera plus d’un milliard.
D’autres projets entrant dans ce cadre verront bientôt le jour afin d’étendre ces travaux à toute la ville, comme l’explique Soumaila Sodré : «Nous comprenons la souffrance de la population, mais on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs. Avec les différents projets d’approvisionnement de la ville en eau potable, la consommation a augmenté. Nos fosses septiques n’arrivent plus à contenir les eaux usées. Il nous faut, alors, faire des canalisations pour drainer ces eaux usées. D’autres travaux seront réalisés au fur et à mesure».
Avec le temps, l’évacuation des eaux usées est devenue un sérieux problème pour la ville car plus de 80% du volume d’eau utilisée par les populations sont rejetés. Par jour, ce sont environ 80.000 m3 d’eau que consomme la ville de Ouagadougou. Le système d’assainissement de la ville a donc pour but de collecter et canaliser les eaux usées de la ville vers une station de traitement située à Kossodo avec une capacité de 5.000 m3.

Germaine BIRBA

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Numéro d'édition: 94

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