Le Burkina regorge de gisements de matières utiles au secteur du bâtiment, et qui pourraient servir de base à une industrialisation de ce secteur très dynamique. (DR)

Construction  : Un plan de diversification des matériaux

• Des carrières mécanisées pour des moellons

• Une dizaine d’usines pour briques en argile cuite

• Des unités pour produits d’embellissement

 

Le Programme d’urgence de la mise en place d’unités industrielles dans les filières stratégiques de l’économie va également s’appuyer sur la filière carrière et matériaux de construction. C’est la troisième cible après les filières bétail-viande  et coton- textile.
L’objectif du plan d’industrialisation dans la filière carrière et matériaux de construction est d’apporter une véritable réponse locale à la forte demande exprimée par les Burkinabè en matériaux de construction. Il ressort en effet que le secteur du bâtiment est l’un des plus dynamiques au Burkina Faso. Suivant les désirs et le rythme de constructions, la population locale consomme une forte quantité de matériaux divers. De ce fait, le pays dépend fortement de l’extérieur car la quasi-totalité des produits finis ou matières premières utilisées dans la construction est issue de l’importation.
Le gouvernement, à travers son plan d’industrialisation en cours de finalisation, veut à la fois «accroitre d’ici à 2025 la disponibilité des matériaux de construction au Burkina et réduire la facture de leurs importations».
De façon concrète, le plan de transformation prévoit des carrières mécanisées destinées à produire des matériaux spécifiques qui sont utilisés pour la construction de maisons d’habitation ou des grands édifices et aussi pour la voirie ou le pavage. Des usines sont aussi prévues pour d’autres types de matériaux.
Deux carrières mécanisées pour les éléments de voirie et de pavage devraient être ouvertes à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou.
Pour la production de moellons en latérite (briques taillées), ce sont cinquante carrières mécanisées qui sont prévues pour être installées à proximité des dix premières villes du pays.
Ces dix premières villes devraient également accueillir, dans leur proximité, dix usines destinées à fabriquer des briques en argile cuite.
En termes de matériaux d’embellissement comme les carreaux, les plaques ou les blocs, chacune des roches que sont le granite, le grès, le calcaire fera l’objet d’une production spécifique. Il y aura deux unités de production de ces matériaux par roche ciblée.
De même, il est prévu deux unités de production de céramiques et deux unités de productions de terres colorantes.
Produire localement des matériaux de construction est une option judicieuse qui va permettre à la fois d’exploiter les nombreux gisements du pays en substances utilisables dans ce domaine et de réduire la facture en termes d’importation, tout en créant des emplois pour les Burkinabè. En effet, le Burkina dispose d’un important potentiel de matières comme les argiles et calcaires, les granites, les grès et de la latérite. Ces substances, qui peuvent permettre le développement d’industries telles que la cimenterie, la céramique, la peinture et la verrerie et soutenir le bâtiment, les voiries urbaines, l’assainissement, les canalisations et l’irrigation sont aujourd’hui sous-exploitées.
On dénombre à ce jour deux entreprises de production de moellons en latérite, une entreprise de carrelage et deux de production de chaux vive. C’est peu et incomplet au regard de la demande en matériaux de construction.
Du côté de la production de ciment où il existe déjà quatre cimenteries, il ne s’agit tout de même que d’unités de broyage, car la matière première (le clinker) est en totalité importée. Or, le pays dispose d’un énorme potentiel de calcaire pour produire du ciment dans un contexte où la demande est en pleine croissance.
L’industrie des roches ornementales et de la construction reste également embryonnaire. Le réseau d’environ 64 carrières est actuellement dominé par la production de granulats de granite destinés aux BTP. Par ailleurs, depuis l’abandon du «Projet céramique» dans les années 90, l’industrie de la céramique est quasi-inexistante. C’est tout ce potentiel qu’il faut mettre en valeur pour capter un gros marché estimé à plusieurs milliards de FCFA par an. Selon des chiffres fournis par la SDV ; une entreprise de transport et de logistique ; en 2017, le Burkina a importé plus de 2 millions de tonnes de clinker et de ciment pour une valeur d’environ 100 milliards de F CFA.
Des sources douanières indiquent que les importations de carrelage s’élèvent à plus de 5,5 milliards de F CFA en 2016.
Il existe également une forte demande en briques en argile cuite, en moellons de pierre latéritique, en pavés en grès, en granité ou en calcaire.

Karim GADIAGA


Création de richesses et d’emplois

Le développement des produits de carrières permettra non seulement de promouvoir et de valoriser le patrimoine architectural national, mais c’est aussi le tissu économique du pays qui sera renforcé.
Le plan d’industrialisation de la filière prévoit la création de plus 5.500 emplois directs et de 10.000 emplois indirects. L’émergence de la filière entrainera également la création de centaines de PME/PMI dans le domaine des transports. En termes de chiffre d’affaires, elle va générer plus de 100 milliards de FCFA. Elle implique aussi la réduction des importations de clinker et d’hydrocarbures de plus de 15 milliards de FCFA par an.

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Numéro d'édition: 243

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