Focus

25e anniversaire de l’Ordre des architectes « Notre objectif est de rendre accessible la fonction »

La 3e édition de la semaine de l’architecte burkinabè débute cette semaine avec une série de manifestations dont des tables rondes, des expositions et de la formation. Une des particularités de cette édition qui est celle de la relance de la semaine de l’architecte burkinabè est la présence des confrères de près de 11 pays africains pour participer aux échanges. Valérie Goungounga/Sanou, présidente de l’Ordre, revient sur les enjeux de cette activité.

La semaine des architectes démarre ce lundi sous le thème «l’architecte, votre partenaire sûr pour des constructions de qualité». Pourquoi un tel thème?
Valérie Sanou/Goungounga, présidente de l’Ordre des architectes: «L’architecte, votre partenaire sûr pour des constructions de qualité» est effectivement le thème choisi pour célébrer la 3e édition de la semaine de l’architecte (qui est une biennale), mais également le 25e anniversaire de l’Ordre. Ce thème renvoie à la disponibilité de l’architecte pour accompagner le citoyen dans ses projets. La conception est le rôle de l’architecte le plus connu, ce que l’on appelle communément «faire le plan». Le thème met l’accent sur son rôle qui va au-delà de la conception. Il s’agit d’un rôle de conseil, de suivi architectural de la réalisation, donc de la construction et de l’aménagement même du terrain. Notre objectif est de rendre accessible la fonction «architecte» afin qu’il soit réellement et régulièrement consulté dans tout projet immobilier, quelle que soit sa taille. Au-delà du client, c’est un partenaire dont l’accompagnement permet d’assurer des constructions de qualité.

Le problème, c’est que le recours à un architecte n’est pas obligatoire pour toutes les constructions. Pouvez-vous nous dire quand est-ce que ce recours est obligatoire pour construire?
Le recours à l’architecte est effectivement régi par des lois, celles portant Code de l’urbanisme et de la construction, qui déterminent le seuil du recours obligatoire à l’architecte à 150 m².

En 25 années d’existence, quels sont les acquis de votre corporation à ce jour? Combien de membres comptez-vous ?
Les acquis de la corporation à ce jour sont nombreux. Pour en citer quelques-uns, nous avons une participation active à plusieurs cadres de concertation, nous assurons le secrétariat permanent de la conférence des Ordres de l’UEMOA, nous avons contribué à écrire le Code de l’urbanisme et de la construction, les textes régissant l’harmonisation de la profession d’architecte dans l’espace UEMOA. Par ailleurs, nous avons participé à l’élaboration des textes sur les marchés publics et à la création de l’Union des architectes francophones d’Afrique. Nous sommes en train de travailler à intégrer le circuit du centre de facilitation des actes de construire pour, entre autres, certifier de la conception réelle des projets par les architectes. Tous ces acquis vont dans le sens de la promotion de la qualité architecturale pour laquelle l’Ordre a été créé. Pendant ces 25 ans, l’Ordre a inscrit à ce jour 159 membres, il en a perdu 7, malheureusement.

Est-ce qu’il y a du boulot pour tout le monde?
Il y a du boulot pour tout le monde. Le nombre d’architectes est très en deçà des besoins de la population. Il y a donc suffisamment de travail pour tous les architectes burkinabè. De plus, les architectes burkinabè exportent leurs talents à l’étranger. Nous encourageons d’ailleurs à la création d’une école d’architecture qui respecte les exigences liées à la profession afin d’augmenter le nombre des architectes au service de la population.

Aujourd’hui, les enjeux climatiques sont tels qu’il faut adapter les bâtiments. A quel niveau l’architecte intervient-il dans ce processus d’adaptation ?
Le rôle de l’architecte est essentiel dans les enjeux liés aux changements climatiques, dans un contexte où il est reconnu que le secteur de la construction est responsable d’environ 45% des émissions de gaz à effet de serre. Au niveau du Burkina, les projections du LAME/Université de Ouagadougou montrent que les changements climatiques se manifesteront, entre autres, au niveau du Burkina par un réchauffement climatique (hausses des températures minimales et maximales), des risques d’inondations causées par le manque d’aménagements planifiés et l’allongement des pluies au début et à la fin des saisons. Toutes ces questions nécessitent en amont une meilleure planification urbaine, mais également que la conception actuelle des bâtiments en tienne compte. Nous avons déjà des techniques architecturales traditionnelles vers lesquelles il faudra se tourner pour concevoir des projets bioclimatiques, c’est-à-dire adaptés au climat: éfficacité énergétique, intégration des énergies renouvelables, voilà les maîtres-mots. Ce sont des techniques connues par les architectes : meilleure orientation des projets, choix approprié des matériaux de construction (en toiture, en élévation, en fenêtres, etc.) et d’équipements non énergivores. Le rôle de l’architecte est essentiel parce que c’est lui qui conçoit le projet. Il faudrait donc que le client fasse confiance à ce professionnel assermenté dont les qualités artistiques, techniques et déontologiques imposent une rigueur certaine.

L’Ordre a traversé une crise l’année dernière. Peut-on dire que l’unité est retrouvée ?
Il est normal dans toute organisation humaine que nous n’ayons pas tous les mêmes visions ni les mêmes compréhensions. C’est cette diversité qui nous enrichit les uns les autres. La composition du conseil actuel, en elle-même, est plurielle et enrichit nos débats. Nous avons l’habitude. Cela dénote des enjeux auxquels les architectes sont confrontés. C’est encourageant et cela montre l’implication de tous pour le bien-être de la profession. Ce que nous déplorons, c’est la manière dont cela se fait parfois. Pour notre part, nous avançons et nous sommes fiers de l’engagement fraternel des confrères qui nous ont fait confiance, et nous les remercions. Des architectes nouvellement diplômés nous ont offert spontanément leurs idées pour organiser l’exposition des œuvres des architectes. Nous sommes en train de mettre en œuvre le programme d’activités 2015-2017, dont une des actions phares est la commémoration du 25e anniversaire que le président du Faso a accepté de patronner sous le parrainage du ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat. Je profite de l’occasion pour inviter tous les professionnels de l’acte de bâtir à participer à cette semaine qui est la leur. J’invite également la population à venir découvrir ce que nous faisons.Enfin, je remercie L’Economiste du Faso pour l’intérêt porté à notre profession et je félicite toute son équipe pour la qualité de ses éditions. Je l’invite, ainsi que les lecteurs, à participer aux activités.

Propos recueillis par FW


Au menu de la semaine

Les activités principales au menu de la semaine :
• Une exposition avec des projets innovants d’architectes, des sponsors et partenaires du 4 au 9 octobre
• Des tables rondes sur les thèmes suivants les 4, 5 et 6 octobre :
– Les 25 ans d’architecture /les fondations du futur
– Les échanges entre les professionnels de l’acte de bâtir
– Les défis de la transition énergétique
• Un échange avec les élèves et étudiants sur le métier d’architecte
• Des formations sur les marchés publics, la domotique, les finitions (peinture)
• Un atelier de formation sur les enduits en terre avec les femmes Kasséna (réputées pour les décorations des maisons)
• La nuit des bâtisseurs avec L’Architon pour récolter des dons en vue de la réhabilitation du centre national des personnes handicapées le vendredi 7 octobre
• Un match de football avec l’Ordre des ingénieurs contre le Presse Football Club le 8 octobre
• Une prestation de serment de nouveaux membres le 5 octobre.

Commentaires

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page