Attaques terroristes : Roch en colère

• Fermeté requise

• Rester toujours debout

 

Le souvenir est toujours vivace dans les esprits: 30 innocentes personnes froidement abattues (il y a 71 blessés) à Ouagadougou et deux autres à Tin-Akoff, dans le Nord du Burkina. Le 15 janvier 2016 restera gravé dans la mémoire du Burkina et du monde. Ceux que le représentant des victimes burkinabè a qualifiés de «sinistres individus» ont donc surgi des «ténèbres pour commettre cet acte ignoble». En leur souvenir, le Burkina a célébré une Journée d’hommages le 25 janvier dernier. Toute la nation s’est mise debout pour saluer la mémoire de ceux qui «étaient venus au Burkina pour apporter de l’expertise et tenter de réaliser leur rêve de solidarité».
Elle s’est mise debout pour saluer ces Burkinabè tombés. La journée d’hommages initiée par les autorités a ravivé l’esprit de solidarité et de fraternité. Les parents des victimes étaient là. Toute la République a répondu présente. Le public est venu à la place de la Révolution pour mettre un visage sur chacun des 32 noms. L’émotion était au rendez-vous. Le Chargé d’affaires de l’ambassade du Canada au Burkina qui a parlé au nom des 10 autres nationalités qui ont péri dans ces attentats est en colère. Il dit avoir parlé avec un «mélange d’émotion, de tristesse, de compassion, mais aussi de colère». A l’image du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, il a lancé, tout ferme: «Refusons d’abdiquer devant cette barbarie et continuons à avancer!».
Si ces 32 personnes ont rejoint l’au-delà en cette fatidique nuit du 15 janvier 2016, il reste que le monde des vivants les garde présents dans son cœur. C’est du reste ce que le représentant de l’Eglise catholique à cette cérémonie a déclaré: «Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants». Et lorsque le ministre d’Etat, de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, a procédé à l’appel nominatif des 32 victimes, l’assistance a retenu son souffle. La sirène de la mairie centrale de Ouagadougou, comme prévue, a retenti en pleine intervention du ministre d’Etat, à 10h16mn, pour la minute de silence que tout le territoire national devait observer. Cet ultime moment prend fin deux minutes plus tard, et la sirène est encore là pour l’accompagner. Le représentant de la famille des victimes burkinabè à cette cérémonie, Félix Kinda, est toujours à se demander : «Quel message ces sinistres individus véhiculent?» La communauté musulmane a été, à ce propos, clair, à travers son représentant: «Cet acte ignoble est diamétralement opposé à la foi islamique». Il y a lieu, poursuit la communauté musulmane, de «restaurer l’image ternie de notre foi en combattant le terrorisme et préserver le caractère sacré de la vie humaine. Il faut conserver un état d’esprit pluraliste», conclut-elle. En tout les cas, Félix Kinda a promis. Pour le représentant des familles des victimes burkinabè, «en s’attaquant à Cappuccino et à l’hôtel Splendid, c’est à la tolérance, à la joie de vivre et à la démocratie qu’ils (les terroristes) se sont attaqués». C’est pourquoi, en rendant hommage aux victimes, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a affirmé que «nous ne céderons à aucune pression en dépit de la grandeur de la douleur». «C’est mal connaître le peuple burkinabè qui n’a jamais marchandé son honneur depuis la nuit des temps et ne s’est jamais plié ni résigné devant ses ennemis», lâche-t-il. Le président du Faso, visiblement en colère, a saisi l’opportunité de cette journée pour rappeler que le «peuple burkinabè se mobilisera comme un seul homme pour opposer une défaite cinglante aux entreprises terroristes sur notre sol national». Roch Marc Christian Kaboré est resté ferme: «Le peuple burkinabè est plus que jamais debout pour défendre son honneur et sa dignité et pour faire respecter son indépendance et sa liberté contre toutes les forces rétrogrades qui tenteraient de lui imposer leur diktat. Il ne reste plus qu’à souhaiter avec les protestants qui ont également prié à l’occasion que «brille sur les disparus la lumière de la face du Seigneur».

Alexandre le Grand ROUAMBA


 

Roch et l’ex-RSP

Si la journée d’hommages était destinée aux morts des attentats du 15 janvier dernier, il y a que l’attaque du dépôt d’armes de Yimdi par des éléments de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) révolte encore le chef suprême des armées. Roch a été on ne peut plus direct: «Pendant que nous pleurons les morts des attaques terroristes, des soldats récalcitrants de l’ex-RSP, nostalgiques d’un passé à jamais révolu, ont attaqué le dépôt d’armes et de munitions de Yimdi, et des individus non encore identifiés se livrent à des incendies dans les marchés et boutiques, montrant à souhait leur nature d’apatrides et d’ennemis jurés du peuple burkinabè. C’est pourquoi nous ferons preuve de fermeté vis-à-vis de ces sinistres individus sans foi ni loi». Roch est vraiment en colère. C’est peu dire, car il martèle: «Et en ces moments particulièrement difficiles pour la sécurité, la paix et la tranquillité publique, où nos ennemis extérieurs et intérieurs conjuguent leurs efforts pour plonger le pays dans les ténèbres, je voudrais inviter à la lucidité et au discernement dans le combat que nous devons mener et gagner contre les terroristes de tous bords». Et d’avertir: «Chacune et chacun de nous, et tous ensemble, nous devons être les artisans de notre sécurité individuelle et collective».

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Numéro d'édition: 143

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