La table ronde a été composée de la gauche vers la droite, Pr Kibora, anthropologue, Dr Rasablga Ouédraogo, économiste, Pr Ouédraogo, biologiste, Dr Yara, sociologue. (DR)

Drame de Yirgou : «La cohésion sociale se meurt, il faut la réanimer»

• Il faut faire le bilan judiciaire

• Et sensibiliser contre les stéréotypes inter-ethniques

Suite au massacre de Yirgou qui a fait environ 76 morts, dont la majorité Peulhs, on est en droit de s’interroger sur ce qui n’a pas marché et de se remettre en question. C’est à cet effet que l’institut Free Afrik a initié un débat public le 23 janvier 2019 à Ouagadougou, sur la question «De quoi Yirgou est-il le nom?». Ce débat public avait pour objectif de trouver des réponses aux différentes interrogations suite à ce drame.
Pour ce faire, l’institut du Dr Rasablga Ouédraogo a réuni autour de la même table, des experts dans divers domaines, dont le Pr Ouédraogo, biologiste, le Pr Kibora, anthropologue, le Dr Yara, sociologue, et le modérateur, Dr Rasablga Ouédraogo, économiste. Des échanges, il ressort que les facteurs plausibles à la base du massacre à Yirgou sont un cocktail d’éléments déclencheurs comme l’assassinat d’une personne tampon par les terroristes et l’intervention du groupe d’auto-défense Koglwéogo qui apparait comme une autorité judiciaire.
Pour Dr Yara, le drame de Yirgou est un fait social total, une absurdité humaine.
Le Pr Kibora a, pour sa part, attiré l’attention du public sur une étude réalisée en 2015 par le ministère des Droits humains. Cette étude avait révélé, selon l’anthropologue, que la plupart des conflits de nature communautaire et liés à la chefferie avaient été identifiés dans la région du Centre-Nord tel que Yirgou. Ce dernier dénonce un manque d’anticipation lié à une défaillance du système de gouvernance.
Prenant la parole en dernier, le patron de Free Afrik, Dr Rasablga Ouédraogo, a expliqué cette violence par «les préjugés et idées reçues, ce qui est un conditionnement précoce sur le plan biologique». Il considère que l’Etat est le seul rempart contre ces conditionnements et ces violences. Le débat public a été l’occasion aussi pour de nombreuses personnes de faire des propositions afin qu’un drame similaire ne se répète plus. Une des recommandations les plus évoquées est qu’il est plus que crucial de régler la situation des koglwéogo au regard de leurs bavures à répétition. Une autre, celle du Docteur Ouédraogo, est qu’il faut faire le bilan judiciaire de ce drame et situer les responsabilités afin de punir les coupables à la hauteur du crime. Il est tout aussi important de promouvoir la sensibilisation interpersonnelle, d’abord, à l’échelle familiale puis élargir cette culture de la cohésion sociale à toute la société.

Ouédraogo Rachide (Stagiaire)


«La cohésion sociale se meurt, il faut la réanimer»

«De par le passé, la cohésion sociale inter-ethnique était une réalité et continue de l’être dans de nombreuses localités. En témoigne dans l’histoire, l’intronisation d’un Peulh comme Moogho Naba (empereur mossi), a afirmé Abdoulaye Diallo du Centre de presse.
Aussi, dans la région du Plateau central, le député du Kourwéogo est un Peulh. Cette situation témoigne de l’existence de la cohésion sociale bien qu’elle soit mise à mal par des exactions de certains groupes d’auto-défense.

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Numéro d'édition: 283

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