Médicaments et biens de santé : Le nombre des fournisseurs a nettement grandi

n Près d’une vingtaine d’acteurs sur la place

n La CAMEG et les privés se partagent le marché

n Entre complémentarité et concurrence

L’approvisionnement des officines pharmaceutiques et des établissements de santé en produits médicaux est aujourd’hui assuré par deux circuits. D’un côté, il y a la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques (CAMEG), structure créée par l’Etat depuis 1992. De l’autre, il y a les fournisseurs privés, qui sont à la fois dans une concurrence et une complémentarité avec la CAMEG.

Au moment de la création de la CAMEG, il y avait très peu de grossistes de produits pharmaceutiques et autres biens de santé. Le secteur, qui engendre de gros intérêts financiers, était considéré comme un cercle fermé, difficilement accessible et avec des conditions hautement exigeantes.
La création de la CAMEG et le rôle qui lui a été confié par l’Etat avaient d’ailleurs été perçus par certains des rares fournisseurs de l’époque comme une barrière inavouée à l’existence de fournisseurs privés et en inadéquation avec la libéralisation du secteur. Certaines sociétés de distribution n’ont d’ailleurs pas pu résister et ont disparu. D’autres, par contre, ont compris qu’il fallait se réorganiser et occuper le terrain sur des segments particuliers, notamment là où l’influence de la CAMEG est limitée.
L’augmentation continue de la demande des produits et biens de santé à l’échelle du pays a également contribué à créer plus de places pour les acteurs qui s’intéressent à l’activité. De ce fait, le nombre des grossistes de biens de santé s’est nettement agrandi entre le début de l’an 2000 et aujourd’hui. L’effectif des prestataires inscrits au tableau de l’Ordre national des pharmaciens du Burkina, dans la catégorie des grossistes de biens de santé, avoisine la vingtaine à ce jour.
En dehors de ce nombre connu par l’Ordre des pharmaciens, on estime qu’il y a de nombreux autres fournisseurs de biens de santé qui ne sont pas répertoriés et qui font souvent des livraisons de matériels auprès des établissements de santé, notamment privés. Sur le marché, la CAMEG fait figure de poids lourd et d’intouchable. Si aujourd’hui les privés semblent s’accommoder du statut de la CAMEG, les rapports, qui ont été pourtant conçus pour assurer la complémentarité entre les deux circuits, n’ont pas toujours été apaisés. Depuis 2000, certains acteurs ont revendiqué les conditions d’une concurrence ouverte dans laquelle la loi du marché fera son effet.
Eventualité à laquelle l’Etat et certaines organisations de la société civile se sont jusque-là opposés. La Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques a été mise en place dans le cadre de l’application de l’Initiative de Bamako. Cette Initiative est «un ensemble de réformes politiques élaborées en réponse à la dégradation rapide des systèmes de santé dans les pays en développement par les ministères de Santé réunis à Bamako au Mali en 1987 sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNICEF».
L’Initiative de Bamako est basée sur la protection et la promotion de la santé des populations à travers les Médicaments essentiels génériques (MEG) et les soins de santé primaires.
La CAMEG a reçu à sa création «une mission de service public à finalité sociale» qui consiste à «fournir aux formations sanitaires des médicaments essentiels génériques, des consommables médicaux et de laboratoire, ainsi que du petit matériel médical». C’est une exclusivité sur l’approvisionnement en MEG qui, du point de vue de certains fournisseurs, accorde un monopole de fait à la CAMEG. Cette situation a fait l’objet d’une bagarre, née en 2000, entre le ministère de la Santé et les fournisseurs privés. Tour à tour, la Commission nationale de la concurrence et de la consommation (CNCC) ainsi que la Commission de l’UEMOA avaient été saisies pour «pratiques anticoncurrentielles» sur le secteur.
Jusque-là, la situation n’a pas changé et les privés semblent résignés. L’augmentation de la demande laisse d’ailleurs de la place pour ceux qui évoluent sur les mêmes segments que la CAMEG.
Les autres fournisseurs ont choisi des produits spécifiques, en dehors de la gamme distribuée par la CAMEG. «Chez nous, il s’agit de spécialités. Nous ne sommes pas dans le domaine des médicaments essentiels génériques. De ce fait, nous ne sommes pas en concurrence avec la CAMEG», fait savoir le Dr Awi de LABOREX BURKINA, un des fournisseurs déclarés à l’Ordre national de pharmaciens. D’autres fournisseurs ont fait le choix du matériel ou des produits cosmétiques. Ils sont de ce fait les représentants locaux de grands laboratoires étrangers. A en croire les rares confidences, l’activité est très rentable et chaque acteur tient sa place.
Karim GADIAGA


 

Les privés complètent le travail de la CAMEG

Le modèle d’organisation des grossistes des produits de santé a placé les privés dans un rôle de complémentarité à celui de la CAMEG. Le circuit privé complète l’offre de la CAMEG sur les médicaments de spécialités et prend le relais en cas de d’insuffisance et de rupture des stocks de la CAMEG sur les génériques. Le principe permet aux formations sanitaires publiques de commander une molécule chez les grossistes privés en cas de rupture à la CAMEG.


 

Les grossistes de la place

Outre, la CAMEG, les grossistes privés reconnus par l’Ordre des pharmaciens sont, entre autres, Copharmeg, la Société distribution pharmaceutique du Burkina Faso (DPBF SA), Humanwell Pharma Burkina SA, Isda SARL, Laborex Burkina, Medipharm Lifecare, Meditek, Parapharma, Pharma-INT/Multi-M, Sodimed Burkina, Sodiphab, SRP SA, Sundeep Medicam SARL, Tedis Pharma, Ubipharm Burkina, Wapla, etc.

 

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Numéro d'édition: 131

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