Yembi Ouédraogo, conseiller technique principal du programme pays urbain. (DR )

Forum urbain national : Amélioration de la gouvernance

• Etablir une plateforme d’échanges entre les acteurs

• 700 participants pour un coût de 200 millions de F CFA

• Renforcer la décentralisation

Dès ce lundi 26 octobre, Ouagadougou va accueillir au même endroit 700 personnes à l’occasion du premier Forum urbain national. Cette grande manifestation placée sous le très haut patronage de Michel Kafando, président de la transition, va se dérouler 48 heures durant sous le thème: «Quelle stratégie de coordination de la coopération internationale pour le financement du développement urbain au Burkina Faso».
La croissance spontanée et non maîtrisée des centres urbains au Burkina produira des travers sociaux préjudiciables au développement harmonieux de l’ensemble du pays. Dans le contexte d’une urbanisation galopante irréversible, la prise en charge au niveau national et local des problématiques urbaines recouvre désormais une grande importance, d’où la tenue du Forum urbain national dès ce lundi à Ouaga 2000.
Pour le conseiller technique principal du Programme pays urbain, Yembi Ouédraogo : «Le Forum urbain national s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de l’habitat et du développement urbain qui avait été adoptée en 2008». Pour lui: «Après cette adoption, il a été prévu que l’on organise un cadre de concertation chaque deux ans pour réunir les acteurs en charge du développement urbain afin qu’ils puissent échanger sur les problématiques du secteur. Pendant longtemps, le financement a fait défaut, ce qui n’a pas permis de mettre véritablement ce chantier en route. A la faveur du Programme pays urbain qui est un programme conjoint cofinancé par ONU-habitat et Cities Alliance, cette possibilité de créer cet espace de dialogue s’est présentée».
Cette tribune permettra donc aux différents acteurs d’échanger sur des problématiques comme l’accès aux services urbains de base et sur les questions des outils de planification, de l’accès au logement décent.
Des fora urbains municipaux ont été précédemment organisés dans 5 villes du Burkina (Tenkodogo, Dori, Dédougou, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou). C’est à l’issue de ces fora qu’un certain nombre de problématiques a été identifié et qui devaient être approfondies au niveau national. Ces problématiques tournent autour des services urbains de base, la planification participative, c’est-à-dire comment associer les organisations de la société civile à l’élaboration de politiques publiques et la façon dont on renforce la capacité des municipalités pour la mobilisation des ressources. Ces problématiques seront donc reversées au niveau du forum national.
Selon le conseiller technique principal du Programme pays urbain, ce forum va surtout s’appesantir sur la stratégie de coordination de l’intervention des Partenaires techniques et financiers (PTF) au niveau des villes. L’une des grandes problématiques qui ont été soulevées lors des forums urbains, ajoute-t-il, est que «les PTF interviennent dans les grandes villes, mais il manque une action concertée de toutes ces interventions». Le rendez-vous de Ouagadougou permettra donc à l’Etat, aux PTF, aux OSC de se mettre dans un segment de haut niveau pour échanger sur les rôles et responsabilités des uns et des autres dans ces appuis internationaux. De ces échanges sortira une feuille de route qui va permettre de clarifier, dorénavant, les priorités des collectivités qui doivent être en phase avec les interventions des PTF.
Des 700 participants à ce forum , on comptera les représentants de l’Etat, les différents départements ministériels qui interviennent directement ou indirectement dans le secteur urbain , les collectivités locales (véritables acteurs de la mise en œuvre de la politique de l’habitat au niveau local), les organisations de la société civile (à qui on veut donner un rôle central dans l’élaboration des politiques publiques), les PTF, les leaders d’opinion, les organisations professionnelles du secteur que sont les architectes, les urbanistes, les ingénieurs géomètres et le secteur privé, sans oublier tous les gouverneurs de région. Ce forum, financé par le Programme pays urbain en partenariat avec l’Etat, coûtera environ 200 millions de F CFA.
Alexandre Le Grand ROUAMBA


Un forum, une particularité

Quelle sera la particularité de ce forum? Yembi Ouédraogo précise: «Généralement, lors des différents fora qui sont organisés, c’est un rapport général qui sanctionne la fin des travaux. La particularité du Forum urbain national est qu’il sortira avec une déclaration qui va être signée par toutes les parties prenantes. L’Etat sera représenté par le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme et le ministre de l’Administration du territoire, les collectivités locales seront représentées par les PTF des villes de Dori, Dédougou, Tenkodogo, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et l’association des municipalités. Au titre des organisations de la société civile, il y aura les organisations professionnelles du secteur que sont les architectes, les urbanistes, les ingénieurs géomètres, la coalition nationale pour l’Habitat et les Partenaires techniques et financiers qui vont tous s’engager dans la mise en œuvre des recommandations de ce forum. A l’issue de cette déclaration, un comité de suivi sera immédiatement installé par le chef de l’Etat ou son représentant. C’est ce comité qui va véritablement prendre en main les différentes recommandations qui seront contenues dans la déclaration. Le bilan de la mise en œuvre de cette déclaration sera fait au prochain Forum urbain national qui va se tenir en 2016 à Bobo-Dioulasso». La mise en œuvre des recommandations qui seront donc issues de ce forum incombera à des parties prenantes précises pour un besoin de suivi et d’évaluation.

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Numéro d'édition: 129

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