Martin Sawadogo, patron d’une entreprise de Btp et président du Collectif, estime que le projet d’intégration du secteur des mines à la CCI-BF est une «alliance stratégique» pour contrôler le maximum de sièges en vue d’une élection programmée du président de l’institution. (DR)

Renouveau de la Chambre de commerce Grosse désillusion pour le Collectif

• Le changement voulu n’aura pas lieu

• Les dés seraient déjà jetés

• Toujours pas de date pour les élections

La configuration et la future animation de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) en reformatage vont-elles satisfaire les attentes? Parviendra-t-on à lui faire porter l’esprit du changement post-insurrectionnel pour lequel la dissolution de l’Assemblée consulaire est intervenue en décembre 2014? On ne pourra véritablement donner une réponse tranchée que lorsque tout le travail de relecture des textes en cours et les élections consulaires à suivre seront terminés. Mais d’ores et déjà, il y en a qui ne se font guère d’illusions sur une issue intéressante du chantier en cours. Après avoir mené victorieusement la lutte pour le changement, le «Collectif des professionnels pour une Chambre de commerce assainie» est aujourd’hui amer sur ce qui se profile à l’horizon.

Conviés, fin juillet dernier, à une rencontre pour l’amendement des projets des statuts préparés par l’expert commis à la rédaction des nouveaux textes de l’institution consulaire, les membres du Collectif en sont sortis déçus. Sur 21 articles des statuts sur lesquels le Collectif a porté des amendements, il estime que «seuls quelques-uns» ont été pris en compte. «On s’était dit que désormais au Burkina plus rien ne sera comme avant. Mais sur ce qui se prépare à la Chambre de commerce, les choses seront pires qu’avant», regrette amèrement Martin Sawadogo, patron d’une entreprise de BTP et président du Collectif.
Pour lui, il est clair que les dirigeants de la transition ne veulent pas «d’un changement qui rime avec transparence, fin des passe-droits et autres affairismes à la CCI-BF». Le ministre en charge du Commerce et de l’industrie est notamment cité pour son «manque de volonté apparent» de réaliser ce renouveau.
«Certes, les autorités nous ont suivis en décidant de la dissolution de l’ancienne Assemblée consulaire, mais tout ce qui a été fait après n’est pas allé dans le sens d’une vraie volonté de changement», explique Martin Sawadogo. «Déjà, pour la mise en place de la délégation spéciale, nous avions proposé une Assemblée transitoire composée de 30 personnes représentant les différents secteurs d’activités et les différentes régions économiques. En lieu et place, les autorités ont décidé d’une délégation spéciale de 5 membres dont la neutralité de certains fait débat». Outre cette situation restée en travers de la gorge des membres du Collectif, c’est le choix de l’expert chargé de la relecture des statuts de la CCI-BF qui les laisse perplexes.
Selon Martin Sawadogo, le choix de Benoît Ouattara, ancien directeur général de la Chambre du commerce et ancien ministre en charge de Commerce et de l’industrie, pour la relecture des textes n’est pas judicieux. Il prête à l’expert Ouattara des relations avec un candidat pressenti au poste de président de l’institution consulaire. Lesquelles relations auraient influencé le contenu actuel du projet de statuts. «Le texte est taillé sur mesure et vise à favoriser l’élection programmée d’un candidat, et sa conséquence ne sera que le pillage des commerçants burkinabè», affirme Martin Sawadogo. «La Chambre de commerce dispose d’infrastructures-clés comme les magasins et les terminaux à conteneurs. Ce sont des passages obligés pour tous en matière d’importation, et cela implique des taxes pour les commerçants. Pourtant, la gestion de ces infrastructures est attribuée de manière opaque. Pour passer des marchés, la CCI-BF a conçu son propre manuel de procédures que personne ne connait. Nous avons demandé, sans succès, que les marchés de la CCI-BF soient soumis à la réglementation générale des marchés publics. Le code d’éthique que nous avons aussi demandé a juste été évoqué sommairement dans le règlement intérieur», se désole le président du Collectif. Le «manque de transparence» dans le fonctionnement et la gestion des biens et des ressources financières de la CCI-BF avait été l’un des principaux griefs du Collectif contre l’ancienne équipe dirigeante. Dans le but de faire le point sur les manquements et de donner une nouvelle orientation à l’institution, un audit de la gestion antérieure a été réclamé lors des manifestations pro-dissolution, en vain. A en croire le Collectif, le ministre de tutelle, Hippolyte Dah, a opposé une fin de non-recevoir à cette requête. «Pour qui roule donc le ministre?», se demande Martin Sawadogo qui ne manque pas de se faire une réponse à travers ses propres observations. Nos tentatives d’avoir le ministre du Commerce n’ont pas encore abouti. A suivre.o
Karim GADIAGA


Probable nouvelle rallonge pour la délégation spéciale

Le mandat de 6 mois des membres de la délégation de la CCI-BF, qui devait prendre fin en juin dernier, a été prorogé jusqu’au 31 octobre prochain. L’idée était de pouvoir organiser les élections des nouveaux membres de l’Assemblée, du bureau et du président de l’institution consulaire bien avant cette échéance.
Mais selon toute vraisemblance, en raison de la tenue des élections présidentielle et législatives, il ne sera pas possible d’organiser les élections consulaires avant fin octobre 2015. On s’achemine donc vers une nouvelle prorogation du mandat de la délégation spéciale. De ce fait, c’est probablement en 2016, après les élections municipales, qu’auront lieu les élections à la Chambre de commerce. Ce serait donc le nouveau pouvoir qui se chargera de l’organisation de ces élections qui impliquent les milieux du commerce, de l’industrie et des services.

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Numéro d'édition: 123

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