«Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a loué l’esprit de coopération Sud-Sud entre la HACA et le CSC», a affirmé, à notre micro, Latifa Akharbach, présidente de la Haute autorité de la communication et de l’audiovisuel du Maroc (HACA) .(DR)

Partenariat Sud-Sud : Un nouveau centre de monitoring des médias au CSC

La coopération entre le Maroc et le Burkina Faso est excellente. Le dernier acte en date qui traduit cette excellence est la signature d’une convention de partenariat entre la Haute autorité de la communication et de l’audiovisuel du Maroc (HACA) et le Conseil supérieur de la communication (CSC) en juillet 2019. 6 mois après, ce partenariat est entré dans sa phase de concrétisation, avec l’accompagnement de la HACA dans l’installation d’un tout nouveau processus de régulation désormais automatisé.
Il s’agit du système de monitoring qui permettra au régulateur burkinabè de mieux suivre les programmes des radios et télévisions. Le lancement du nouveau système a eu lieu le 27 décembre 2019 à Ouagadougou, en présence de la présidente de la HACA, Latifa Akharbach. Celle-ci a dévoilé les contours et l’importance d’un monitoring, surtout en période électorale pour le Burkina Faso, a travers cette interview qu’elle a accordée à L’Economiste du Faso, le 28 décembre 2019. Lisez plutôt!

L’Economiste du Faso : Quelle est l’importance pour le CSC de posséder un centre de monitoring ?
Latifa Akharbach, présidente de la Haute autorité de la communication et de l’audiovisuel du Maroc (HACA): L’ouverture de ce nouveau centre de monitoring entre dans le cadre d’un partenariat de convention que la Haute autorité de la communication et de l’audiovisuel du Maroc (HACA) entretient avec le CSC qui a été signé en juillet dernier.
C’est une coopération innovante, parce qu’elle se propose d’outiller le régulateur burkinabè pour mieux garantir l’expression plurielle des opinions dans les médias audiovisuels publics et privés. Avec cet outil, le régulateur pourra mieux suivre ces paramètres très importants pour le renforcement de la démocratie dans sa composante de pluralisme d’expression. Les régulateurs burkinabè comme marocain, qui croient à la démocratie, sont au service de la qualité de la communication institutionnelle et leur objectif est de servir l’intérêt public dans le domaine de la communication audiovisuelle et de faire en sorte que le citoyen soit servi et que ses attentes soient comblées, notamment, le respect de son droit à la liberté d’expression et à l’accès aux informations de qualité.

Dites-nous, concrètement, comment ce partenariat a été noué et quelle est la prochaine étape de la coopération entre la HACA et le CSC ?
Il faut dire qu’avant, l’ancien centre de monitoring du CSC était mal outillé, mal équipé, des machines qui ne fonctionnaient pas. Un matériel qui n’a pas été rénové et un problème de formation des ressources humaines. Quand on a signé la convention, il y a eu une délégation du CSC du Burkina Faso qui est venu au Maroc pour voir le fonctionnement de la HACA et l’équipement du monitoring. Cette visite a débouché sur une formation gratuite des cadres du CSC, à travers une mise à niveau professionnelle. Après la convention, le CSC a pu avoir le budget financier nécessaire pour s’équiper en matériel de qualité et adapté.
Les experts marocains sont venus au Burkina Faso assurer l’installation, et une formation sur site, suivie des simulations, ont été dispensées pendant plusieurs semaines. L’équipe burkinabè est désormais mieux outillée pour assurer la continuité.
Ce qui est intéressant avec cette coopération Sud-Sud qui est bâtie sur la vision du Roi marocain Mohamed V et du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.
Laquelle vision repose sur le développement, la solidarité, le renforcement de la démocratie…
Il s’agit donc de contribuer à renforcer la démocratie ?
Les régulateurs ne sont pas des experts des médias, ce sont des acteurs de la contribution démocratique, car leurs actions visent, d’une part, à garantir la liberté d’expression de tous les promoteurs des médias, et d’autre part, à accompagner ces promoteurs pour qu’ils respectent les principes de leurs cahiers de charges qu’ils ont signés et qui sont devenus des engagements qui s’imposent à eux. C’est une coopération à bénéfice multiple, une coopération dont la finalité est le renforcement de la démocratie et la garantie du droit du citoyen africain à l’accès aux contenus médiatiques de qualité et respectueuse des principes démocratiques.

Est-ce une coopération ponctuelle ?
Selon la convention, cette coopération n’est pas ponctuelle, elle prévoit plutôt des concertations régulières, des visites de travail, du partage d’expérience, des formations continues. Dans quelques mois, les équipes de la HACA reviendront au Burkina Faso pour former l’équipe régionale du CSC de Bobo-Dioulasso, parce qu’un de nos principes d’action, c’est d’assurer une équité territoriale en matière de régulation dans le déploiement de l’offre audiovisuelle. Le service public de l’audiovisuel doit être accessible à tous et les missions de service public, d’éducation, d’information et de divertissement sont des droits pour les citoyens.

Quelle est la lecture du président du Faso qui vous a reçue le 27 décembre 2019 au palais de Kosyam, sur la liberté d’expression et l’installation du monitoring ?
J’avais été reçue par le Premier ministre lors de la signature de la convention de partenariat. A cette occasion, le président du CSC et moi-même avions pris l’engagement d’accélèrer cette coopération, et après quelques mois de travail, je me réjouis de la concrétisation du lancement du nouveau processus de régulation automatisé. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a loué l’esprit de coopération Sud-Sud entre la HACA et le CSC. Nous avons profité de cette audience présidentielle pour expliquer le contenu de ce projet qui est le renforcement de l’expertise et de l’efficience du régulateur en tant qu’instance autonome dédiée à la promotion de la liberté de la communication audiovisuelle et à la promotion des standards promotionnels.

Propos recueillis par ACS


Comment ce monitoring peut-il s’appliquer pour les cas des médias en ligne ? La question a été posée à la présidente de la HACA et voici sa réponse :

«La régulation des contenus numériques est un chantier à peine ouvert. Certains pays européens établissent des lois sur les fack news, les discours de haine, mais aucun pays n’a encore engrangé de résultats probants. C’est encore un chantier de réflexion. C’est pour cela que la HACA va organiser, les 30 et 31 janvier 2020 prochains à Rabat au Maroc, dans le cadre de son mandat de vice-président du Réseau des instances africaines de régulation de la communication et aussi membre du Réseau francophone des régulateurs des médias, une grande conférence internationale sur la «régulation à l’ère numérique». On va essayer de décortiquer s’il y a besoin de refondation de la régulation, puisque la révolution numérique a fait qu’il n’y a pas que les opérateurs seulement qui émettent, les citoyens sont devenus aussi des émetteurs d’informations. Est-ce que les outils de la régulation classique sont encore de mise ? Quels types de contrôle le citoyen lui-même peut exercer sur les plateformes numériques ? La vraie question est de savoir comment les régulateurs des médias doivent améliorer leur performance en tant que prescripteur de l’autorégulation ».

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Numéro d'édition: 327

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