Wilfried Ilboudo, boursier de la coopération taïwanaise (à l’extrême droite), avec un membre de la mission Energie, lors d’une visite d’entreprise. (DR)

Ressources humaines : Le made in Taïwan arrive

• 87 étudiants en formation cette année

• 14 en fin de cycle

• Les secteurs de pointe concernés

Wilfried Ilboudo, 24 ans, se fond dans le paysage de Taipei. Au mandarin impeccable appris pendant un an dans un institut de langue à Taïwan dédié aux étudiants étrangers, c’est un guide parfait pour les hommes d’affaires de passage sur la grande île. Cela fait quatre ans qu’il habite le pays, mais il reste assez doué pour dénicher une bonne adresse sur toute la capitale taïwanaise : un restaurant, un commerce, une entreprise…Au besoin, il se sert du GPS de son téléphone portable pour satisfaire ses invités. Son sac scotché sur son dos, il donne l’impression d’être pressé de passer toujours à autre chose. Cet étudiant burkinabè prépare un Bachelor et profite des congés pour jouer aux interprètes pour certains chefs d’entreprise en prospection dans la capitale de la République de Chine.

Ce qui fait dire à Emma Kaboré, DG de Rosiad Sarl, que «le petit est devenu Chinois». Pendant 4 heures, c’est lui qui a servi d’intermédiaire entre M. Kaboré et son partenaire Daniel Yang, patron de UDM group, un des leaders en matière d’équipements de production d’énergie qui fournit Taïpower, la société nationale d’électricité,et qui veut s’installer au Faso et plus largement en Afrique de l’Ouest pour distribuer ses produits. Dans le même registre et avec une bonne dose d’expérience, l’homme au chapeau,Patrick W.Rouamba. Pas très grand, anglais et mandarin sont pour lui les langues de travail. Après ces études, ce jeune qui frôle la trentaine bien sonnée aujourd’hui joue les prolongations dans une grosse boîte de la place. Cela fait une dizaine d’années qu’il y est installé. Titulaire d’un MBA, il exerce aujourd’hui dans la logistique dans une grosse compagnie locale : Green master international freight services Ltd. Il est toujours à l’école taïwanaise du business. Présent aux rencontres B to B du 28 juillet, il officiait pour sa société aux côtés de ses collègues taïwanais. Il est annoncé en septembre au Faso dans le cadre d’une tournée sous-régionale. Wilfried Ilboudo, lui,compte parmi les nombreux jeunes Burkinabè qui ont choisi Taïwan pour leurs études. Cette année, ils sont autour de 87, dont 14 en fin de cycle selon le 2e conseiller de l’ambassade du Burkina à Taïwan.La coopération avec Taipeh, depuis une dizaine d’années, offre des bourses à cet effet dans des secteurs de pointe.En quelques années, plus d’une centaine d’étudiants en ont bénéficié.
Certains ont décidé de tenter l’aventure en s’installant à Taipeh en attendant, d’autres sont rentrés et servent leur pays. Mamadou Ouattara en est un bel exemple. Titulaire d’un master en commerce international obtenu à Taipei en 2006, il est d’abord recruté par le service économique de l’ambassade de Taïwan. Aujourd’hui, il accompagne la délégation d’hommes d’affaires burkinabè pour le compte de la Chambre de commerce où il exerce à la direction du développement du commerce et de la coopération. Formaté dans le moule taïwanais, il sert de tampon aujourd’hui entre la coopération taïwanaise et la Chambre de commerce. Sa connaissance de l’environnement et de la langue ont été d’un apport aux membres de la délégation. Pour l’instant, tout comme son ainé M. Ouattara, Wilfried Ilboudo est dans cette dynamique de revenir servir son pays, surtout avec le boom de la technologie solaire. Un retour sur investissement ? Avant, il voudrait bien aller jusqu’au master.

AT


Chez Samba

«Samba‘s place», 92-2 sec 1 Fuxing S. road. A cette adresse, un bout de l’Afrique en plein cœur de Taipei. Le dépaysement gastronomique y est garanti. Pas très grand, ce restaurant ne peut accueillir plus de 20 convives. Entre les menus occidentaux et asiatiques qu’offre le très chic hôtel Howard Plaza où étaient logés les chefs d’entreprise, les plats à réchauffer des superettes «7 Eleven» et le tiep, le yassa et la soupe de viande de bœuf de chez Samba, certains n’ont pas hésité longtemps à tenter un retour aux sources. Ce petit restaurant est l’œuvre d’un jeune Sénégalais. Depuis 3 ans, il y offre des menus africains, aux côtés de sa compagne taïwanaise. Parti de son Sénégal natal depuis bientôt 20 ans, Samba a trouvé son point de chute à Taïwan, en provenance des Etats unis.


Discrets Burkinabè

Quand on est à Taipeh, la visite à l’ambassade du Burkina Faso à Taipeh est un détour souvent utile. Le personnel de l’ambassade ne dépasse pas une vingtaine de personnes. La représentation gère environ une centaine de Burkinabè, essentiellement des étudiants boursiers et des militaires en formation. En dehors de ces deux groupes, les Burkinabè résidents ne dépassent pas 20 personnes. En termes d’émigration, l’île n’est pas une destination privilégiée des migrants. Le niveau de vie y est très élevé et il faut être bien formé pour prétendre décrocher un job expliquent le colonel-major Parkouda, chef du bureau militaire, et M. Traoré, premier conseiller de l’ambassade, recevant la délégation d’hommes d’affaires de la mission commerciale.

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Numéro d'édition: 122

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