Groupes électrogènes: Un marché florissant

. La parade bruyante contre les délestages

. Investissement obligatoire pour les entreprises et les services

William Prosper Nikiéma, responsable de la communication de la Sobelec. (Ph.: S.O)

William Prosper Nikiéma, responsable de la communication de la Sobelec. (Ph.: S.O)

Le temps de la chaleur rime avec des délestages incessants, provoquant souvent la colère des citoyens. C’est une période de forte demande en électricité. La nationale d’électricité a du mal à satisfaire la demande et finit le plus souvent par servir les clients par intermittence, avec à la clé des programmes de délestages.

Certains citoyens (vendeurs, entrepreneurs et particuliers) et certains services qui utilisent l’électricité en continu ont opté pour les groupes électrogènes ou les plaques solaires. Les vendeurs et les réparateurs de ce matériel font face à une forte demande, tandis que les utilisateurs s’activent pour l’acquérir ou le réparer pour «éviter les éventuels désagréments». De la Sobelec à la Sobuco en passant par les vendeurs particuliers, le marché des groupes électrogènes se porte relativement bien.
Selon le responsable à la communication de Sobelec, William Prosper Nikiéma, les groupes électrogènes utilisés dans les domiciles sont les plus demandés. Malgré le coût, l’entretien, ajouté à la rareté des réparateurs, les Ouagalais font confiance à ce matériel autrefois réservé aux riches. Le prix des groupes électrogènes varie entre 750.000 et 8.500.000 FCFA, selon que l’on veut l’utiliser à la maison ou dans l’entreprise, indique M. Nikiéma.
Les groupes électrogènes installés dans les entreprises servent le plus souvent à assurer le relais automatique en cas de délestage. «Le coût d’achat de ce type de machine et son installation avoisinent 9 millions de F CFA. Elle requiert un suivi permanent afin d’éviter qu’il ne manque du carburant dans le moteur», explique un patron d’entreprise qui a requis l’anonymat.
Du fait de sa taille et de son coût élevé, les vendeurs ne disposent pas de cette machine en vente sur place. «Les entreprises nous expriment leurs besoins et nous commandons la machine pour elle», explique Hamadé Kindo, vendeur de groupes électrogènes. Les groupes électrogènes «moyens», que les particuliers achètent pour assurer le minimum en cas de délestage, sont les plus demandés sur le marché. Ils sont également les plus présents actuellement chez les réparateurs.

Un mal nécessaire

Les groupes électrogènes moyens pour les familles sont les plus demandés actuellement. (Ph.: S.O)

Les groupes électrogènes moyens pour les familles sont les plus demandés actuellement. (Ph.: S.O)

«J’ai 2 poissonneries à Ouagadougou. Un délestage prolongé peut causer d’énormes dégâts dans ce commerce. C’est pourquoi, je suis venue acheter ce groupe électrogène parce que je suis certaine que les délestages ne vont pas tarder», indique madame Bakayoko. Pour Bertrand Guigma, gérant de maquis, le groupe électrogène «est un mal nécessaire». Selon lui, le temps de chaleur est un moment où tous les clients exigent de la boisson très fraiche. «Avec les délestages à répétition, il est impossible d’avoir de la glace chez les vendeurs. Donc, j’étais obligé de me débrouiller pour avoir le groupe. Mais chaque fois que je dois démarrer, il me faut 2 à 3 litres d’essence par heure, pendant que le prix de la boisson reste en l’état. C’est juste pour que les clients ne changent pas de coin».
Ali Dipama reconnaît l’avantage du groupe électrogène dans sa cour, mais il assure que : «Economiquement, il ruine plus que l’électricité fournie par la Sonabel. Ma machine consomme de l’essence. Avec un peu de recul, je me rends compte que c’est une dépense de plus parce que bien que je ne démarre que de temps en temps la machine, ma facture ne baisse pas. En plus, elle produit un bruit assourdissant dans la cour».
Après «calcul», Hamed Zoungrana a préféré installer des plaques solaires chez lui au lieu d’acheter un groupe électrogène «qui coûte très cher, qu’il faut nourrir en carburant à chaque fois et qui fait trop de bruit». Le coût total de ses installations n’excède pas 600 mille francs CFA, dit-il. «Puisse qu’on parle de canicule, alors je ne crains rien étant donné que mes installations se nourrissent du soleil», assure-t-il.


La consommation des groupes électrogènes difficilement maîtrisable

Au garage Faso Electro-mécanique (Fem), la spécialité de l’équipe, c’est la réparation des groupes électrogènes. Selon le responsable du garage, «présentement, les groupes électrogènes de domicile sont en train de sortir. Au même moment, les entreprises appellent pour que nous venions pour la maintenance des groupes électrogènes installés en leur sein».
Selon lui, la consommation des groupes électrogènes dépend du calibrage de la machine et du nombre d’appareils en marche dans les locaux alimentés par le groupe. Il indique que celui qui met en marche des climatiseurs, des frigos, des ampoules, la télévision ou la radio, etc., peut dépenser 2 ou 3 litres d’essence par heure.
Par contre, pour les groupes électrogènes de grands calibres installés dans les entreprises, la consommation en gasoil peut ne pas excéder 2 litres /heure bien que tous les équipements soient en marche. Pour l’instant, au regard des prix, des coûts d’entretien et du budget de fonctionnement, le groupe électrogène ne reste qu’à la portée des structures, notamment à but lucratif, et des foyers ayant un niveau de vie au-dessus de la moyenne.

S.O

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Numéro d'édition: 96

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