Dossier

Déchets plastiques: Un projet de toitures écologiques

Derrière la lutte contre la prolifération des déchets plastiques non biodégradables, se cache une idée généreuse celle de rendre confortable nos habitats d’un point de vue thermique dans une région du Sahel réputée pour ses pics de températures insupportables. Ce projet, «Toiture économique et écologique», dénommé Teco² (lire Teco au carré), est une initiative d’un jeune étudiant du 2iE. Calvin Nsunfo Tiam, c’est son nom, est en train de mettre en place une technologie de transformation des déchets plastiques non biodégradables en toiture pour habitat. Le projet est prometteur. «L’idée, c’est de pouvoir répondre à des besoins sociaux de façon durable. Les toitures actuelles sont en tôle alu et leurs propriétés ne répondent pas à nos conditions climatiques. Notre approche consiste à résoudre cet inconfort thermique et parallèlement débarrasser notre environnement de ces déchets non biodégradables en leur donnant une seconde vie», explique Calvin Nsunfo Tiam. Un toit isolé apporte 30% de la chaleur et un toit non isolé va au-delà de 30%, voire 50% s’il n’y a pas de ventilation. Dans nos maisons, on est obligé d’avoir des faux plafonds sinon, ce sont les 50% de la chaleur que vous recevez argumente-t-il.

Les toitures Teco² se proposent donc de mieux isoler les habitations. Des échantillons qui sont sortis des laboratoires du 2iE confirment la pertinence de l’initiative. Selon M. Nsunfo, le promoteur, sur le plan technique, le projet est calé. «C’est sur le plan économique que nous planchons pour trouver la ligne optimale pour la production».
Dans l’agenda de Teco², il s’agit de fabriquer les toitures grandeur nature ainsi que les maisons témoins, prélude indispensable à la phase de production. Cette opération est prévue entre la fin du mois de septembre et début octobre.
La question qui brûle toutes les lèvres est de savoir si le prix de la toiture Teco² sera concurrentiel par rapport à celui de la feuille de tôle. Cette dernière coûte actuellement entre 4.000 et 7.000 F CFA selon la qualité. Les responsables du projet sont conscients de ce défi : «Nous avons constaté que la force de pénétration de notre produit dépendra de son accessibilité aux populations. Notre modèle est théorique pour l’instant, c’est seulement après la première production des prototypes que l’on pourra déterminer le prix moyen. Les prix sont fonction des volumes de production». Il rassure : «Sinon, a priori, le coût sera abordable».
Enclenché depuis 2012, le projet Teco² suit avec intérêt l’évolution du dossier de l’interdiction d’importation des sachets plastiques. Pour le projet, c’est une bonne initiative, mais il s’interroge sur ce qu’on fait des déchets récoltés. C’est dans ce segment que compte intervenir Teco², la transformation de ces déchets. L’interdiction d’importer le sachet plastique n’est donc pas perçue comme un obstacle à la pérennité de l’entreprise à créer:
«La difficulté aujourd’hui, ce n’est pas la loi sur les déchets; ceux déjà produits peuvent alimenter des usines pendant longtemps. Notre principale crainte, c’est plutôt de voir comment intégrer le programme du ministère pour dynamiser le secteur de la transformation, assurer un triage de qualité et surtout, sécuriser la matière première qui existe». Rendez –vous est pris pour octobre afin de voir à quoi ressemble les prototypes, ainsi que les maisons témoins.


2iE, laboratoire d’idées nouvelles

«L’incubateur du 2iE est notre principal soutien depuis. La recherche est coûteuse, mais il faut passer par là pour éprouver les aspects écologiques et sanitaires. L’incubateur est un passage obligé, mais après on le quittera pour lancer l’entreprise. Nous y réfléchissons déjà», explique Calvin Nsufo Tiam, promoteur du Teco².
Le projet est révélé au public en 2012 lors du concours de l’entrepreneuriat social étudiant (GSVL) organisé par la chaire entrepreneuriat social de l’Essec, Buisines School et de Berkerley, University of California, où il a été finaliste. Il entre aujourd’hui dans une phase décisive et si tout va bien, il entrera dans le sillon d’un autre projet, FasoPro, sorti de l’incubateur d’entreprises du 2iE qui lance, en ce mois de septembre, la phase pilote de commercialisation de chitoumou en conserve, «ToumouDélices».o

FW

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