Affiches anarchiques : le difficile combat de la Mairie de Ouaga

• Malgré les opérations de nettoyage et la sensibilisation

• L’incivisme demeure

• Méconnaissance des textes et les taxes en cause

La ville de Ouagadougou est inondée par des affiches à tous les niveaux. La Police municipale, en collaboration avec l’autorité communale, procède à des campagnes d’assainissement de façon récurrente. Mais ces sorties semblent être vaines, car le phénomène persiste.
Sur la question, l’Inspecteur de Police municipale, chef de service des Unités piétonnes d’intervention à la Direction de la Sécurité publique, Louis Naré, nous explique les faits.
Pour lui, il est du devoir de l’autorité communale de rendre la ville belle et de préserver également les citoyens d’éventuelles conséquences liées à ces affiches. La Police municipale travaille à accompagner les pouvoirs publics au respect de la règlementation, des bonnes mœurs et tout ce qui entre dans le cadre du bon ordre de la ville de Ouagadougou. L’arrêté N° 2020-156-CO/M/CAB du 16 juillet 2020 portant règlementation de la publicité dans la Commune de Ouagadougou et l’arrêté N°2020. 157 portant cahiers de charges relatifs à l’exploitation de l’espace publicitaire de la Commune de Ouagadougou donnent quitus d’harmoniser les affiches. Selon lui, certains acteurs ignorent que leurs actions sont d’ordre publicitaire. Or, conformément à l’arrêté N°2020-156 dans son chapitre II, les articles 4 et 7, la publicité est définie comme tout support dont l’objet est de recevoir un message publicitaire fait sous forme d’image, de dessin et de photo destiné à informer le public ou à attirer son attention dans un but commercial ou non. Pour l’officier de Police municipale, c’est une preuve d’incivisme, car les auteurs, même connaissant la règlementation, contournent la loi pour passer leurs informations sans payer les taxes. A cet effet, 90 à 95% sont des personnes qui ont déjà été interpellées à plusieurs reprises mais qui persistent dans la pratique illégale.
Des « afficheurs » évoquent le coût élevé des taxes comme cause des affiches sauvages. « Chef Naré » pense que si cela était le cas, un dialogue est à envisager, car l’objectif n’est pas de brimer mais d’organiser les choses. L’Agence de développement économique urbain (ADEU) est en charge de la gestion du secteur de l’affichage public. Selon son Directeur général, Edouard Bouda, « l’affichage sauvage » est fait par ignorance pour certains et par incivisme pour d’autres. Des opérations de nettoyage sont effectuées 02 fois/semaine, en vue d’éradiquer le phénomène.
C’est ainsi que de 2015 à 2022, il y a une diminution significative des affiches sauvages. Pour mettre un terme à cette pratique, l’ADEU prévoit de multiplier les opérations de nettoyage d’affiches anarchiques, persévérer dans la sensibilisation et la conscientisation de la population et procéder à des sanctions conformément à la règlementation. Interrogé sur le sujet, un ingénieur informaticien, promoteur des formations en informatique depuis 2017, M. Ilboudo Gérard, dit avoir été victime de l’assainissement effectué par la Police municipale en novembre 2021. Il justifie cela par un manque d’information sur les règlementations des affiches publicitaires. Cependant, le hic, est qu’après s’être informé auprès des autorités sur les procédures pour se conformer aux règles, M. Ilboudo continue dans les affichages illégaux. Pourquoi un tel comportement ? Il estime être dans l’incapacité, pour l’instant, de payer une taxe de 150.000 FCFA /mois, à raison de 5.000FCFA/jour, car il est difficile d’avoir des candidats pour suivre la formation. Toutefois, il promet d’entrer en règles dès que possible. Mais, il lance un appel aux autorités en charge de la publicité d’alléger les taxes pour permettre à tous d’accomplir leur devoir de bon citoyen en payant les taxes.
Flora SANOU (Collaboratrice)

 

Encadré

Arrêté N°2020-156-CO/M/CAB portant règlementation de la publicité dans la Commune de Ouagadougou

Chapitre III : Des zones de publicité interdite
Article 24 : Les zones de publicité interdite dites zones rouges sont des lieux où l’implantation de panneaux publicitaires, l’apposition d’affiches et de banderoles est strictement interdite. Il s’agit :
– des zones réservées à l’administration publique, sauf les panneaux érigés par l’Etat et ses démembrements à des fins d’information ou d’indication de leurs services au public;
– des zones et sites protégés ;
– Des immeubles présentant un caractère esthétique, historique ou pittoresque ;
– des feux tricolores ;
– des panneaux de signalisation routière, ferroviaire ou aéronautique ;
– des poteaux de transport et de distribution électrique ;
– des poteaux de télécommunication ;
– le long des murs des établissements scolaires, des murs des hôpitaux et autres centres de santé ;
– le long des murs des cimetières ;
– des monuments.

Article 25 : La publicité sonore est interdite à proximité :
– Des établissements hospitaliers (districts sanitaires, maternités, dispensaires, hôpitaux, etc.) ;
– Des lieux de culte pendant les offices ;
– Des établissements universitaires, scolaires, préscolaires et administratifs pendant les heures d’ouverture des classes et des bureaux.
Lorsqu’elle est faite dans les zones vertes, la publicité sonore ne doit pas causer une gêne pour le voisinage, en raison de son agressivité, son intensité et sa durée. Elle ne doit pas également constituer un trouble pour le repos ou la tranquillité.

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Numéro d'édition: 430

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