Journées du maraîcher du Sahel 2022: sous la résilience communautaire des personnes déplacées internes

• Une dégradation constante de la sécurité

• Une mauvaise pluviométrie avec un tarissement précoce des boulis

• Des produits maraîchers tout de même sur le marché

Hermann Kalmogo, représentant du Coordonnateur de l’UFC. (DR)

Timothée Tindano, représentant des groupements maraîchers. (DR)

Résilience. C’est ainsi qu’on pourrait qualifier la 17e édition des Journées du maraîcher du Sahel. En effet, la région du Sahel traverse depuis six (06) années, une crise sécuritaire et humanitaire avec un lot important de morts, de personnes ayant fui leurs zones de résidence et de production. La pluviométrie, cette année particulièrement, n’a pas été bonne non plus, car les points d’eau tels que les boulis n’ont pas connu un emplissage comme les années précédentes. C’est donc dans un tel contexte que l’Union fraternelle des croyants (UFC), avec l’appui de son partenaire Misereor/Kze, a pu mettre en lumière le travail des producteurs maraîchers des provinces du Séno et du Yagha. « La production maraîchère, une alternative de résilience communautaire des personnes déplacées internes et des populations hôtes vulnérables dans un contexte de crise ». Tel est le thème de la 17e édition des Journées du maraîcher du Sahel (JMS) tenues du 24 au 27 février 2022 à Dori, chef-lieu de la région. « La maraîcher culture se révèle être un outil de résilience, surtout pour les populations vulnérables. Elle demeure un domaine stratégique-clé pour favoriser l’emploi et la cohésion sociale, renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et contribuer à réduire la pauvreté et par extension, à la construction d’une culture de paix dans les communautés locales de la région du Sahel », a affirmé Hermann Kalmogo, représentant du Coordonnateur de l’UFC, pour traduire leur engagement et leur volonté de développer des capacités d’adaptation face aux chocs. En termes de production, 11 organisations paysannes de 11 villages en déplacement à Dori n’avaient pas pu faire une exposition, car n’ayant pas pu produire l’année passée. Durant la saison des pluies cette année, 07 de ces organisations se sont réunies et ont produit 2,7 tonnes de riz sur 3, 8 tonnes attendues sur une superficie d’à peine un hectare.
Les activités de cette 17e édition, tout comme les années précédentes, se sont étalées sur trois axes forts, à savoir l’exposition-vente des produits maraîchers, le cadre de concertation des producteurs et la proclamation du concours du meilleur groupement maraîcher. Les 20 groupements maraîchers accompagnés par l’UFC ont pu exposer à la foire de la pomme de terre, de l’oignon, du chou… d’une quantité estimative de deux (02) tonnes. Cette tribune a permis aux citoyens de Dori de se ravitailler en légumes, et surtout aux producteurs d’écouler leurs produits. « L’UFC nous a trouvé gîte et couvert dès notre arrivée, des lopins de terre et des animaux pour certains. Des femmes ont même bénéficié de formations en fabrication de savon pour faciliter davantage notre intégration dans notre nouvel environnement. Nous souhaitons que l’Etat et les partenaires financiers accompagnent davantage l’UFC qui nous aide à nourrir sainement la population», a indiqué leur représentant, Timothée Tindano.
Les Journées du maraîcher du Sahel qui sont organisées depuis 2006 poursuivent trois(03) principaux objectifs : créer des possibilités d’écoulement et de bonnes affaires pour les exploitants des sites maraîchers et ainsi contribuer à améliorer leurs revenus ; stimuler une saine concurrence entre les producteurs de ces sites dans le but d’accroître la production globale, d’une part, et d’autre part, la qualité de cette production ; servir de cadre de concertation, de dialogue et d’échanges d’expérience aux producteurs, dans le sens de mieux organiser ces producteurs en réseau crédible qui leur offre plus d’opportunités.
Au regard de la dégradation quasi continuelle du climat sécuritaire, amenuisant ainsi des perspectives certaines, la perspective majeure est de soutenir les producteurs PDI résidant à Dori, afin qu’ils puissent assurer une production à même de leur permettre de subvenir à leurs besoins. « Conscients que la situation de crise multidimensionnelle que nous vivons ne va pas se résoudre du jour au lendemain, il est important de créer les conditions de résilience économique et sociale aussi bien pour les personnes déplacées que pour les populations hôtes qui sont appelées à cohabiter et à partager des ressources en bonne intelligence pour éviter d’autres crises », a d’ailleurs soutenu Inoussa Kaboré, Secrétaire général de la région, représentant le Gouverneur , félicitant au passage l’UFC-Dori pour cette initiative qui participe à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritive des populations de la région.
Martin SAMA

 

 

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Numéro d'édition: 429

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