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Journées promotionnelles du Village artisanal de Kaya: communier avec les populations locales et offrir une tribune d’affaires

La conférence a été animée par Hamidou Nomam Kouraogo sur le thème : « Développement du secteur de l’artisanat, facteurs de subsistance, de création d’emplois et de revenus pour les populations »
Hamidou N. Kouraogo, chef du service de la promotion de l’artisanat à la Direction générale de l’Artisanat

La Direction générale de l’Artisanat a, de concert avec la Direction régionale du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes entreprises du Centre-Nord, organisé du samedi 18 au lundi 21 décembre 2021, les journées promotionnelles du Village artisanal de Kaya (VAK). Première du genre dans la cité des cuirs et des peaux, l’initiative vise à offrir des opportunités de visibilité et de commercialisation des productions des artisans locaux. Celle-ci a été marquée par une conférence portant sur le thème : « Développement du secteur de l’artisanat, facteurs de subsistance, de création d’emplois et de revenus pour les populations ».
S’inscrivant dans le programme des activités de la Direction générale de l’Artisanat, ces 72 heures de journées promotionnelles ont pour objectifs, entre autres : de communier avec les populations de la Commune de Kaya et des localités environnantes ;  d’offrir des opportunités de promotion et de création de débouchés de commercialisation des productions des artisans installés au Village artisanal de Kaya. En plus de faire connaître aux populations le VAK et les produits des différents corps de métiers tels que la maroquinerie, le tissage, la sculpture et la forge, cette trouvaille a débuté par une cérémonie d’ouverture symbolique, suivie d’une conférence animée par Hamidou Nomam Kouraogo, chef du service de la promotion de l’artisanat à la Direction générale de l’Artisanat. Les échanges ont porté sur le thème : « Développement du secteur de l’artisanat, facteurs de subsistance, de création d’emplois et de revenus pour les populations ». Dans sa communication, M. Kouraogo a, en guise d’introduction, déclaré que le secteur de l’artisanat occupait une place très importante dans l’économie nationale au Burkina Faso. « Levier de développement économique et social en termes de création d’emplois et de richesses, le secteur de l’artisanat occupe au Burkina Faso, plus de 2 600 000 actifs constitués en majorité de femmes et de jeunes », a précisé le conférencier. D’où son inscription, a souligné Hamidou Kouraogo, dans le référentiel national de développement pour la période 2021-2025 dénommé « Deuxième Plan national de développement économique et social (PNDES-II » en son axe 4 intitulé « dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois ». La construction des villages artisanaux de Ouagadougou en 2000 et de Bobo-Dioulasso et de Kaya à partir de 2015 fait partie des actions entreprises par le département en charge du développement de l’industrie, du commerce et de l’artisanat pour concourir au développement de l’artisanat au plan national. Dans ses explications, le conférencier a développé des sous-thèmes tels que : « Les conditions préalables au développement de l’artisanat dans les régions », « Les actions de développement de l’artisanat dans les régions : rôle des acteurs », « L’artisanat comme facteur de création d’emplois et de revenus dans les régions » et « L’artisanat comme facteur de subsistance des populations locales ».

L’insécurité et la COVID-19 ont impacté négativement le développement du secteur de l’artisanat

Pauline Ouédraogo/Sawadogo, tisseuse des pagnes Faso Danfani.

Pour conclure, il a fait savoir que les actions mises en œuvre par l’Etat et ses partenaires ont contribué à booster la production des artisans et des entreprises artisanales dans les régions. « Toutefois, le secteur de l’artisanat est aujourd’hui affecté par l’avènement des crises sécuritaires et sanitaires qui limitent les possibilités de commercialisation des produits artisanaux aussi bien au plan national qu’international », a regretté Hamidou Kouraogo. C’est pourquoi, a fait remarquer le chef du service de la promotion de l’artisanat, il est nécessaire d’y apporter des solutions en vue de parvenir à un développement durable et inclusif du secteur au profit des artisans, en particulier, et des populations, en général. Il n’a pas manqué d’exhorter les artisans à faire valoir leur ‘‘génie créateur’’ afin de faire face à la concurrence sur le marché national et international.

Les artisans se félicitent de l’initiative
La tenue des premières 72 heures des journées promotionnelles du VAK a été saluée par les artisans. Selon Pauline Ouédraogo/Sawadogo, tisseuse des pagnes Faso Danfani, cette initiative, en plus de valoriser leurs activités, leur offre l’occasion pour mieux se faire connaître et commercialiser leurs produits en cette période où la clientèle se fait rare. « Il y a de nombreuses personnes à Kaya qui ignorent l’existence d’un village artisanal dans la ville », a-t-elle confié. A en croire Dame Pauline Ouédraogo, les artisans de Kaya ne sont pas épargnés par les conséquences des crises sécuritaires et humanitaires qui affectent la région du Centre-Nord depuis 2019. C’est pourquoi, elle dit souhaiter la pérennisation des journées promotionnelles qui, en plus de renforcer la résilience des artisans face à l’insécurité et à la pandémie de Covid-19, constituent désormais un rendez-vous de référence en matière de commercialisation des produits artisanaux.
Abondant dans le même sens, Hassane Barry et Boukaré Ouédraogo, tous des maroquiniers, affirment avoir été fortement outillés à travers les échanges avec le conférencier. Ils soutiennent que la vente des produits issus de la filière des cuirs et des peaux a pris un grand coup ces dernières années, en raison des attaques terroristes et de la maladie à Coronavirus. Cette situation, ont-ils indiqué, a faibli considérablement l’affluence des touristes internationaux et nationaux à Kaya. Ils s’engagent à s’inscrire dans la dynamique de la créativité prônée par le ministère en charge de l’artisanat, afin de faire face à la concurrence nationale, sous-régionale et internationale.
Pour rappel, le village artisanal de Kaya a été réalisé par la LONAB à hauteur de 880 millions de francs CFA, dans le cadre de la commémoration nationale du 56e anniversaire de l’accession du Burkina Faso à la souveraineté nationale. Inaugurée en marge des festivités du 11-Décembre 2016, les infrastructures composées de boutiques d’ateliers de production et de vente, d’un forage avec château d’eau ont été rétrocédées au ministère en charge du commerce et de l’artisanat. Le VAK a officiellement ouvert ses portes le 22 novembre 2019, à l’occasion de la 2e édition du Salon régional de l’artisanat. Les artisans locataires du VAK, au nombre d’une soixantaine, sont soumis au principe de rotation et de renouvellement de 5 ans maximum. Et cela, dans le but de donner plus de chance à tous les artisans de la Commune.
Dido Ouédraogo

 

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