Les autorités burkinabè et ivoiriennes en charge des transports se sont rencontrées pour relancer le dossier de réhabilitation et du prolongement du chemin de fer, sur lequel il n’y avait encore un consensus dans la collaboration entre les parties. Daouda Traoré (à droite), ministre des Infrastructures, du Désenclavement et des transports du Burkina et son homologue Gaoussou Touré (à gauche) ont pu dégager un chronogramme d’accélération du projet. (DR)

Chemin de fer: Les parties sont en renégociation

• Révision du plan des travaux et de la concession

• Démarrage immédiat de la réhabilitation par Bolloré

• 40 milliards F CFA pour une première phase

Les négociations sur la réhabilitation, le prolongement et la concession du chemin de fer entre la Côte d’Ivoire et le Burkina viennent d’être relancées par les autorités des deux pays.

Du 17 au 18 février 2015 à Abidjan, les ministres en charge des transports, Daouda Traoré (Burkina Faso) et Gaoussou Touré (Côte d’Ivoire) ont eu une rencontre de travail qui a concerné, entre autres, ce dossier. Les négociations sur le chemin de fer n’avaient abouti qu’à la signature d’un accord-cadre entre les deux Etats et les opérateurs (Bolloré et Pan African Minerals), chargés de la réhabilitation, du prolongement et de l’exploitation. Cette signature était intervenue le 31 juillet 2014 à l’occasion de la 4e Rencontre au sommet du Traité d’amitié et de coopération(Tac) ivoiro-burkinabè.
Toutefois, il restait encore à définir et à s’entendre sur les modalités pratiques de la collaboration entre les différents partenaires. Les évènements politiques de fin octobre 2014 au Burkina avaient stoppé ce processus.
Le communiqué final de la rencontre tenue la semaine dernière à Abidjan indique que les discussions ont permis aux deux parties de s’accorder sur un plan de réalisation du projet, avec la révision de certains termes. C’est ainsi que le groupe Bolloré va présenter un programme de réhabilitation immédiate d’un montant de 40 milliards de FCFA. Ce sera une première phase de mise en œuvre du programme général de réhabilitation estimé à 400 millions d’euro. Les autres phases devraient suivre à l’issue de cette étape, y compris le prolongement du tronçon, confié à Pan African Minerals (Pam).
La Convention de concession à Bolloré et à Pam va également être soumise à des modifications. Selon le communiqué de la rencontre, cette Convention de concession sera révisée. A cet effet, le Burkina Faso a été invité «à transmettre, au plus tard le 24 février 2015, ses observations sur ladite convention pour intégration, avant l’entame des négociations directes avec Sitarail et Pam, préalablement au démarrage des travaux de réhabilitation». Un calendrier a été arrêté pour accélérer le projet.


 

Chronogramme des prochaines réunions de travail

Les experts ont convenu du chronogramme de rencontres pour la suite du processus de négociations :
– Vendredi 20/02/2015 : transmission par le Burkina Faso de ses observations sur le programme de réhabilitation immédiate proposé par Sitarail;
– Samedi 21/02/2015 : élaboration par la Côte d’Ivoire du projet de lettre à Sitarail relativement à sa demande de remise de dette et communication du projet de lettre au Burkina pour observations ;
– Mardi 24/02/2015 : transmission par le Burkina Faso de ses observations sur le projet de convention de concession révisée et transmission à Sitarail de la lettre relativement à sa demande de remise de dette ;
– Mercredi 25/02/2015 : transmission par la Côte d’Ivoire à Sitarail du projet de convention révisée pour observations ;
– Jeudi 26 et vendredi 27/02/2015 : réunion de négociations avec les partenaires Bolloré et Pam sur le programme de réhabilitation immédiate et la convention de concession révisée ;
– Au plus tard le 15 mars 2015 : finalisation et signature des instruments juridiques nécessaires à la mise en œuvre du projet à Ouagadougou.

 


 

Mine de Tambao : arrêt forcé

mineDémarrées il y a à peine deux mois, les activités de la mine de manganèse de Tambao viennent d’être contraintes à l’arrêt. Les populations du département de Markoye (27 villages), qui abrite le site, s’opposent à l’exploitation du minerai tant que certains projets socio-économiques annexés à cette activité minière ne seront pas réalisés. Les exigences du mouvement social concernent la réalisation d’un certain nombre d’infrastructures de désenclavement.
C’est le cas pour la réhabilitation de la vieille ligne du chemin de fer se limitant actuellement à Kaya et la construction de son prolongement jusqu’à Tambao. Cette ligne supplémentaire devrait traverser des villes comme Dori et Gorom-Gorom. Les populations impactées par les activités de la mine de Tambao attendent également le bitumage de la route Dori – Gorom-Gorom -Tambao.
Elles estiment que toutes ces réalisations sont inscrites dans un accord-cadre de partenariat public-privé entre l’Etat burkinabè et Pan African Minerals (Pam), la société concessionnaire de l’exploitation de la mine. Une première alerte avait été donnée le 6 février dernier par une marche au cours de laquelle il a été demandé l’arrêt de l’exploitation jusqu’à nouvel ordre. Ce 17 février, les manifestants ont saccagé les installations de la mine. Ce qui a conduit à un déploiement des forces de l’ordre pour sécuriser les lieux.
Au moment où nous écrivions ces lignes, nous n’avions pas encore pu recueillir la réaction des responsables de Pam sur le contenu de l’Accord-cadre et sur le bilan des dégâts. A suivre !

Karim GADIAGA

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Numéro d'édition: 98

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