Le Burkina Faso gagnerait 50% de la valeur ajoutée si l’on file le coton, 75% si on le tisse et 90% si on passe à la confection. (DR)

Transformation du coton : Une seconde usine annoncée

• L’entreprise japonaise Marubeni Corporation en prospection

• Un mémorandum d’entente signé en mai 2018

• Pour l’érection d’une unité clé en main

L’entreprise japonaise Marubeni Corporation est en prospection en vue d’installer une usine de filature au Burkina Faso. Une délégation de l’entreprise a été reçue en audience par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, le 31 mars 2019. Avant cela, en mai 2018, un mémorandum d’entende a été signé avec le Groupe d’ingénierie japonais pour l’érection d’une unité de transformation intégrée du coton, clé en main à Koudougou.
«Le coton étant l’une des matières premières principales du Burkina Faso, apporter une valeur ajoutée au coton est indispensable pour le développement du pays et nous souhaitons contribuer à ce développement par la construction d’une usine de filature», a dit le chef de la délégation, Yamaguchi Shigeru, à sa sortie d’audience.
Les industriels nippons ne sont pas les seuls à s’intéresser au coton burkinabè. Sur ce terrain, il y a déjà les Turc et les Allemands. Engagés dans l’industrialisation du secteur, ils entendent aussi lancer une usine de filature, tricotage et de fabrication de pièces. Le coût de l’investissement s’élève à 220 milliards F CFA. Le Groupe AykaAddis Textile, initiateur dudit projet, a estimé que l’usine devrait générer 12.000 emplois en 3 ans et 50.000 emplois indirects. La SOFITEX a déjà approuvé la venue de cette usine et selon les dires de son DG, environ 20.000 tonnes de coton seront réservées à cette usine.
Cet intérêt des entreprises étrangères pour la filière transformation du coton au Burkina Faso est favorisée par le décret portant modification du décret n°2018 0896/PRES/PM/MCIA/MINEFID du 11 octobre 2018 portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Secrétariat technique de mise en œuvre du plan d’industrialisation accélérée du Burkina Faso.
L’objectif affiché est clair, le Burkina Faso veut devenir un pôle de transformation. «Nous produisons en moyenne 600.000 tonnes de coton par an et nous transformons pas plus de 3%. C’est notre premier produit agricole à l’exportation mais cela ne valorise pas assez la matière première, ne crée pas assez de richesse, de valeur ajoutée, d’emplois pour les femmes et les jeunes.
La transformation est une solution pour laquelle on doit se battre davantage, d’autant plus que nous n’avons pas la maîtrise des prix du coton. Au moins, pour les produits finis, nous avons un marché intérieur, un marché sous-régional et international», déclarait le ministère du Commerce lors du SICOT en 2018.
Les exportations de coton brut génèrent environ 225 milliards F FCA par an. Selon les statistiques du ministère du Commerce, le Burkina Faso gagnerait 50% de la valeur ajoutée si l’on file le coton, 75% si on le tisse et 90% si on passe à la confection. Sans compter que le pays dépense chaque année, environ 80 milliards F CFA en importations de textile.
Une niche d’opportunités que le pays entend saisir. En plus de la Turquie et du Japon, les autres partenaires annoncés sur la filière transformation du coton sont le Groupe chinois Orient International (Holding) Co. Ltd pour l’implantation d’un parc industriel textile à Bobo-Dioulasso.
Un protocole d’entente a aussi été signé entre l’Etat et le Groupe suisse IMC Corporation SA aux fins de réaliser un pôle industriel textile à Bobo.
De plus, le Groupe indien Jain Shawls a été désigné pour la reprise et la réouverture de l’ex-usine Faso Fani à Koudougou. Un projet visant la transformation du coton burkinabè est soumis au Groupe chinois Sinolight et la société ‘Natural Ressources International Investment Group-Burkina Faso».

NK


Marubeni corporation en bref

Le Japonais Marubeni corporation, l’un des leaders mondiaux de l’import/export, du commerce et de l’investissement. La société a intégré la place financière panafricaine basée au Maroc, Casablanca Finance City, via son bureau de représentation dans la capitale économique marocaine.
Le bureau casablancais du conglomérat japonais – actif dans des secteurs aussi diversifiés que l’électricité et les infrastructures, les installations et les machines industrielles, les finances, la logistique et l’industrie de l’information, le développement immobilier ou la construction – servira de «base stratégique» pour ses opérations en Afrique de l’Ouest, et «se focalisera sur le développement et la promotion de nouvelles affaires sur les marchés africains, en fonction des perspectives importantes de croissance future dans cette région» comme l’indique un communiqué émanant du Groupe.
La société privée fait des activités commerciales et des activités d’investissement dans des domaines très diversifiés tels que les produits agricoles et alimentaires, les produits textiles, le papier et la pulpe à papier, les produits chimiques, les ressources énergétiques, les métaux, les machines de transport et d’industrie, l’électricité, les usines clef en main, les bateaux et les avions, les produits informatiques, le développement et la construction, etc.
Le réseau global de Marubeni comprend environ 120 filiales et succursales dans le monde et environ 220 sociétés affiliées d’Outre-Mer dans plus de 70 pays. La moitié de ses chiffres d’affaires vient des transactions internationales.

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Numéro d'édition: 302

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