André Robert Samé, Private Equity Complaience and gouvernance Officer dans une firme d’investissement Suisse basée à L’Ile Maurice totalise à ce jour plus de 20 ans d’expérience dans la conformité des services d’investissements. J’ai commencé ma carrière en France, puis au Royaume-Uni. Il est également expert-formateur sur le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. J’interviens dans les zones UEMOA et CEMAC.(DR)

Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme : Une formation à Ouaga pour lutter contre le fléau

Comment combattre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans l’UEMOA? Une des solutions trouvées par le cabinet Assistances-conseils-formations-recrutements (2AIDI) est d’outiller efficacement les professionnels du secteur financier et des entreprises et professions non financières désignées.
Ainsi, du 21 au 23 janvier 2019, le cabinet initie une formation sur le thème de «la prévention du blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en zone UEMOA: le cas du Burkina Faso». Pour mieux en parler, L’Economiste du Faso a approché le formateur.
Il s’agit de André Robert Samé, Private Equity Complaience and gouvernance Officer dans une firme d’investissement suisse basée à L’Ile Maurice. Au programme de sa formation, les acteurs et l’évolution du blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et l’évolution de la jurisprudence pénale et administrative, le cadre juridique et normatif de la lutte anti-blanchiment des capitaux en zone UEMOA.

L’Economiste du Faso: Quel est le profil de participants que vous recherchez dans le cadre de cette formation?
André Robert Samé (Formateur): Le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme aujourd’hui, constitue un fléau pour l’Afrique noire sub-saharienne, compte tenu du manque à gagner qu’il implique dans les économies de nos Etats. Du coup, il apparait comme un frein à l’émergence de nos économies.
A priori, cette formation s’adresse aux professionnels du secteur bancaire et financier, les banques, les établissements de microfinance, les sociétés de transfert d’argent, des téléphonies mobiles, les établissements financiers non désignés. Donc il s’agit de tous les professionnels qui rencontrent la problématique du blanchiment d’argent et le financement du terrorisme dans l’exercice quotidien de leur profession et que nous appelons dans notre jargon professionnel «les assujettis» à la lutte des blanchiments d’argent. Donc au sein des établissements financiers, tout le monde est concerné mais spécifiquement les contrôleurs internes, les chargés de conformité, les responsable du département de risques, les responsables des départements d’audit, les responsables juridiques, les contrôleurs internes, de clientèle, les chargés de comptes, etc. Il y a aussi les cadres du ministère des Finances, les cadres du ministère de la Justice, les cadres des administrations des Impôts, des douanes des cadres des organismes de lutte contre la corruption, etc. Voilà en gros ceux qui sont concernés par cette formation car le fléau devient tentaculaire et on note désormais, très peu d’activités qui ne soient pas impactées ni touchées par le blanchiment des capitaux.

En quoi est-ce important de suivre ce séminaire pour les participants burkinabè?
Le séminaire sur la prévention du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme que nous allons organiser à Ouagadougou du 21 au 23 janvier 2019, arrive vraiment à point nommé dans ce pays, et ceci compte tenu de plusieurs éléments contextuels que je développerai. Tout d’abord, en février dernier, l’OCDE, conjointement avec le GIABA et la BAD, a sorti un rapport assez inquiétant sur les flux financiers illicites en Afrique de l’Ouest qui représente aujourd’hui, plus de 50 milliards de dollars par an. Ce qui est de loin supérieur à l’aide publique au développement que l’Union européenne accorde à toute l’Afrique de l’Ouest.
Le deuxième élément contextuel est lié au terrorisme, le Burkina Faso désormais une zone de premier plan de terrorisme au niveau de l’Afrique de l’Ouest, comme en témoignent les divers attentats comme celui de mars dernier qui a fait 8 morts à Ouagadougou. Quand on sait que ces organisations terroristes sont financées à partir des capitaux blanchis, cela est assez inquiétant. Le troisième élément contextuel est l’essor du mobile money en Afrique, car le mobile money, bien qu’il ait favorisé l’inclusion financière des populations défavorisées a accru malheureusement le risque de blanchiment d’argent en rendant croissant le blanchiment de capitaux, car on remarque qu’à toutes les étapes des opérations de mobile money, il y a des risques de blanchiments.
Donc le moment est assez approprié, surtout pour le Burkina Faso qui est un pays en proie aux divers attentats terroristes et dont le gouvernement tout entier lutte à éradiquer ce fléau.
Je dirais pour conclure, que le blanchiment de capitaux est devenu un enjeu de politique de coopération entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest, et c’est pour cela que l’Union européenne a mis en place le projet SAMOA qui permet d’accompagner les pays d’Afrique de l’Ouest dans le renforcement de leurs politiques de lutte anti-blanchiment de capitaux.
Le contexte veut que tout le monde soit formé car il s’est avéré que la première arme la plus efficace au monde contre le blanchiment de capitaux reste la formation.

Que va apporter cette formation dans la lutte contre les deux fléaux?
Outre le certificat qui sera délivré aux participants et qui attestera de leur parfaite maîtrise de la prévention du blanchiment de capitaux pour le financement du terrorisme. La formation aura un effet bénéfique aux participants. En effet, cette formation leur permettra de bien maîtriser les concepts de blanchiment de capitaux et de financement de terroristes afin d’être mieux armés, pour combattre ce fléau. Cela leur permettra de connaitre le cadre juridique et normatif de la lutte anti-capitaux ainsi que les récents textes de lois de l’UEMOA, notamment sur le plan international et national.
Ensuite, cela permettra aux participants d’être capables d’identifier les risques de blanchiment qui sont encourus par son organisme financier. Ils pourront comprendre la gestion au quotidien de ce risque de blanchiment en mettant en place des outils et des procédures adaptés qui permettront de mieux maîtriser ce risque de blanchiment et d’accroître leur efficacité dans la détection des opérations suspectes.

Entretien réalisé par NK


Le lien entre le blanchiment d’argent et le terrorisme

Les deux termes sont toujours lies le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, pour la bonne et simple raison que le financement du terrorisme procédé du blanchiment d’argent; les organisations terroriste ont des ramifications internationale qui sont sur la plupart des continents et c’est à partir de l’argent blanchi de part et d’autres que ces organisations sont financées et qu’elles procèdent aux attentats qui font de nombreux ravages dans nos populations.
Il y’a donc un lien étroit qui a été démontré et avéré par les études que c’est à partir de l’argent blanchi que les organisations financières parviennent à se financer d’où le lien assez évident.
Et c’est pour ça que désormais la plupart des normes internationales inclus dans leur législation le financement du terrorisme. Vous verrez que la dernière directive de l’UEMOA de juillet 2015 accorde une place de choix au financement du terrorisme pour la simple raison qu’il est prouvé que tout est lié c’est d’abord parce qu’il y’a de l’argent blanchis que cela peut servir à financer le terrorisme et autres.

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Numéro d'édition: 279

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