Secteur minier : En quête d’une croissance inclusive

• Il participe à plus de 10% du PIB

• Mais un secteur déconnecté du reste de l’économie

• Mettre l’accent sur l’emploi et la commande locale

La 3e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) se tient du 27 au 29 septembre 2018, à Ouagadougou, sous le thème «L’exploitation des ressources minérales en Afrique : quelles stratégies pour en faire un moteur de croissance et de développement durable ?» A la faveur de l’interview que lui a accordée Adama Soro, directeur-pays d’Endeavour mining, L’Economiste du Faso a posé cette question : «Concrètement, comment le secteur minier burkinabè pourrait être un moteur de croissance et de développement durable ? Adama Soro, par ailleurs spécialiste en Responsabilité sociale d’entreprise (RSE), estime qu’on est en face de 2 sous-thèmes qui sont : le «moteur de croissance économique» et le «développement durable». Concernant le sous-thème «moteur de croissance économique», il rappelle que le secteur minier national a progressé de manière prodigieuse. Avec une production estimée à moins de 5 tonnes il y a 10 ans, on a enregistré un peu plus de 45 tonnes en 2017. Sa contribution à la formation du Produit intérieur brut (PIB) dépasse de nos jours les 10%. En plus, l’or est devenu, depuis 2009, le premier produit d’exportation. Avec près de 1.400 milliards de FCFA de recettes d’exportation, on peut affirmer que le secteur minier est devenu un moteur de croissance économique. Mais, les questions fondamentales que l’on doit se poser, indique Adama Soro, c’est «est-ce que cette croissance économique est l’inclusive ou non-inclusive ?» ; «En quoi le secteur minier burkinabè peut être un moteur de croissance économique inclusive ?» En répondant à ces préoccupations, on répond à une partie du second sous-thème, à savoir la question du « développement durable». Essentiellement, l’investissement minier provient à 90% de l’extérieur. Les produits extraits, c’est-à-dire l’or et le zinc, sont vendus à 100% à l’extérieur. Les moyens de production, pour l’instant, proviennent de l’extérieur, puisque le Burkina ne produit pas encore de moyens techniques spécifiques à ce secteur comme les produits de forages, les intrants chimiques, etc. Tous ces intrants sont importés. Pour que la croissance économique générée par le secteur minier soit inclusive, elle doit faire appel au contenu local. Le secteur minier ne fonctionnant pas en vase clos, il ne doit pas vivre le syndrome de l’économie enclavée. Il doit pouvoir se connecter au reste de l’économie. C’est en ce moment-là que le secteur va irriguer l’ensemble de l’économie et qu’on assistera à une croissance économique inclusive impulsée par ce secteur. A partir de là, on pourra affirmer que le secteur minier est un moteur de croissance, de façon générale, et mieux de développement durable. Adama Soro a insisté sur le fait que les sociétés minières sont à la quête de cette croissance économique inclusive au profit des communautés hôtes et du pays tout entier. Pour ce faire, chacune d’elle met en œuvre des mesures en lien avec le contenu local.

Elie KABORE


Mettre l’accent sur la commande locale des biens et services et l’emploi local

Le contenu local du secteur minier renvoie à plusieurs choses comme la création d’emplois pour les locaux et la commande de biens et services miniers auprès d’entreprises locales. Le contenu local fait aussi référence aux bonnes pratiques de gouvernance du secteur minier en termes de redevabilité, de respect des Codes d’éthique, de rigueur dans la gestion, de respect des procédures, de mise en œuvre de politiques de santé, sécurité et d’environnement au travail. Les entreprises privées locales et l’administration publique peuvent appliquer ces bonnes pratiques pour améliorer la gouvernance en leur sein.

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Numéro d'édition: 266