L’évolution annuelle de la répartition du trafic terrestre à l’importation et à l’exportation, de 2012 à 2017, place le corridor togolais en tête des choix des chargeurs burkinabè. (DR)

Trafic terrestre : Le corridor togolais reste dominateur

• Une part de plus de 33% de l’importation en 2017

• 42% des tonnages d’exportations la même année

• Un total 3,8 millions de tonnes importées pour près de 500 mille tonnes exportées

 

L’hégémonie du corridor togolais, grâce notamment au port de Lomé, se poursuit pour les chargeurs burkinabè. Depuis 2012, le flux de marchandises qui a emprunté le couloir de transport terrestre togolais, au départ et à destination du Burkina Faso, est à la fois le plus important et celui qui affiche la meilleure progression. A noter que le trafic terrestre comprend le transport routier et le transport ferroviaire.
Les données, jusqu’en 2017, du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) sur l’évolution du trafic terrestre à l’importation et à l’exportation confirment la forte prépondérance du choix du Togo comme pays de transit des marchandises burkinabè.
Au cours de l’année 2017, sur un ensemble de 3,8 millions de tonnes de marchandises importées par le Burkina via le transport terrestre, c’est près de 1,3 million de tonnes qui ont transité uniquement par le Togo (Port de Lomé): ce qui équivaut à 33,79%. Le Ghana arrive en deuxième position après le Togo comme pays de transit, avec plus de 900 mille tonnes de marchandises d’importations burkinabè enregistrées en 2017. Cela représente 23% du total des importations passées par le trafic terrestre. Le choix du Ghana par les Burkinabè est notamment favorisé par la présence dans ce pays de deux ports maritimes: Tema et Takoradi.
Le corridor ivoirien, soutenu par le port d’Abidjan et aussi le chemin de fer, n’arrive qu’à la troisième position en termes d’importations burkinabè en 2017. La Côte d’Ivoire occupe la 3e place avec plus de 875 mille tonnes, soit 22,44% du total des importations burkinabè de marchandises en 2017. Alors que le port d’Abidjan est présenté comme le port historique et naturel du Burkina, le choix du corridor ivoirien par les chargeurs burkinabè enregistre un recul depuis la crise militaro-politique que le pays a connue. Après la crise, le maintien de la tendance au recul s’expliquerait par les tracasseries routières, certains coûts et aussi les efforts de séduction menés par les autres pays à travers leurs ports maritimes.
En 2017, le corridor du Bénin est arrivé quatrième, au regard du volume de marchandises d’importations terrestres qui ont y transité.
Le Mali et le Niger, les deux autres pays limitrophes du Burkina, n’ont pas de ports maritimes, mais ils servent également de pays de transit pour les marchandises burkinabè d’importations. En 2017, le volume des marchandises d’importations burkinabè, via le trafic terrestre et transitant par le Mali, s’élève à environ 32 mille tonnes. C’est 0,84% du total de l’année. Celui qui a transité par le Niger ne représente que 401 tonnes ; soit 0,01% du total annuel. Mais, grâce à ce pourcentage, quoique très faible, le corridor du Niger enregistre le taux de croissance le plus fort en 2016 et 2017. Avec un taux de croissance de 604% entre 2016 et 2017, le corridor nigérien enregistre la grande percée sur le plan des importations. En termes de progression au même période, le Bénin affiche un taux de 55% pour les importations. Cette progression est de 23% pour le Togo, 21% pour le Ghana, 1% pour la Côte d’Ivoire et -79% pour le Mali.
Pour ce qui concerne les types de marchandises importées par le Burkina via le transport terrestre, les détails pour l’année 2017 ne sont pas encore disponibles.
A ce niveau, ce sont les données de 2016 publiées par le CBC qui permettent d’avoir un aperçu. Les importations terrestres, en 2016, sont constituées à 44,2% par des produits minéraux. Les fortes hausses des importations terrestres du Burkina en 2016 concernent les cuirs et les articles de voyage, les armes et les munitions et les objets d’art ou d’antiquité.
S’agissant spécifiquement des hydrocarbures, entre 2015 et 2016, l’évacuation de cette marchandise à destination Burkina Faso a subi une légère baisse en termes de tonnages. En effet, de 1.198. 959 tonnes en 2015, le niveau du tonnage des hydrocarbures a régressé légèrement pour passer à 1.197.777 tonnes en 2016, soit une baisse de -0,10%.
Selon la répartition des importations des hydrocarbures par axe d’échanges en 2016, c’est le corridor béninois qui est le plus utilisé avec plus d’un tiers de l’ensemble du trafic des hydrocarbures, soit 36%. Il reste ainsi le corridor traditionnel des hydrocarbures pour le Burkina. Il est suivi du corridor togolais avec 31%, et les autres corridors, quant à eux, se partagent le reste des importations ; soit exactement 1/3.

Karim GADIAGA


Ouaga-Lomé  : Egalement meilleur corridor pour les exportations

Ce n’est pas seulement dans le sens des importations que le corridor togolais s’affiche en tête dans les volumes de marchandises burkinabè en transit.
Pour ce qui concerne également le tonnage de marchandises burkinabè destinées à l’exportation, le Togo est en tête en 2017.
Sur un total de plus 498 mille tonnes de marchandises exportées par la voie terrestre en 2017, c’est un volume de plus de 210 mille tonnes qui a transité par le Togo ; soit 42% du total. Le reste a transité par la Côte d’Ivoire à 36,5%, le Ghana à 10,52%, le Bénin à 3,44%, le Mali à 7,67% et le Niger à 0,03%.
Selon les données de 2016 du CBC, les marchandises burkinabè exportées par voie terrestre sont pour «plus de la majorité des produits du règne végétal» : 71,99% du volume total en 2016. Les variations à la hausse ont été observées au niveau des produits du règne animal avec 23%, des graisses et huiles animales ou végétales avec 4% et des pâtes à bois, des articles en papier et en carton avec 226%.

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Numéro d'édition: 252

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