La 16e édition des «Perspectives économiques en Afrique 2017», intitulée «Entrepreneuriat et industrialisation en Afrique», stipule que les gouvernements africains doivent miser davantage sur les entrepreneurs africains pour industrialiser les économies et assurer la tendance à la croissance débutée en 2016. (DR)

Perspectives économiques 2017 : L’Afrique résilience

• Croissance à 3,4 % en 2017 et à 4,3 % en 2018

• 54 % de la population sont toujours dans la pauvreté

• Miser sur les entrepreneurs africains

 

Du 22 au 26 mai, à Ahmedabad-Inde, s’est tenue les 52es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD). L’occasion pour l’institution de publier son rapport sur les Perspectives économiques en Afrique 2017. Une 16e édition intitulée «Entrepreneuriat et industrialisation en Afrique».
Premier constat des 344 pages, les gouvernements africains doivent miser davantage sur les entrepreneurs africains pour industrialiser les économies et assurer la tendance à la croissance débutée en 2016.
«La croissance de l’Afrique repose de plus en plus sur des facteurs intérieurs, ainsi qu’en atteste le dynamisme de la consommation privée et publique qui, à elles deux, ont contribué à la croissance du PIB à hauteur de 60% en 2016», déclare le rapport qui rejoint ici les analyses du FMI et de la Banque mondiale.
«Bien que les vents contraires de ces deux dernières années semblent avoir altéré la belle histoire d’une Afrique qui monte, nous sommes convaincus que le continent continue de faire preuve de résilience, avec une croissance continue des économies non-dépendantes des matières premières», explique Abebe Shimeles, directeur par intérim de la politique macroéconomique, de la prospective et de la recherche à la BAD, lors de la présentation du rapport.
Selon le document, la croissance économique en Afrique devrait rebondir à 3,4 % en 2017 et à 4,3 % en 2018, si la remontée des cours des matières premières, la reprise de l’économie mondiale et les réformes macroéconomiques nationales se confirment.
Une croissance qui s’accompagne également d’avancées sur le plan du développement humain. 18 pays africains avaient atteint un niveau de développement humain moyen ou élevé en 2015. Enfin, les investissements directs étrangers, attirés par les marchés émergents et l’urbanisation rapide du continent, se sont maintenus à 56,5 milliards de Dollars EU en 2016 et devraient atteindre 57 milliards en 2017 selon les projections. Concentrés auparavant dans le secteur des ressources naturelles, les investissements se sont diversifiés dans le bâtiment, les services financiers, les industries manufacturières, les transports, l’électricité et les technologies de l’information et de la communication.

Des vents favorables
Autre point important relevé dans les Perspectives économiques en Afrique 2017, la diversification des Investissements directs étrangers (IDE). En 2016, les IDE à destination de l’Afrique se sont maintenus à quelque 56,5 milliards de Dollars; et selon les projections, ils devraient atteindre 57 milliards en 2017 en raison notamment de «l’attractivité des marchés émergents et l’urbanisation rapide du continent». Selon le constat dressé par les auteurs du document, alors qu’ils étaient auparavant concentrés dans le secteur des ressources naturelles, les investissements se sont diversifiés dans le bâtiment, les services financiers, les industries manufacturières, les transports, l’électricité et les technologies de l’information et de la communication.
Les vents sont donc favorables, et en dépit de la baisse en régime de la croissance, le continent semble bien afficher une certaine résilience aux chocs. «Avec un secteur privé dynamique, un esprit d’entreprise largement répandu et des ressources abondantes, l’Afrique a les moyens d’accélérer sa croissance et de la rendre plus inclusive encore», a ainsi estimé Abebe Shimeles.

Des progrès inégaux
Toutefois, ces perspectives n’occultent pas le fait que les progrès réalisés restent malgré tout inégaux. «Les gouvernements des pays africains doivent intensifier leur soutien à la création d’emplois en prenant des mesures plus ambitieuses et mieux ciblées», a plaidé le rapport. Malgré une décennie de progrès, 54 % de la population de 46 pays africains sont toujours piégés dans une pauvreté à multiples dimensions – santé, éducation et niveau de vie. En outre, les revendications portant sur de meilleures opportunités d’emploi sont la raison principale pour laquelle se poursuivent les protestations civiles ayant motivé un tiers de toutes les manifestations publiques entre 2014 et 2016 – une proportion qu’il convient toutefois de replacer dans le contexte d’une diminution du niveau des troubles sociaux. Avec une population active qui devrait augmenter de 910 millions entre 2010 et 2050, la création d’emplois en plus grand nombre et de meilleure qualité reste un défi majeur pour les décideurs africains.

NK


Réussir sa nouvelle révolution industrielle

Pour transformer le défi démographique en une chance pour l’Afrique, celle-ci devra impérativement réussir sa nouvelle révolution industrielle. À ce jour, 26 pays d’Afrique se sont dotés d’une stratégie d’industrialisation. La plupart mettent toutefois l’accent sur les grandes entreprises manufacturières plutôt que sur les chefs d’entreprise des secteurs à fort potentiel de croissance et de création d’emplois, notamment les start-ups et les petites et moyennes entreprises. Or, ce sont les entreprises de moins de 20 salariés et de moins de cinq années d’expérience qui créent la majorité des emplois dans le secteur formel en Afrique.
Afin de transformer ce dynamisme en moteur de l’industrialisation, les gouvernements africains peuvent notamment œuvrer à améliorer les compétences des travailleurs, l’efficience des regroupements d’entreprises – parcs industriels, zones économiques spéciales – et l’accès des petites et jeunes entreprises aux financements, avec des prêts à des conditions abordables et des instruments de financement plus innovants.

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Numéro d'édition: 208

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