Fonction publique : Les femmes représentent un tiers de l’effectif

• 32,37% de femmes contre 67,62% d’hommes

• Sous-représentées aux postes de responsabilité

• Les hommes plus nombreux aux concours directs

 

La Fonction publique burkinabè compte plus d’hommes que de femmes. Au 31 décembre 2014, on y dénombrait 138.149 agents. Parmi ces agents, 93.425 étaient des hommes, représentant 67,62% de l’effectif contre 44.724 de femmes, soit 32,37%.
Ces données émanent du dernier annuaire statistique, celui de 2014 du ministère de Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, rendu public en mai 2016.
Comme on le constate, les femmes ne représentent que le tiers de l’effectif de la Fonction publique.
Cette représentativité est jugée faible malgré le fait que les femmes soient plus nombreuses que les hommes d’une manière générale au Burkina Faso.
Les projections de l’Institut national des statistiques et de la démographie (INSD) indiquent que la population totale du Burkina représente 18.450.494 de personnes en 2015 dont 9.546.238, soit 51,74% de femmes et 8.904.256(48,26%) d’hommes.
Malgré cette prédominance des femmes sur les hommes, elles restent sous-représentées dans la Fonction publique.
Pourtant, l’article premier de la Constitution stipule que: «Tous les Burkinabè naissent libres et égaux en droits.
Les discriminations de toutes sortes, notamment celles fondées sur la race, l’ethnie, la région, la couleur, le sexe, la langue, la religion, la caste, les opinions politiques, la fortune et la naissance, sont prohibées».

Mais où se situe le problème ?
Un début d’explication est donné à travers le faible nombre de femmes qui intègrent la Fonction publique chaque année. En 2014, sur 8.075 personnes ayant été intégrées ou engagées dans la Fonction publique, on enregistre 31,05% de femmes.
Au titre des effectifs de personnes issues des concours directs et professionnels et qui étaient en cours de formation dans les écoles de formation en 2014, sur 28.089 personnes, 9.176 (soit 32,66%) étaient des femmes.
Les données du ministère de Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale portent aussi sur les effectifs des retraités de la CARFO.
Sur les 971 départs à la retraite en 2014, on dénombre moins de femmes (244 agents, soit 25,12%).
Ils étaient 19.551 retraités en fin 2014 issus des agents civils de la Fonction publique, des magistrats, des militaires. Dans ce lot, 3.075 (15,72%) étaient des femmes contre 16.476 hommes.
Le ministère dispose également des montants des dépenses de personnel pour les agents de la Fonction publique. 321,9 milliards de FCFA ont été dépensés pour 128.534 agents en fin 2014.
Les montants des dépenses sur les femmes se chiffrent à 93,6 milliards de FCFA pour les 41.992 femmes concernées. Quant au montant de la pension de retraite payée, au 31 décembre 2014, la somme de à 20,66 milliards de FCFA a été dépensée dont 3,49 milliards en faveur des femmes.
Aussi, le nombre de veufs/veuves par sexe au 31 décembre 2014 est connu. On en dénombrait 12.945 personnes concernées, dont 12.608 veuves, soit 97,39%, et 337 veufs, soit 2,6%.
Le montant de la pension de cette catégorie de personnes est de 4,43 milliards de FCFA dont 4,29 milliards de FCFA pour les veuves.
Si l’on se réfère à l’INSD, on retient que femmes vivent plus longtemps que les hommes. L’espérance de vie à la naissance est de 56,7 années pour tous les Burkinabè selon l’INDS. Chez les femmes, il serait de 57,5 ans contre 55,8 ans chez les hommes.

Elie KABORE


Sous-représentées aux postes de responsabilité

Dans le dernier gouvernement dont la liste a été dévoilée le 20 février 2017, on dénombre seulement 3 femmes qui occupent des postes pleins, soit 11,11% sur l’ensemble des 27 ministres. Il s’agit de Hadizatou Rosine Coulibaly née Sori, ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadja Fatimata Ouattara née Sanon, ministre du Développement de l’économie numérique et des Postes et Laure Zongo née Hien, ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille.
2 postes de ministres délégués sont tous occupés par des femmes. Edith Clémence Yaka est ministre délégué auprès du ministre de l’Fconomie, des Finances et du Développement, chargé du Budget et Rita Solange Agneketom née Bogoré, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabé de l’extérieur, chargé de la Coopération régionale et des Burkinabé de l’extérieur.
Enfin, sur les 3 postes de secrétaires d’Etat, 2 sont occupés par des femmes. Yvette Dembélé, secrétaire d’Etat chargé des Affaires sociales, des Personnes vivant avec un handicap et de la lutte contre l’exclusion et Pauline Zouré, secrétaires d’Etat, chargé de l’Aménagement du territoire.
Au niveau des institutions reconnues par la Constitution, seulement 3 femmes occupent des postes de présidentes. Nathalie Somé est la présidente du Conseil supérieur de la communication.
Alima Déborah Traoré est le médiateur du Faso et à la Cour de Cassation, Traoré Thérèse née Sanou occupe le poste de premier président.

Commentaires
Numéro d'édition: 197

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.