Les pieds dans le plat

LE gouvernement fait un pas de plus dans sa volonté de promouvoir auprès des Burkinabè les produits localement fabriqués.
Il a décidé d’imposer à toutes les structures publiques l’achat en priorité des produits locaux, et oblige désormais les gestionnaires des administrations publiques à mettre des mets locaux au menu de leurs cérémonies et autres pauses-café ou diners-galas.
Voilà de quoi révolutionner le microcosme des prestataires de ce secteur d’activités. Une décision salutaire qui ouvre quelques perspectives de revenus pour les paysans à travers la transformation et la commercialisation.
C’est un bon point, en attendant les arrêtés d’application qui vont définir les modalités pratiques et surtout la liste des produits concernés. Tout va se jouer à ce niveau.
Car la rigueur avec laquelle les administrations déconcentrées et l’Etat vont appliquer cette décision reflétera l’engagement réel de l’exécutif à intégrer désormais les produits locaux dans les marchés publics et les circuits commerciaux classiques.
Les organisations paysannes et les ONG qui s’investissent dans le développement rural aux côtés des producteurs pour leur bien-être et surtout pour le renforcement de leurs capacités de production applaudissent cette mesure de soutien à la commercialisation des produits locaux.
Le gouvernement, quant à lui, se crée une contrainte en espérant que cela fasse tache d’huile dans l’opinion.
Le succès populaire de l’opération Faso Dan Fani(FDF) au sommet de l’Etat est encore dans les mémoires. Sans aucune contrainte, ce mode vestimentaire est désormais établi.
Qu’en sera-t-il de cette nouvelle opération qui touche aux habitudes alimentaires et qui, malheureusement, ne sera que temporaire?

Abdoulaye TAO

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Numéro d'édition: 191

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