Relance de l’industrie : Le signal fort se fait attendre

• Où en est-on avec les promesses électorales ?

• La MINOFA, la SOSUCO, la STFL, BRAFASO attendent

 

A l’instar de la plupart des secteurs économiques du pays, celui l’industrie attend de porter la touche déterminante du régime Roch Kaboré. Un trimestre après son installation officielle, le nouveau pouvoir n’a pas encore annoncé véritablement les couleurs sur ce volet très important de l’économie nationale. Pourtant, la question de l’industrie a été l’un des principaux sujets de la campagne présidentielle.
La période de campagne avait notamment coïncidé avec une étape cruciale de la crise qui sévit au sein de la SN-SOSUCO. Cette unité, qui est confrontée depuis un bon moment à la mévente de son sucre, a vu ses travailleurs engager un bras de fer contre la direction.
Les employés de la Sucrière ont même exprimé le souhait que l’Etat puisse reprendre en main la société créée en 1965 et cédée en 1998 au groupe IPS. Le cas de la SOSUCO est loin d’être singulier. Il est d’ailleurs très caractéristique de la situation difficile que connaissent la plupart des unités industrielles rétrocédées au privé à la faveur des politiques de libéralisation dans les années 90. Après avoir survécu à des privatisations pour la plupart mal négociées, beaucoup ne sont pas loin aujourd’hui de mettre la clé sous le paillasson.
La SOSUCO, qui a exhibé ses difficultés en pleine campagne électorale, a eu «le mérite hasardeux» de servir de cas concret pour interpeller ceux qui aspiraient au pouvoir. Chacun avait essayé de présenter son remède pour soigner l’industrie et surtout ses solutions pour assurer le dynamisme de ce secteur. C’est ainsi que le candidat Roch Kaboré, aujourd’hui président du Faso, avait indiqué ce qu’il entendait faire particulièrement sur le cas de la SOSUCO, une fois élu. Lors de son meeting le 10 novembre 2015 à Banfora, ville abritant le siège de la SN-SOSUCO, Roch Kaboré a annoncé la nationalisation de la SOSUCO après révision du cahier des charges de la cession. Quant au sort d’une autre industrie de la ville de Banfora, l’ex-SN GMB rebaptisée la MINOFA en 2013 après son rachat par l’Etat, le candidat Roch a promis la reprise des activités. Jusque-là, on attend de voir le début de la mise en œuvre de ces promesses. En dehors des cas cités, le gouvernement actuel devrait rapidement reprendre les dossiers d’industries, inachevés sous la transition. Il s’agit notamment de BRAFASO (les Brasseries du Faso). Pour cette société, un plan de relance a été adopté en Conseil des ministres le 21 janvier 2015 et l’ensemble des ministères concernés par la question avait été instruit de faire tout ce qu’il fallait pour l’aboutissement du dossier. Il y a aussi la Société de transformation des fruits et légumes de Loumbila (STFL). La pertinence du projet est unanimement reconnue.
Mais il manque essentiellement des moyens financiers pour achever le chantier de l’usine et démarrer la production. Le gouvernement de la transition a pris la décision, le 9 septembre 2015, de privatiser la STFL. Il restait à préparer le dossier de la privatisation et à recruter le repreneur.
En dehors des unités déjà créées, le gouvernement devrait, conformément aux promesses électorales du président, favoriser les conditions d’émergence de nouvelles unités qui assurent la transformation des produits locaux. Un signal fort est donc nécessaire. En fin de semaine, le ministre en charge des Industries était en tournée a Bobo. Certainement pour toucher du doigt les urgences.

Karim GADIAGA


Sauver des unités à la peine

La plupart des usines basées à Bobo-Dioulasso, lesquelles ont permis autrefois d’attribuer l’appellation «capitale économique» à cette ville, ne sont pas aujourd’hui au mieux de leurs formes. Cette situation constitue un véritable souci pour le Groupement des industriels du Faso (GPI), l’organisation des professionnels de l’industrie.
Les huileries, les pneumatiques, notamment Sap Olympic, les manufactures de cigarettes, les unités de montage de cycles, les fabriques de piles, celles des jus de fruits, des boissons gazeuses ou alcoolisées, de la farine de blé sont en souffrance. Leurs maux ont pour nom méventes, concurrence déloyale, fraude, problèmes de compétitivité des produits sur le marché, coûts très élevés de production (énergie), cherté des matières premières, etc.

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Numéro d'édition: 151

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