Selon le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, les autorités de la transition n’ont pas inscrit l’impact financier de l’augmentation des salaires dans la loi de finances gestion 2016. Selon lui, l’application de la nouvelle loi va coûter au budget de l’Etat la somme de 40 milliards de FCFA. (DR)

Fonction publique : L’augmentation des salaires compromise

• Initialement prévue pour le 1er janvier 2016 par la loi

• Non budgétisée en 2016 selon le Premier ministre

• Un impact financier de 19 milliards au lieu de 40 milliards

 

Une augmentation de salaires était prévue à compter du 1er janvier 2016 pour les agents de la Fonction publique, en application de la loi portant statut général de la Fonction publique votée par le Conseil national de la transition (CNT) le 24 novembre 2015. Mais à l’issue d’une rencontre de l’Union d’action syndicale (UAS) avec le Premier ministre Paul KabaThiéba le 23 février 2016, cette augmentation semble compromise.
Le Premier ministre Paul Thiéba a informé les syndicats que les autorités de la transition n’ont pas inscrit l’impact financier de cette augmentation dans la loi de finances gestion 2016. Il a aussi évoqué la nécessité de faire un point sur les possibilités de mettre en œuvre les engagements pris.
Selon lui, l’application de la nouvelle loi va coûter au budget de l’Etat la somme de 40 milliards de FCFA. Bassolma Bazié, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina Faso (CGT-B), faisant le point de la rencontre le 27 février 2016 au cours de la cérémonie de présentation de vœux de la CGT-B, conteste ces chiffres. «Selon les chiffres en notre possession, l’application de la loi coûtera au budget de l’Etat la somme de 19.997.110.115 FCFA».
Et M. Bazié d’expliquer que l’Etat accumule des arriérés de paiement des avancements des fonctionnaires évalués à 18.313.380.700 F CFA. Aussi, le budget des ateliers qui doivent permettre de voter l’ensemble des décrets d’application de la loi est de 915.081.000. F CFA. Le cumul de toutes ces sommes donne un montant de 39.225.125.815 F CFA, soit une différence de 774.874.185 F CFA d’avec les chiffres avancés par le Premier ministre.
Le secrétaire général de la CGT-B estime que c’est une plaisanterie de mauvais goût pour les raisons suivantes: d’abord, même s’il n’était pas au pays pendant la transition, il doit savoir que les partis politiques de l’actuelle majorité étaient représentés dans le gouvernement de la transition, mais aussi au niveau du Conseil national de la transition, donc, il serait aberrant de vouloir se dédouaner à bon compte; ensuite, le communiqué final de la rencontre gouvernement/syndicats au compte de 2015 a été signé le vendredi 11 septembre 2015, donc des mois bien avant l’adoption de la loi de finances gestion 2016; enfin, cette loi prend effet à partir du 1er janvier 2016. Fermer les yeux là-dessus relève de la négligence. «Le mouvement syndical, face au non-respect une fois de plus de la parole donnée, prendra ses responsabilités», affirme M. Bazié.
Il suffit d’observer la structure des budgets de l’Etat 2015 et 2016, et l’on se rend compte que la rubrique «Dépenses de personnel» en 2015 a bénéficié d’une dotation de 469.214.720.000 F CFA. Dans le budget 2016, cette rubrique a connu une hausse pour se situer à 487.616.770.000 FCFA, soit un écart de 18.402.050 F CFA représentant un taux de 3,92%.

Elie KABORE


DPG du Premier ministre: «Nous apprécierons sur le terrain»

Sur le discours de politique générale que le Premier ministre a prononcé, le secrétaire général de la CGT-B informe que, d’une façon générale et comme d’habitude, «les discours politiques ne nous arrachent pas des applaudissements. Nous attendons la mise en œuvre sur le terrain et c’est là qu’on appréciera. Sur le plan de l’emploi, des promesses ont été faites. Nous apprécierons sur le terrain. Mais en attendant, quand dans une ville on regarde des entreprises mourir et on s’engage à y construire plutôt un échangeur, je me pose des questions de savoir si on a bien tiré des leçons de l’insurrection populaire?».


Insurrection: l’UEMOA doit en faire un critère de convergence

«Quand il est question d’amélioration des conditions de vie des travailleurs, les autorités se rabattent facilement et rapidement sur des commentaires fondés sur les critères de convergence de l’UEMOA, en indiquant que le rapport masse salariale et recettes fiscales ne doit pas dépasser 35,5% et qu’au Burkina nous sommes à 49%, donc que c’est trop. Au Burkina Faso, il y a eu une insurrection et une résistance populaire victorieuse. Elles sont aussi des critères de convergence de l’affirmation des peuples. Pourquoi l’UEMOA ne les inscrit-elle pas dans ses textes comme bons moyens d’expression des peuples qu’il faut promouvoir et sauvegarder ? De toutes les façons, nous n’oublions pas que nous devons nous battre si nous voulons des acquis», a déclaré Bassolma Bazié.

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Numéro d'édition: 148

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