Boko Haram : 300 otages libérés

• L’armée sur la brèche

• Mais les attaques contre les civils s’intensifient

Des centaines d’otages de Boko Haram ont retrouvé la liberté, selon l’armée nigériane. Le 28 octobre dernier, elle a annoncé avoir délivré la veille 192 enfants et 138 femmes détenus par le groupe islamiste dans le nord-Est du Nigeria. Dans un communiqué, l’armée affirme que les opérations militaires visaient «des camps présumés des terroristes de Boko Haram», dans la région de la forêt de Sambisa, l’une des bases principales des rebelles islamistes.Trente membres présumés de Boko Haram ont été tués toujours selon le communiqué et l’armée a également récupéré des armes et des munitions.
L’armée affirme également avoir pris en embuscade et tué quatre insurgés présumés qui se dirigeaient vers la ville de Gubula dans l’État voisin d’Adamawa pour y mener des attentats-suicides, saisissant également des armes, des munitions, des obus de mortier et de l’argent. Selon le chef de l’armée de l’air, Sadique Abubakar, ces frappes «ouvrent la voie à l’assaut final» par les troupes au sol. Il faut noter que ce n’est pas la première fois que l’armée nigériane fait état de succès dans sa lutte contre l’insurrection. Fin septembre déjà, elle affirmait avoir sauvé 241 femmes et enfants au cours d’opérations contre les insurgés dans le Nord-Est du pays. Mais les raids meurtriers et attentats-suicides perpétrés par Boko Haram se succèdent à un rythme quasi quotidien, malgré la promesse du président Muhammadu Buhari d’en finir avec les insurgés d’ici à la fin de l’année. Mobilisation qui a reçu un appui de la part des États-Unis. Il y a une dizaine de jours, le président Barack Obama a annoncé le déploiement d’un détachement de 300 soldats américains au Cameroun pour participer à la guerre contre les islamistes dans le domaine du renseignement.
Cependant, les insurgés islamistes ont intensifié leurs attaques contre des cibles civiles au cours des derniers mois et, selon Amnesty International, ont enlevé au moins 2.000 femmes et filles au Nigeria depuis janvier 2014. L’enlèvement par Boko Haram de plus de 200 lycéennes à Chibok, en avril 2014, avait notamment suscité une indignation internationale. Boko Haram, dont l’insurrection a fait au moins 17.000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés depuis 2009, est tenu pour responsable de la mort de plus de 1.420 personnes depuis la prise de fonctions du président Buhari le 29 mai, selon un décompte établi par l’AFP.
Le Nigeria et ses voisins, également ciblés par Boko Haram – Cameroun, Tchad, Niger et Bénin -, ont mis sur pied une Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) pour combattre le groupe islamiste.
NK


Boko Haram, de Mohamed Yusuf à Abubakar Shekau

Dans les années 1990, Mo­hammed Yusuf, le fondateur de Boko Haram, séduit la jeunesse de Mai­du­guri, la capitale de l’État de Borno, avec un discours cri­tique en­vers un ré­gime ni­gé­rian cor­rompu, qui né­glige le dé­ve­lop­pe­ment de la ré­gion peu­plée en ma­jo­rité de mu­sul­mans.
Boko Haram est créé en 2002, au mo­ment où Yusuf com­mence à at­ti­rer l’at­ten­tion des au­to­ri­tés.
En 2009, des af­fron­te­ments entre Boko Haram et la po­lice éclatent à Mai­du­guri. L’ar­mée in­ter­vient en force, mas­sacre 700 per­sonnes et cap­ture Mo­ha­med Yusuf, exé­cuté sans ju­ge­ment.
Abu­ba­kar She­kau, son bras droit, prend sa place à la tête de Boko Haram. Consi­déré par les États-Unis comme un «ter­ro­riste à l’échelle mon­diale», Abu­ba­kar She­kau a déjà été donné trois fois pour mort, avant de ré­ap­pa­raître dans des vi­déos.
En août 2014, il pro­clame un «ca­li­fat» dans les zones sous son contrôle. Début mars, il fai­t al­lé­geance à Daech.

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Numéro d'édition: 130

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