Les statistiques indiquent un taux de suivi de 94% dans la région du Centre-Nord, 90% au Centre-Sud, 80% à l’Est, 100% dans la région des Cascades, selon les données de la Ccvc. (MK)

Journée nationale de protestation : La Ccvc satisfaite de la mobilisation

• La coalition reste déterminée

• Elle menace de durcir le ton

Bilan satisfaisant pour la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (Ccvc) après la Journée nationale de protestation (Jnp) du 8 avril dernier sur toute l’étendue du territoire. Selon la Ccvc, le mot d’ordre de grève a été suivi dans l’ensemble des 13 régions, avec soit des marches-meetings à l’appui ou des assemblées générales avec une forte mobilisation. Les statistiques indiquent un taux de suivi de 94% dans la région du Centre-Nord, 90% au Centre-Sud, 80% à l’Est, 100% dans la région des Cascades, selon les données de la Ccvc.

Dans la ville de Ouagadougou, de nombreuses personnes ont certes assisté au meeting de la coalition, mais dans l’ensemble, les établissements privés et publics ont fonctionné. Les membres de la coalition expliquent cela par une désinformation qui annonçait le report de la grève ou son prolongement sur 3 jours.
Cependant, certains Burkinabè expliquent le désintérêt pour cette marche par le fait qu’ils ne comprennent pas les réelles motivations de la coalition. «Je n’ai personnellement pas participé à cette journée de protestation parce que je ne comprends plus le sens des grèves des différentes organisations de la société civile. Elles ont été pour ce gouvernement de transition, mais elles ne cessent de le critiquer. De plus, au lieu d’apporter les solutions claires et de se battre réellement contre tous les facteurs qui contribuent à appauvrir les citoyens tels que les coupures intempestives de l’électricité par la Sonabel ou de lutter pour la baisse du prix du transport après que le Gouvernement a réduit le prix du carburant de 100 F CFA, elles ne font que s’en prendre au Gouvernement. Elles se trompent de combat», explique Boris Ouédraogo, un citoyen.
Tout compte fait, le message de la Ccvc est passé et la plateforme remise aux autorités de la transition.
En rappel, cette journée de protestation a été initiée afin de protester contre la non réaction du Gouvernement face à la plateforme d’actions de la Ccvc. Selon la coalition, plusieurs fois, les membres du Gouvernement ont été interpelés soit à travers des grèves soit à travers des marches-meetings pour dénoncer certains manquements, mais rien n’y fit. La journée de protestation rentre en ligne de compte de cette lutte entamée depuis quelques mois et dont le but est la satisfaction de la plateforme de la Ccvc.
Constituée de 14 points, la plateforme revendicative minimale réclame, entre autres, l’arrestation de l’ancien président Blaise Compaoré, son frère et toutes les personnes coupables de délit durant son règne. Le désir de justice pour l’affaire Norbert Zongo, Thomas Sankara et toutes les personnes assassinées fait partie des différents points de revendication. La grève de la Ccvc intervient quelques jours après la menace du Premier ministre de réprimer les manifestations et autres grèves anarchiques.
Menace qui n’a pas fait trembler les membres de la coalition qui, par la voix de Chrysogone Zougmore, ont dit ce qu’ils en pensaient en ces termes: «Le Premier ministre Zida, en véritable défenseur des intérêts de l’impérialisme et retrouvant ses instincts répressifs du Rsp dont il était le numéro deux, a osé proférer des menaces contre les travailleurs en lutte et promis la répression.
La Ccvc dénonce ce discours belliqueux et met en garde le Premier ministre Zida contre toute tentative de verrouillage des espaces de libertés chèrement conquis par notre peuple». La Ccvc promet de revenir à la charge si toutefois le Gouvernement fait toujours la sourde oreille car, pour elle, «la lutte ne fait que commencer».
Germaine BIRBA


 

 

Quelques points de la plateforme

– Mandat d’arrêt international contre Blaise et François Compaoré et mise aux arrêts de toutes personnes impliquées dans les crimes de sang et crimes économiques.
– Identification et saisie des biens et fonds détournés par les dignitaires du régime de Blaise Compaoré et prise sans délais de mesures nécessaires, en vue de recouvrer l’ensemble des fonds expatriés.
– Audit des opérations de lotissement, jugement des auteurs de pillages du foncier ; retrait des parcelles spoliées et leurs réattributions aux victimes et/ou aux citoyens dans le besoin. Diminution, réglementation et contrôle des loyers.
– Dissolution du Régiment de sécurité présidentielle.
– Suppression de l’Iuts sur les primes et les indemnités servies aux travailleurs du privé et des établissements publics et parapublics de l’Etat.

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Numéro d'édition: 105

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